Jour 14

Ce matin, nous quittons notre hôtel aux petites heures du matin. Chaque matin, un petit camion emmène les touristes voir le lever du soleil sur Bagan. Il est 5h30 et nous voilà en direction de notre première visite des temples.

Depuis janvier 2018, il est maintenant défendu de grimper sur les temples. Le gouvernement a fermé tous les deuxièmes étages des temples avec des grilles métalliques ou carrément bouché les entrées avec un mur de briques. C’est assez triste, car la vue du sommet des temples rendait cet endroit magique. Ils ont donc aménagé des collines de terre à différents endroits pour observer le lever et le coucher de soleil.

Nous arrivons sur les lieux, et il y a déjà plusieurs personnes qui attendent comme nous le fameux soleil. Tout de suite, un officier nous demande notre passe d’entrée. Steve décide de dire qu’il a oublié les billets à l’hôtel. Moi, je lui montre la passe obtenue de notre ami. Nous lui expliquons que nous sommes une famille, donc pourquoi, et surtout comment, aurions-nous pu n’acheter qu’une seule passe? L’officier réfléchit un peu et nous laisse aller. Mais il nous demande le nom de notre hôtel, notre nom et notre nationalité, en disant qu’il va venir nous voir dans la journée pour revalider notre billet avec lui. Steve nous a un peu surpris avec ce mensonge, car ce n’est vraiment pas notre style de vouloir contourner le système. Mais comme le touriste d’hier nous avait dit qu’il ne s’était jamais fait intercepter, nous avons pris une chance. Et nous ne croyons pas trop que l’inspecteur va venir à notre hôtel, à 30 minutes de route du site, juste pour vérifier les billets. À suivre! Un petit stress quand même.

Donc, la vue sur la bute n’est pas ce qu’on avait en tête. Les temples sont loin, les montgolfières aussi. Parce qu’il faut vous dire que chaque matin, une quinzaine de montgolfières volent au-dessus et autour des temples, selon la direction du vent. Les photos typiques de Bagan sur Google images sont celles qui montrent les temples au lever du soleil avec les montgolfières au loin. Bref, ce n’est pas aussi beau qu’on l’imaginait et nous sommes déçus.

Nous décidons de sortir du troupeau et allons voir un temple au bas de la colline. Wow! La belle photo est là! Un homme qui s’occupe de ce temple avec son foulard sur la tête, son panier dans les mains et un cigare dans la bouche est la photo à prendre du jour! La lumière est superbe, le temple est orangé.

Au loin, nous voyons Sophie descendre la colline et venir à notre rencontre. Trop curieuse, elle a décidé de ne pas rester avec le groupe. Notre petit monsieur est très surpris de voir Sophie. Il la regarde et analyse sa botte. Elle le laisse toucher ses orteils. Et oui, elle a bel et bien un vrai pied!

Il va chercher deux bancs en plastique. Un pour asseoir Sophie et l’autre pour lui permettre d’allonger sa jambe. Elle ouvre sa botte pour lui montrer son pied. On lui explique tant bien que mal la situation, mais il ne parle pas un seul mot anglais.

Soudain, il s’éloigne un peu, se souffle dans les mains et revient s’accroupir auprès d’elle. Ça y est! Nous avons affaire à un guérisseur! Nous expliquons à Sophie qu’il va sûrement la masser et qu’elle a le choix de dire non. En même temps, pourquoi ne pas essayer? Alors, Sophie le laisse faire et il lui fait un massage des ligaments en soufflant dans ses mains une fois de temps en temps! Il passe un peu sur l’os de la cheville, Sophie lui tasse la main et dit NO. Il lui fait craquer les 5 orteils. Bref, cela semble lui faire plus de bien que de mal. C’est peut-être le physio du coin après tout!

Il est 7h25 et notre navette repart à 7h30. On regarde sur la colline, il n’y a plus personne. Merde! Il faut se dépêcher. On doit même forcer notre guérisseur à arrêter ses prouesses, pour ne pas se retrouver seuls au milieu de nulle part!

Je pars à la course pour dire à notre taxi de nous attendre. Audrey transporte Sophie sur son dos. Quand j’arrive derrière la bute, les 2 navettes de notre hôtel sont encore là et ils sont les derniers! Fiou!

Nous revenons déjeuner à l’hôtel en nous disant que les meilleurs moments sont souvent inattendus et gratuits. Et qu’il faut souvent sortir des sentiers battus!

Nous décidons de retourner voir les temples, mais cette fois-ci par nous-mêmes, en louant les scooters électriques de l’hôtel. (5$ par jour) Il ne fait pas encore trop chaud et on veut trouver un beau spot pour les levers et couchers de soleil. On a entendu dire qu’il y avait un ou deux temples secrets où on pouvait encore monter au 2ème étage.

Avant de partir du Québec, Steve a pensé à apporter des attaches pour transporter les béquilles de Sophie en scooter. Cela nous est très utile. On peut partir en sécurité. La chaleur du vent qui nous frappe est impressionnante. C’est la même chaleur que lorsqu’on ouvre le four pour sortir un rôti!

Sur le site de Bagan, il y a plus de 4000 temples éparpillés ici et là et datent du 13ème siècle. Nous en profitons pour prendre les chemins les moins fréquentés, c’est-à-dire, là où il n’y a pas de stands à touristes et pas d’autobus.

Cela nous permet de voir des étudiants qui nettoient les alentours de certains endroits en brûlant des branches et des déchets. Nous rencontrons des troupeaux de buffles, des troupeaux de chèvres et leurs bergers. Beaucoup plus intéressant comme visite!

Comme les chemins sont en terre, il arrive que certains passages soient plus sableux que d’autres. Et comme nous sortons vraiment des sentiers battus, nous nous retrouvons dans un endroit très peu fréquenté. Il y a plus de déchets que de route. Nous sommes rendus trop loin pour rebrousser chemin. C’est très étroit, ça descend tout en tournant, et ce que je redoutais arrive : Audrey et moi glissons sur le côté dans le sable. Rien de dramatique. Mais je suis contente que ce ne soit pas arrivé à Sophie. Quelques « toques » collés sur mes pantalons, un peu de sable dans les espadrilles et nous repartons.

Vers midi, nous arrêtons dîner à Nyaung-U. La ville n’est pas très belle, mais la bouffe du restaurant est très bonne.

En après-midi, nous passons du temps à la piscine. Nous reprenons des forces pour retourner voir les temples vers 16h00. Nous enfourchons nos « e-bikes » et retournons explorer les environs. Ce soir, nous voulons juste nous promener sans itinéraire précis. En réalité, c’est bien plus plaisant que de cocher une liste de temples à visiter. Nous trouvons une route poussiéreuse et décidons de l’emprunter. Il n’y a personne sur cette route et nous trouvons de très beaux temples. Nous croisons un autre troupeau de vaches et arrivons dans un petit village. Les gens nous invitent à visiter leur village, mais nous continuons notre route. La lumière du soleil éclaire les temples orangés et c’est trop joli pour arrêter.

En chemin, nous croisons un garçon sur sa moto et il nous demande: « Sunset Temple….climbing Temple? » Nous comprenons qu’il veut nous conduire dans un endroit secret. Steve refuse sa demande, car le soleil est pratiquement couché et nous continuons. Toutefois, Sophie recommande d’écouter le garçon et nous convainc de le suivre. Nous rebroussons chemin et allons à sa rencontre.

Nous lui parlons un peu et il enfourche sa moto pour nous y conduire. Nous devons rouler un peu plus vite, si nous ne voulons pas manquer les derniers rayons de soleil. Il prend plusieurs embranchements et Steve tente de se souvenir du chemin afin que nous puissions y retourner seuls, un autre jour. Après 10 minutes de poursuite, nous arrivons au temple secret qui est encore ouvert. Nous y voyons quelques touristes perchés sur la corniche qui prennent des photos.

Notre guide nous montre les escaliers pour gravir le temple. Elles sont situées à l’intérieur du temple, dans le noir. Un jeune garçon allume des petites chandelles et les placent dans les escaliers afin d’éclairer la montée. Les marches sont très étroites et le plafond est bas.

Sophie nous surprend tous quand elle nous dit qu’elle aussi veut monter au sommet de ce temple. À première vue, nous croyons que cette ascension était impossible pour elle. En deux-trois enjambées, la voilà qui sautille sur une jambe dans ce petit escalier étroit au travers des chandelles installés une à une sur chaque marche. Moi, avec mes pantalons longs et larges, j’ai peur qu’une chandelle en brûle le bas!

Nous arrivons au sommet et nous voyons disparaître le soleil, juste un peu trop tard pour faire des photos magnifiques. Maintenant que nous connaissons le ‘’SPOT’’, nous aurons la chance d’y revenir seuls. Nous sommes tout de même choyés d’avoir trouvé ce temple secret, car comme je vous ai dit, il est désormais interdit de gravir les temples. Les autres touristes sont pratiquement tous partis et nous nous retrouvons seuls. La vue sur la plaine avec les temples en contrebas est magnifique.

C’est le temps de partir, nous remercions notre guide en moto et nous lui remettons un pourboire. Il décide de nous conduire vers une sortie plus rapide. Nous arrivons sur la grande route et il fait pratiquement noir.

À l’intersection, nous discutons si nous devons retourner à l’hôtel ou bien nous rendre à New Bagan pour souper. Je n’aime pas trop circuler dans le noir, car les routes sont cahoteuses et nous ne voyons pas les nids de poules… ni les vraies poules! De plus, sur la grande route, il y a les autobus et camions qui nous dépassent avec un bon coup de klaxon pour nous faire faire un saut. Toutefois, ma gang me convainc et nous voilà partis vers New Bagan.

À notre arrivée, nous voyons un beau petit village, bien adapté aux touristes. Il y a plein d’hôtels et de restaurants. Nous arrêtons dans une pizzeria. Pizzas et pâtes, c’est toujours gagnant comme repas.

Nous retournons à notre hôtel. La route en e-bike est de 30 minutes, finalement la route se fait bien. Les filles se baignent un peu et nous nous endormons avec de belles images gravées dans notre mémoire.

Catégories : Myanmar

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