Jour 8

Lundi 25 février
Ce matin, nous quittons le Wukro Lodge à 10h après un déjeuner bien ordinaire. Kuncho est toujours à l’heure et nous avise que nous allons rejoindre notre guide local et un autre groupe de touristes qui vont se joindre avec nous. Nous allons visiter la région du Danakil, l’un des endroits les plus arides sur la planète terre.  Le Danakil est situé à la frontière avec l’Érythrée. Pendant plusieurs années, cette section du pays était en conflit armé. C’est seulement depuis septembre 2018 que la frontière est ouverte. Toutefois, on recommande encore de s’y rendre en convoi pour être plus en sécurité.

Nous attendons l’autre groupe dans un petit village. Tout le monde nous regarde. Les jeunes hommes saluent toujours Sophie et Audrey. Souvent, ils leur envoient des baisers avec la main, des fois ils leur disent : « My love! », certains leur font une face de séduction-clin-d’œil! Les filles n’en reviennent pas comment les gars ici sont démonstratifs!

Le temps d’attente est très long, nous avons le temps de prendre un café, d’acheter des bananes, de faire laver nos souliers pour 5 cents et de montrer nos photos à Kuncho.

1 heure plus tard, le convoi de jeep arrivent. Finalement, nous serons avec trois autres camions : deux pour deux groupes de Français et un qui transporte un guide, un cuisinier, une escorte militaire et tout le matériel de camping.

Nous avons deux heures et demie de route à faire jusqu’à notre destination. Nous quittons la région montagneuse où nous sommes à 2000m pour nous rendre dans un désert à -127m sous le niveau de la mer. Nous descendons la route sinueuse. Le paysage change énormément, nous passons de la montagne avec de la verdure et des champs à un terrain rocailleux plat sans aucune végétation. Le désert du Danakil figure parmi les régions les plus torrides et inhospitalières au monde. La température atteint fréquemment les 50c, mais nous sommes chanceux, car il ne fait que 38C aujourd’hui avec un bon vent. On se croirait sur une autre planète. Ce qui nous dépasse le plus est vraiment de voir des gens habiter ici, sans point d’eau et sur un tas de roches.

Nous arrêtons dîner et apprenons à connaître les gens qui partagerons l’expérience avec nous. Ils sont gentils et drôles, nous sommes chanceux. Notre cuisinier nous prépare du riz aux légumes avec de la viande. Des bananes comme dessert. Nous allons à la toilette, qui en soi, est toute une expérience. Je ne la décris pas, je vous laisse l’imaginer…

Nous repartons et arrivons à Hamedela: moitié village, moitié camp touristique. C’est ici que nous allons dormir ce soir. C’est assez minimaliste, pas dans le sens de zen, mais dans le sens de retour à la base ou si vous préférez, dans le sens de rien pantoute! Nous arrêtons seulement pour prendre un monsieur mitraillette et continuons notre route vers le désert de sel. Ça nous donne déjà une petit idée de notre nuit.

Nous apercevons rapidement notre première caravane de dromadaires, car il est déjà 16h00 et les travailleurs commencent à revenir vers le village. Nous nous arrêtons pour prendre des photos. Le chef de la caravane décide de donner la corde à Sophie et elle a la chance de guider le troupeau. Audrey la rejoint et elles peuvent vivre ce moment ensemble. Évidemment, on nous demande de l’argent en échange. Pas de problème, car juste à imaginer le travail qu’ils ont à faire sous cette chaleur insoutenable, et j’ai le goût de leur donner mon salaire annuel!

Les Afars sont très minces et élancés, ils portent la jupe et ne ressemblent pas aux Éthiopiens que nous avons vus jusqu’à maintenant. C’est dans le lac Assal (la partie asséchée) que ces hommes extraient des blocs de sel et les transportent ensuite avec des caravanes de dromadaires.

Nous poursuivons et traversons le désert de sel. Nous arrivons à un trou sous la croûte de sel et nous découvrons une belle eau claire. Cela ressemble à un spa… salé! Nous nous stationnons à l’ombre d’un gros rocher de sel rouge. Steve et les filles mettent leur maillot et vont se saucer avec quelques-uns de nos amis. Rien n’est organisé pour se changer, alors ils se cachent comme ils peuvent avec le camion. Kuncho qui ne s’est jamais baigné de sa vie, décide de tenter l’expérience. Tout le monde flotte. Ça flotte même plus que dans la mer morte en Jordanie. Kuncho est bien fier d’avoir essayé quelque chose de nouveau. Il est quand même assez réservé, nous sommes contents qu’il ait osé! Nous avons le droit à une petite douche improvisée avec des bouteilles d’eau. Notre guide local pour ce périple, Inouk a percé deux bouteilles et il arrose avec celles-ci.

Nous repartons dans le désert de sel jusqu’à l’endroit où il y a encore de l’eau. Les guides l’appellent : « The beach »! Ils stationnent les camions de manière à faire de l’ombre et installent des bancs pour tout le monde. Nos amis Français ont apporté deux bouteilles de vin blanc éthiopien et en offre à tout le monde. Nous assistons à un magnifique coucher de soleil. Comme tout est beige-blanc et le ciel est brumeux, cela fait une lumière blanche douce et paisible.

En nous promenant pour prendre des photos, Audrey photographie les Monsieurs mitraillettes. Notre guide lui offre la chance de tenir une mitraillette AK47 et de se faire prendre en photo. Elle est vraiment crampée de cette situation.

Vers 18h30, nous repartons au campement. Ce soir, nous dormirons à la belle étoile. Il y a un lit simple pour chaque personne, avec un matelas, un drap et une couverture. Le soleil n’est plus là, mais il fait encore très chaud Il fait 27. Nous sommes tous collants et nous allons dormir tous collants! Je ne pense pas que nous aurons besoin de la couverture, même si nous sommes en pantalons courts.

Le cuisinier nous appelle pour aller manger dans un endroit protégé par trois murs. Il fait noir et il vente à écorner les bœufs. Il a monté une belle table pour nous 10. Il y a une petite lumière au plafond qui nous éclaire un peu. Le repas est très bon : soupe minestrone, spaghetti sauce tomate et pain. Il faut faire gaffe à tenir les serviettes de table, car elles veulent partir au vent.

Inouk, notre guide, nous explique le programme de demain. Il faudra se lever à 5h30 pour pouvoir partir vers 6h30. Comme la chaleur sera extrême, il vaut mieux faire la randonnée le plus tôt possible le matin.

Tout le monde se prépare pour aller dormir. Brossage de dents dans la nature ainsi que pipi où l’on peut, dans la nature. L’important est de suivre le sens du vent pour ne pas s’arroser les mollets!

Il est 20h30, nous nous couchons et avons peine à croire que nous allons vraiment nous endormir à la belle étoile. Parlant d’étoiles, il y en a des milliers, et la lune, même si elle n’est pas pleine, nous éclaire intensément. Nous gardons nos vêtements portés dans la journée. Tant qu’à être collés, aussi bien ne pas salir autre chose. Les autres touristes prennent la même décision que nous, nous pensons tous pareils!

Souhaitez-nous bonne nuit!

Catégories : Éthiopie

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