Jour 4

Ce matin, mauvaise nouvelle: il pleut! Nouveau degré de difficulté qui s’ajoute au Carnaval: il faut chercher un restaurant ouvert pour déjeuner sans se faire trop mouiller! On cherche, mais on finit par retourner au même endroit qu’hier matin, car rien est ouvert autour de notre hôtel.

Nous fermons ensuite nos bagages pour partir en taxi au terminal d’autobus. De là, nous négocions un chauffeur pour qu’il nous emmène à Potosi. 60 bolivianos par personne (12$), c’est le prix pour partir en privé.

Difficile de jaser avec Sancho, car il a un accent et un marmonnage incompréhensibles, mais il conduit très bien dans les routes sinueuses et nous l’apprécions. Il y a quelques monuments sur la route qui nous rappellent la prudence!

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À mi-chemin, nous faisons un petit arrêt pour nous dégourdir les jambes.  Nous visitons un joli pont suspendu.  C’est le seul moyen pour visiter le village de l’autre côté de la rivière.

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Les filles dorment un peu. 2h30 plus tard, nous arrivons à Potosi, située à 4070 mètres d’altitude. Elle est considérée comme la plus haute ville du monde. (Sucre était à 2750 m) Le taxi nous emmène dans une auberge de jeunesse (Casa Blanca, www.hostelcasablancapotosi.com) que nous avons réservée la veille. Nous prenons la seule chambre familiale de la place. L’endroit est rempli de voyageurs et les gens qui y travaillent sont très aimables. Le mur de notre chambre est décoré d’un graffiti.

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Comme c’est la dernière journée du Carnaval, nous devons encore chercher un restaurant qui est ouvert. Heureusement, ici, il n’y a pas de ballounes d’eau ni de fanfares, donc nous sommes moins stressés! Les gens bénissent leur commerce, leur voiture, leur maison et prient pour Pachamama, la déesse de la Terre. Les autos sont décorées de ballons et de serpentins. Il y a des confettis devant chaque commerce ou habitation.

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Nous trouvons un petit endroit pour manger: il y a déjà d’autres touristes. Nous mangeons une soupe aux légumes, du steak de lamas avec des frites, un thé de coca et un gâteau aux bananes. C’est très bon! Heureusement que nous divisons nos plats à deux, car ce serait impossible de vider nos assiettes. Nous sommes ébahis de voir la grosseur des plats en Bolivie.

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Il pleut encore quand nous retournons nous promener dans la ville.  Avec cette altitude, nous devenons vite essoufflés si nous parlons en marchant!  La ville a également beaucoup de côtes, ce qui n’aide pas la cause.

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Comme tout est fermé, on ne peut rien visiter. Nous décidons alors de prendre un taxi pour faire un tour de ville et aller au sommet de la montagne qui abrite la mine. Nous pourrons voir le paysage qui entoure Potosi. La mine est présentement fermée, mais nous pouvons voir des entrées de la mine et constater quel travail difficile cela doit être pour les mineurs. Nous entrons dans un des tunnels et constatons la poussière et l’étroitesse du passage. Ouf! Claustrophobes s’abstenir!

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Pour souper, pas le choix, nous retournons au même restaurant, car c’est le seul ouvert en ville! Nous commandons seulement trois assiettes, mais nous en laissons plus que les trois quarts, tellement les portions sont généreuses. C’est gênant! Audrey est découragée de voir tant de gaspillage. Sophie voudrait qu’on apporte les restes et qu’on les donne à des itinérants. Bref, c’est bien triste, mais on laisse tout ça au restaurant.

J’ai oublié de vous dire qu’ici, il fait très froid. Et ce, à l’année longue. Autour de 4 la nuit et 10 le jour! On mange donc au resto avec nos manteaux. Car, en plus qu’il fasse froid, les murs et les fenêtres ne sont pas isolés!

Il fait très froid dans notre chambre. On demande à avoir un chauffage électrique d’appoint. On met nos vêtements chauds sous notre pyjama. Ma couette de lit pèse une tonne. La température commence à monter. J’ai de la misère à supporter le poids des couvertures. J’ai l’impression qu’elles sont en plomb! Après réflexion, j’enlève des morceaux de vêtements et je m’endors.

Mais vers 23h30, la chaleur me réveille. Je ne peux plus supporter d’être prise dans mon lit sous les couvertures qui pèsent une tonne. Je réveille Steve pour lui faire part de mon état. Je me lève pour baisser le chauffage et ouvrir la porte de la salle de bains et faire entrer de l’air frais. (Trou d’aération dans le mur de la salle de bains.) Malgré moi, je réveille les filles. Elles ont très chaud elles aussi. Je décide de changer de place avec Audrey. Dormir toute seule sera moins pénible pour moi, je pourrai enlever la couverture de plomb à ma guise. J’entends tout le monde se rendormir, mais je n’arrive pas à plonger dans le sommeil. Chaque fois que je suis tout près de m’endormir, ma respiration s’emballe juste assez pour m’empêcher de dormir. L’effet de l’altitude mélangé à la chaleur trop élevée me rend folle. J’ai chaud, j’ai froid. Je frissonne. J’ai mal à la tête.

Jour 5

Il est 6h00 quand je décide de réveiller toute la famille pour que quelqu’un vienne prendre soin de moi. Sophie prend ma température et tout est normal. Elle me donne 2 Tylenol. Audrey me flatte dans le dos. Je suis fatiguée et découragée. Les filles se rendorment dans le grand lit et Steve reste avec moi dans le lit simple. Je réussis à dormir 15 minutes quand l’alarme sonne. Je n’ai aucunement faim, j’ai un peu la nausée.

On descend déjeuner et le gérant de l’auberge me demande si j’ai bien dormi. Je lui explique ma situation et il me donne une pilule contre le mal des montagnes. Il me dit que d’ici quelques minutes, je serai mieux. Je suis incapable de manger, mais 15 minutes plus tard, c’est vrai que je vais mieux. Ouf! L’appétit n’y est pas, mais ça viendra bien assez vite.

Nous partons en taxi pour aller à l’arrêt d’autobus. De là, nous trouvons une van pour partir à Tupiza. Il reste exactement 4 places, c’est parfait pour nous. Nous sommes sur le point de partir quand le chauffeur nous annonce qu’il doit s’en aller pour une « urgence », et plutôt que de prendre 15-20 minutes comme prévu, il revient une heure plus tard! Nous sommes découragés de perdre autant de temps. On essaie de trouver un autre taxi, mais il n’y a aucune voiture de disponible.

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Nous finissons donc par partir à 11:30. J’ai hâte de dormir dans la van pour regagner mon sommeil perdu. Sophie et moi sommes assises à l’avant avec le chauffeur. Audrey et Steve sont à l’arrière de la camionnette. Sophie a la « chance » d’être collée sur lui et de recevoir des coups de bras de vitesse, une fois de temps en temps. Quelques minutes après m’être endormie, Sophie s’aperçoit que le chauffeur somnole en conduisant et m’avertit de la dangereuse situation. Le chauffeur fermait bel et bien ses yeux quelques secondes! On le réveille aussitôt et celui-ci nous répond que tout est parfait. Tout le long du trajet, le chauffeur utilise plusieurs trucs pour rester éveillé: il sort son bras par la fenêtre, il met de la musique, il mange des feuilles de coca et boit un Red Bull. Il réussit quand même à cogner des clous de temps en temps (une bonne dizaine de fois)! Sophie et moi, stressées par la situation et ne pouvant pas trop lui parler en espagnol, décidons de rester hyper attentives au chauffeur somnolant. Après la Belle au bois dormant, nous voilà avec le Chauffeur dormant! Rassurant! Sophie a toute la pression, car si le chauffeur tombe endormi, elle devra s’occuper seule du volant! Bien entendu, je n’ai pas dormi par peur d’influencer le chauffeur. Je lutte contre mon propre sommeil et Sophie aussi.

Quand la situation dégénère, je demande aux autres passagers de le tenir éveillé. Nous arrêtons diner et Steve lui propose de conduire à sa place s’il est trop fatigué. Il dit qu’il a pu reprendre des forces et qu’il nous reste seulement la moitié du chemin. Mais pour la dernière heure, il recommence à cogner des clous et Sophie doit toujours lui donner des coups de coude. C’est effrayant! Nous sommes si heureuses lorsque nous arrivons enfin à destination, sains et saufs! Nous lui souhaitons « Bonne nuit »! Malheureusement pour les autres personnes dans la van, ils leur restent 90 kilomètres à faire avec ce chauffeur… On prie pour eux!

Catégories : Bolivie

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