1er janvier 2013, 1re journée Kilimandjaro, Tanzanie

7 h, on se réunit pour le petit-déjeuner sur le bord de la piscine : œufs, patates, ailes de poulet, accompagnés d’une espèce de gruau local. On a rendez-vous avec notre guide à 8 h 30, mais il n’arrive qu’à 9 h. On charge le minibus, et une douzaine de porteurs montent avec nous.

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On arrête en route pour s’acheter de l’eau pour la journée. Il fait un temps superbe, très ensoleillé. Il nous faut une heure pour rejoindre le départ de la Machame Trail du Kilimandjaro. Pendant que notre équipe de porteurs passe à la pesée des charges, on remplit nos gourdes d’eau et on procède à notre enregistrement dans le parc.

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Des Suisses, des Belges et des Français font la queue avec nous. En attendant ensuite notre guide pour partir, excités au maximum, on procède aux derniers ajustements d’équipement. On nous remet notre lunch qu’on place dans notre sac de jour et on nous donne le signal de partir, il est 11 h 15. Pole-Pole jusqu’au campement, nous dit-on. Aucun guide ne nous accompagnera pour cette section du parcours sans difficulté ni risque de se perdre en route. On part de 1800 m d’altitude et on doit se rendre à 3000 m sur un trajet de 18 km.

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Enfin, c’est bien réel, on entame l’ascension du Kili après plus de deux ans de préparation, vêtus de shorts et t-shirts, car la température est chaude et humide. La route est large et abrupte dès le départ. On marche à travers une forêt tropicale luxuriante. Une liane pend au passage. Hugo en profite pour faire Tarzan, mais Jane ne répond pas.

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Après 75 minutes de montée, une pluie diluvienne qu’on n’avait pas vu venir s’abat sur nous. On cherche un abri sous les arbres et on met nos vêtements de pluie. Trop tard, on est détrempé. Croyant que cela va se calmer, vu l’intensité de la pluie, on s’arrête pour manger notre lunch : un burger froid, du poulet, une mini-banane, un biscuit et du jus. La météo ne change pas, on poursuit notre route sous la pluie.

On arrive au campement à 15 h 45, soit 4 h 30 après notre départ. On signe le registre, mais notre campement n’est pas prêt, on est monté trop vite, ça devait nous en prendre 6 h.

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La pluie se calme et s’arrête, tout le monde essaie d’en profiter pour faire sécher son linge. On s’installe des cordes à linge de fortune. Chacun est plus imaginatif que l’autre pour faire sécher ses bottes : riz, éventail, bougie, serviette, poudre pour bébé, duct tape, etc.

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Steve est passablement préoccupé par l’état de ses bottes. Pendant ce temps, les membres de notre équipe de sherpas et de cuisiniers arrive les uns après les autres et s’affairent à monter le campement, ils sont 23 au total : 18 porteurs, 3 guides et 3 cuisiniers.

Laissez-moi vous présenter JUMA, le chef guide.

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Ainsi que Speedy Gonzalez, nous l’avons baptisé ainsi, car il ne marche pas, il cours tout le temps.  De plus, c’est un gars cool qu aide tout le monde et il a toujours une attitude positive:

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Nous avons aussi Erin, notre second guide, le doyen du groupe, il a 63 ans et à monté le Kili plus d’une centaine de fois.

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Peu de temps après, on s’installe dans la tente cuisine pour une partie de dés. Le souper arrive : du poisson pané.

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Juma vient nous expliquer la journée du lendemain, une courte ascension de 3 h 30 jusqu’à 3800 m. Quelques parties de dés et on va se coucher dans nos tentes deux places.

2 janvier 2013, 2e journée Kilimandjaro, Tanzanie

On se lève à 7 h, on fait notre toilette, on remplit nos gourdes avant le petit-déjeuner de pain sec avec confiture, miel et beurre d’arachide, servi avec café et chocolat chaud. Plus tard, on nous sert aussi les œufs et la saucisse.

On part vers 9 h30 avec Juma et deux guides, il ne pleut pas, la température est bonne, à 15 oC, on en profite pour admirer le paysage, mais on sent que l’orage n’est pas loin.

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Finalement on voit un gros nuage noir, vite, on met nos Goretex et aussitôt la pluie se met à tomber et le tonnerre gronde dans la montagne. La pluie est si forte que la route se transforme en rivière. La température change drastiquement et la pluie se transforme en grêle. On peine à avancer dans ces conditions.  Quelques passages serrés sont effectués sur des parois abruptes.  Étant donné l’état de la situation, on décide de prendre une pause sous un gros rocher. Nous sommes détrempés, la température avoisine les 4 oC. Des porteurs vêtus seulement de t-shirts y sont réfugiés… ça n’a pas de sens, ils vont crever de froid.

Après 30 minutes de repos, la température ne semble pas vouloir changer, alors on décide de repartir malgré la grêle et le tonnerre qui gronde toujours.  La route est devenue impraticable tellement qu’il y a d’eau et de grêle.  À plusieurs reprise on doit enjamber des rivières.  Finalement, on arrive à l’emplacement du campement 4 h 30 plus tard, il y a 5 cm de grêle à la grandeur du site et nos tentes sont affaissées sous le poids des billes de glace. On se rend signer les registres déclarant notre arrivée et on se réfugie dans une petite salle à l’arrière du refuge de bois.

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On est gelé et transpercé par l’humidité. Juma vient nous rejoindre, il est découragé. Notre équipe de porteurs a eu beaucoup de difficultés à se rendre. Ils nous apportent un bon thé, cela nous redonne des forces. La pluie se calme, on se rend à nos tentes autour desquelles on creuse des rigoles avec des bâtons de bois pour éviter d’être inondé pendant la nuit. Ouch! Faut pas creuser trop vite, ça donne mal à la tête à 3800 m.

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La pluie cesse, on étend notre linge pour le faire sécher, tout le monde a méthode et tente de faire le mieux avec ce qu’ils ont.  Aussitôt que tout le linge est étendu, la pluie reprend aussitôt. Impossible de faire sécher quoi que ce soit!

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On fait connaissance de trois Américains, un gars et ses deux sœurs, de même qu’un Indien, un Chilien et un Suédois. Il n’y a rien à faire, sinon jouer aux dés en buvant du thé chaud, tout en essayant de faire sécher nos bottes en attendant le souper.

Plus tard, c’est le débriefing de Juma, le moral de son équipe est de 50-50 nous dit-il. Bref, vraiment pas fort. Il nous explique que c’est la première fois qu’il voit de la neige/grêle couvrir le sol à cet endroit. Le moral de Steve n’est pas très fort non plus, il se demande comment il pourra atteindre le sommet avec des bottes mouillées, alors que les températures sont sous zéro. Malgré la température, le reste de l’équipe demeure positif et essaie de transmettre son état d’esprit aux autres. Demain tout ira mieux.

3 janvier 2013, 3e journée Kilimandjaro, Tanzanie

On se réveille après une nuit passée sous la pluie, les rigoles ont fait le travail, mais les tentes prennent l’eau par les coutures. Au matin, il ne pleut plus, mais la température n’est pas meilleure.  On remet notre linge mouillé et on repart après le petit-déjeuner.

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Un seul guide nous accompagne : Erin.  Juma doit redescendre l’autre guide qui souffre d’hypothermie. On entreprend l’ascension vers la Lava Tower. Après une heure de montée, on croise des sherpas qui se relaient pour descendre un brancard. On dirait qu’ils redescendent un cadavre, mais non, c’est un sherpa en hypothermie. Steve se préoccupe particulièrement de sa situation, il cherche son sleeping pour le réchauffer, mais nos sherpas sont parties avec nos sacs donc impossible de le trouver, après quelques conseils et validations, il le laisse descendre.

Deux heures d’accalmie nous permettent de sécher un peu, mais la pluie reprend de plus belle. On est à plus de 4000 m, l’altitude se fait sentir pour certains : maux de tête et étourdissement persistant. Pole-pole, on poursuit sous une pluie froide jusqu’à atteindre la Lava Tower à 4600 m dans des conditions particulièrement difficiles avec une température qui tourne autour du point de congélation.  Habituellement, ce point d’arrêt est magnifique…mais pas de chance pour nous.  Nous sommes dans la neige et dans les nuages.

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On prend notre lunch à côté d’une grosse roche à moitié à l’abri de la neige mouillante. On est détrempé, le froid nous transperce les os.

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On ne s’attarde pas, il nous faut bouger garder notre chaleur. Pour la suite, il nous faut redescendre à 4000 m à travers un ruisseau et une route escarpée. Arrivés au camp, il pleut encore, impossible de se faire sécher, on est détrempé, un peu fiévreux et épuisé.

Pendant que certains se réunissent avec nos amis chilien et indien, Hugo et moi en profitons pour faire un repos de 15 minutes dans notre tente. J’en ai plein mon casque. J’ignore si ce sont les effets secondaires de la méfloquine que j’ai prise la veille contre la malaria qui me cause ces étourdissements, mais cette journée a été particulièrement difficile. Je me dis que j’aurais dû prendre de la Malarone comme les autres, un produit qu’on prend chaque jour au lieu d’une fois par semaine, mais qui cause moins d’effet secondaire.

On se réunit ensuite pour souper, le moral des troupes est à son plus bas.  C’est pourquoi, il n’a pas de photos!!  Après trois jours de pluie, on se demande comment on arrivera à gérer nos vêtements pour atteindre le sommet au sec. Juma est de retour après avoir escorté l’autre guide plus bas sur la montagne. Il nous informe qu’il y a eu sept morts sur la montagne la veille, pour la plupart, des sherpas morts d’hypothermie, mais aussi un grimpeur irlandais, Ian McKeever, happé par la foudre. Juma se veut rassurant, il nous dit que maintenant que la montagne a pris ces vies, tout ira mieux. Malheureusement, on ne partage pas les mêmes convictions.

Face à l’adversité, le groupe se réunit pour regarder les différentes options possibles. Notre voyage était initialement prévu durer sept jours avec l’atteinte du sommet au jour 6. Première option : garder le plan initial et se donner les meilleures possibilités d’acclimatation. Deuxième option : se rendre directement au camp de Barafu à 4600 m pour tenter l’ascension au jour 5 avec des vêtements secs. Finalement, après discussion avec Juma, on décide de se rendre à Barafu et de voir dans quelles conditions nous serons pour tenter l’ascension la nuit venue. Dossier conclu, on n’étire pas la soirée plus longtemps et on va se coucher en espérant que la nuit sera bonne.

4 janvier 2013, 4e journée Kilimandjaro, Tanzanie

La nuit a été calme, peu de pluie, mais les tentes sont très humides. Heureusement, au matin, il ne pleut pas et on peut faire sécher nos trucs pendant une heure.  La vue est magnifique, cela nous redonne de l’énergie et du positivisme au groupe.

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On part quand même mouillé, on range les bâtons pour escalader une paroi de 200 m.  Ce sera la seule partie technique du trek.  Les sherpas sont vraiment surhumain.  Ils transportent des charges lourdes en plus de devoir grimper des parois abruptes.  Ils ont tous notre respect!

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Une fois rendu en haut de la paroi, nous arrivons sur un plateau où on peut voir le campement Barranco, celui où nous sommes partis ce matin.  On croise plusieurs porteurs.

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Nous arrivons au camp Karanga, 3930m.  C’est ce camp que nous avons décidé de sauter pour nous rendre directement à Barafu.  Une chance, car en arrivant, nous voilà encore dans les nuages et la pluie se mets un peu de la partie.  On décide de pousser la cadence et de continuer à monter, on se dit qu’il fera peut-être plus beau au dessus des nuages.

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Finalement, on prend encore une bonne décision, sur la crête, il ne pleut pas et c’est là qu’on mange un peu et on se repose.  On continue notre chemin et on doit traverser une coulisse de lave.

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Le reste du chemin jusqu’à Barafu est relativement sec.  Pole-pole, guidés par Alain et Hugo, il nous faudra au total six heures pour atteindre le campement de Barafu. Il est 15 h 30, le moral des troupes est excellent, surtout quand nous avons une éclaircie qui nous permet de voir rapidement le sommet.  Pour prendre la citation de l’australien que nous avions rencontré en début de voyage:  »When the sun comes out, it’s amazing, mate ».  De plus, l’altitude ne nous a pas trop affectés durant cette longue journée de marche.

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Steve avait apporté un téléphone satellite, on en profite donc pour téléphoner nos femmes et nos enfants pour leur expliquer notre cheminement jusqu’ici et surtout pour leur dire qu’on fera le sommet ce soir.  Aussitôt, que l’on fini nos appels, il se remet à pleuvoir légèrement et rien ne sèche en fin de journée. On prend notre souper plus tôt qu’à l’habitude vers 17 h. C’est à ce moment-là qu’on confirme qu’on décide de s’attaquer au sommet le soir même. Au menu ce soir-là, un ragoût africain à base de pommes de terre, le repas typique préascension.

Rodolphe avale une pilule pour dormir, il veut être sûr de dormir avant la montée. Juma vient nous rencontrer avec trois autres gars qui feront l’ascension finale avec nous. Il nous indique comment nous habiller. On se lèvera à 23 h pour prendre un thé et partir à minuit. Tout le monde est excité, chacun retourne à sa tente pour préparer ses affaires.

18 h 30, extinction des feux, difficile de fermer l’œil en raison du mélange d’excitation et d’altitude.

Dormi ou pas, Juma sonne le réveil à 23 h0. Tout le monde s’habille et sort de sa tente givrée par le froid, il fait -5 oC. On se réunit sous la tente cuisine pour le thé. On nous remet notre eau pour le trajet et, sans plus de préambules, c’est un départ. Équipés de nos lampes frontales, on entreprend la montée vers notre objectif ultime, l’Uhuru Peak. On aperçoit au loin des dizaines de lumières avançant à la file indienne à travers la montagne.  Nous sommes dans les derniers groupes à partir.  Le ciel est étoilé, il n’y a aucun nuage, on voit la lune se lever à l’horizoné. Cela nous rappelle qu’on en a pour la nuit à marcher, car on doit atteindre le sommet à la levée du jour.

Pole-pole, nous avançons dans la nuit, mais rapidement nous devons effectuer un premier arrêt pour enlever une couche, on s’est trop habillé. Un début facile, aucun mal de tête, ni étourdissement jusqu’à 5000 m. À ce niveau, les nuages apparaissent et la température se refroidit, un deuxième arrêt est nécessaire pour se revêtir et ajouter quelques Hot Pads dans nos mitaines, il fait alors -8 oC, mais ça paraît plus froid.

En voulant faire vite en s’habillant, on s’essouffle rapidement. On se rappelle d’y aller pole-pole. Les premiers symptômes du mal de l’altitude apparaissent : maux de tête et légers étourdissements. La température continue de descendre, il fait -10 oC, mais avec le vent qui s’est levé et l’humidité, ce doit être -20 oC comme température ressentie.

Pas un mot dans les troupes, chacun se concentre à passer un pied devant l’autre très lentement, à bien respirer, boire, manger et bouger ses extrémités pour ne pas geler. Quelques arrêts courts et efficaces pour boire et pisser. On dépasse plusieurs groupes dans la montée. Ce n’est pas qu’on va plus vite, mais on arrête moins longtemps, faut croire qu’on est plus efficaces dans les arrêts au puits.

Hugo commence à avoir une démarche plus erratique, on remarque qu’il tangue légèrement de gauche à droite en montant. Plus on avance, plus il vacille. Christian, qui est juste derrière lui, le replace à quelques reprises dans le chemin. On effectue un court arrêt, Rodolphe prend la relève derrière Hugo, le manège se poursuit. On est à 5300 m, à mi-chemin du sommet, c’est à mon tour d’être derrière Hugo. Rodolphe m’informe discrètement de surveiller Hugo. Je constate rapidement son état. Aussitôt reparti, il perd pied et je dois l’attraper. Hugo a dépassé le stade des étourdissements, mais il persévère dans la montée. Quelques minutes plus tard, il perd pied à nouveau. Je le rattrape, mais trop essoufflé je demande à Rodolphe de prendre ma place. En repartant, Hugo perd pied une fois de plus, mais cette fois-ci Rodolphe le rattrape in extremis d’une chute de plusieurs mètres. Ça semble la fin pour Hugo.

On prend une pause pour en discuter. Hugo tient absolument à poursuivre. Un de nos guides le décharge de son sac et je lui prête mes bâtons et nous voilà repartis. Pour Hugo, cela semble mieux aller, mais sa démarche demeure pénible. Le sommet est encore loin et il semble impensable qu’on l’atteigne aujourd’hui, mais personne ne s’imagine refaire ce qu’on a fait le lendemain, alors on continue. Les jambes lourdes, un pas à la fois, on continue tant qu’on est capable et qu’il n’y a pas de signes de danger. La démarche d‘Hugo demeure très précaire, il demande une pause et au même moment il s’effondre et se met à vomir. Aussitôt, les guides l’entourent. Ça y est, c’est fini pour aujourd’hui se dit-on; on a qu’à retourner à Barafu et on réessayer le lendemain.

On est à 5600 m au-dessus des nuages, il fait toujours nuit et on est tout près d’atteindre Stella Point. Passé ce point, on sait que la pente est moins raide et la route plus facile. Les guides se font rassurants, c’est la meilleure chose qu’il pouvait arriver à Hugo nous disent-ils, maintenant il sera plus fort que nous tous. Hugo insiste pour poursuivre, on repart pole-pole, la pente est abrupte, les bottes traînent sur le sol. Chacun entre dans sa bulle et met le focus sur ce qu’il a à faire, chacun des pas est le prochain sommet à atteindre.

Tout à coup, sans s’en rendre compte on est à Stella Point, le pire est fait.  On se fait l’accolade en voyant la lueur du soleil au loin, une lueur d’espoir nous disant que nous atteindrons le sommet bientôt, une chaleur incroyable envahit nos corps gelés. On est à 5700 m. Une petite photo, et on repart, la vue est magnifique.

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On avance tranquillement sur la crête avec, d’un côté, le cratère du volcan et de l’autre l’immense glacier.

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Finalement, à 6 h 20, on atteint le sommet du Kilimandjaro, Uhuru Peak, le plus haut sommet d’Afrique à 5895 m. On est parmi les premiers de la journée, seulement une quinzaine de personnes y sont déjà. Vidés, épuisés, on atteint l’objectif ultime après avoir traversé plusieurs embûches et remises en question, l’émotion est intense. Tout le monde pleure de joie et célèbre sa réussite.  Steve trouve même l’énergie pour faire des entrevues avec chacun de nous.  Il joue au journaliste de Radio Canada (comme vous verrez dans la vidéo)!!  Difficile pour nous de comprendre, car Steve était le moins en forme de la gang et le voilà tout plein d’énergie au sommet, aucunement affecté par l’altitude.

On prend la photo d’usage avec l’équipe, on profite du sommet, mais nos guides nous pressent de repartir, d’autres grimpeurs affluent, on ne peut pas monopoliser la place.

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Nous redescendons tranquillement vers Stella Point sous les rayons du soleil qui nous réchauffent. L’euphorie du sommet se dissipe et laisse place à la fatigue, on est complètement crevés.

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Petite pause à Stella Point, on mange un peu et on entame la descente abrupte dans le chemin de pierre et de sable volcanique qui s’écroule sous nos pieds.

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La descente est beaucoup plus difficile musculairement que la montée, Rodolphe et Christian abandonnent leurs sacs aux guides. Cela nous prend deux heures pour atteindre le camp de Barafu.

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On prend un petit jus de fruit et tout le monde retourne se coucher 90 minutes. On apprécie ensuite un spaghetti au bœuf, avant de remballer nos sacs de voyage et repartir. Le chemin de roche se transforme encore une fois en rivière à plusieurs endroits de la descente, mais la pluie est moins persistante qu’à la montée. La descente est difficile, les orteils tapent dans le fond des bottes, les genoux prennent l’impact de chaque pas, des ampoules se forment aux pieds. C’est là que l‘entraînement des mois précédents paie le plus.

Après trois heures de marche, on arrive au camp où nous devons passer la nuit. Sans trop d’intérêt à dormir une nuit de plus dans une tente humide, Hugo et moi proposons au reste du groupe de poursuivre la descente jusqu’en bas. Après quelques discussions et en échange de payer la bière et la pizza, nous convainquons le reste du groupe de poursuivre. Avant de nous laisser partir, nos sherpas nous demandent de leur remettre leur pourboire puisqu’ils resteront dormir à ce camp. N’ayant pas cet argent en main, on leur explique qu’on leur versera le lendemain à l’hôtel. On voit dans leurs visages qu’ils ne sont pas du tout à l’aise avec cette procédure. Le mécontentement s’installe. Après plusieurs minutes de discussion, ils décident finalement de nous suivre jusqu’en bas et de recevoir leur pourboire au bureau de l’agence le lendemain.

On reprend finalement la route. Hugo, Steve et moi suivons Erin au pas des sherpas, on aperçoit quelques singes au passage. Alain, accompagne Juma, Rodolphe et Christian suivant un peu plus loin derrière.

37 km plus loin et à 4000 m du sommet, nous voilà enfin arrivés au camp de base du Kilimandjaro, 16 heures après être partis du camp de Barafu pour atteindre le sommet du Kilimandjaro.  À notre arrivée, on en profite pour prendre quelques Tusker avec nos guides en attendant Christian, Rodolphe et Alain.  Finalement, le reste du groupe arrive une heure plus tard.  Voici Christian avec nos trois guides qui nous ont fait atteindre le sommet.

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Le retour se fait ensuite dans un autobus avec notre équipe de porteurs, dans la joie et en chantant l’hymne du Kilimandjaro: Hacuna matata!

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Merci à tous nos guides, porteurs et cuisiniers, sans vous nous n’aurions pas eu le même succès!

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Catégories : Kilimandjaro

One thought on “L’ascension du Kilimandjaro, le plus haut sommet de l’Afrique

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