C’est le grand départ pour l’Afrique

26 décembre 2012, Québec, Canada

Après avoir célébré Noël, on a dit au revoir à nos familles et on s’est rejoint à l’aéroport Jean Lesage à à 15 h. À notre arrivée, une mauvaise nouvelle nous attend, notre vol de Paris/Nairobi a été annulé et décalé de 24 h, ce qui risque de nous priver d’une journée de Safari. Tout le monde s’active pour remédier à la situation… Steve entreprend les démarches auprès de Flight Network. Christian contacte Air France pour trouver une solution, tandis que les autres poursuivent les pourparlers avec les agents d’Air Canada. Deux heures plus tard, le problème demeure entier, on prend tout de même le vol pour Montréal dans l’espoir de régler notre situation au bureau d’Air France à Montréal.

Tout juste débarqués de l’avion à Montréal, envahis par l’excitation de l’aventure qui commence et sans doute un peu par le stress des billets d’avion, Steve et moi marchons rapidement vers le bureau d’Air France. De plus en plus vite, Steve emprunte le tapis roulant pour prendre les devants. Pas question de me laisser distancer, je me mets à courir. Steve en fait autant. Finalement, c’est le sprint! Deux vrais gamins dans les corridors de Pierre-Eliot-Trudeau…

Au comptoir d’Air France, les nouvelles ne sont pas meilleures, mais au moins notre vol pour Paris est confirmé. On garde espoir de trouver six places pour Nairobi, mais on est de plus en plus résignés à passer une journée à Paris. Nous prenons place à bord du Boeing 747 en direction de Paris. Dispersés dans l’avion, je suis seul au deuxième niveau, un visage connu derrière moi, Mesmer qui commence sa carrière en France.

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27 décembre 2012, Paris, France

Nous arrivons à l’aéroport Charles-de-Gaules au petit matin, les négociations recommencent au bureau d’Air France pour constater que le vol vers Nairobi n’a pas été annulé, mais qu’il est plein. On obtient six places stand-by, on garde un mince espoir de prendre le vol du 27 décembre. Rapidement, cet espoir s’envole, mais nous obtenons confirmation de nos places pour le 28. Les négos ne s’arrêtent pas là, il nous faut maintenant trouver hôtel et repas à Paris. Tout finit par se régler, on se rend à l’hôtel, on prend le déjeuner avec un petit quart de vin, tout le monde est de bonne humeur.

La pression redescend, on ne peut rien y changer, on est à Paris, aussi bien en profiter. On saute dans le RER, descendons à Notre-Dame-de-Paris, marchons sur les Champs-Élysées, traversons le Louvre vers l’Arc de Triomphe.

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La rue est bondée de gens, c’est le marché de Noël. Le temps est pluvieux et froid et il n’est pas facile d’avancer à travers cette foule. Hugo nous amène chez la tante de Rady qui tient un petit restaurant asiatique au cœur de Paris, Le Lac de l’Ouest. On est accueilli à bras ouverts, on reconnaît l’hospitalité des Kuong. Après quelques verres de Beaujolais et des arachides au wasabi, on reprend notre marche à travers la ville, on se rend dans le 16e arrondissement près de la Bastille pour trouver un bon petit pub éclairé aux lampions. Toute la journée, la fatigue se fait sentir, on résiste pour se mettre à l’heure d’Europe, mais comme le dit Alain : « On est top shake ». Après quelques consommations, retour à l’hôtel. Au menu, baguette et jambon. Personne ne se fait prier pour aller se coucher, il est seulement 20 h.

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28 décembre 2012, Nairobi, Kenya

Rendez-vous à 7 h 30 pour le petit-déjeuner, après une très bonne nuit de sommeil. Tout le monde semble avoir apprécié le confort de son lit, malgré la petitesse des chambres typiquement parisiennes tout comme le repas : croissant et café. Initiation aux dés menteurs pour Steve, le temps d’attendre Alain qui tarde à nous rejoindre dans le hall de l’hôtel, un préambule pour le reste du voyage… Christian transfère un peu de matériel dans son bagage à main pour ne pas payer de surcharge, une première pratique avant la préparation pour l’ascension. Quelle bonne idée de Christian d’avoir transféré du stock dans son bagage à main : duct tape, tire-bouchon et coupe-ongle lui sont confisqués à l’embarquement… temporairement, le temps qu’il les reprenne lorsque la femme au contrôle a le dos tourné. Du grand Giguère…

Ça y est, on s’envole pour Nairobi à d’excellentes places, première rangée en avant, tous ensemble au centre, sauf Alain qui a pour voisin un Africain bien portant et bien odorant dans la section de gauche. Nous jouons notre première partie de dés officielle, gagnée par Alain « 4 valets, un Jack », mais le call de la partie revient à Steve : « les dés sont là, oups! Les dés sont plus là ». 7 h 30 plus tard, nous voilà arrivé à Nairobi. Il est 21 h, soit 8 heures de décalage avec le Québec, il fait 18 oC et il pleut. Les bagages se font attendre, mais ils finissent par arriver, affichant quelques indices de fouille. David (agent de voyage local) nous attend avec Mosa (cuisinier) et Francis (guide safari). On charge la camionnette, un modèle Toyota quatre roues motrices et on attend, on attend, on attend un autre client de David. L’approche client kenyane, j’imagine. Il est 23 h, toujours pas de nouvelle du client et on finit par partir pour l’hôtel situé à 20 minutes de l’aéroport. Petit souper rapide à l’hôtel (steak ou poulet). Christian n’a pas vraiment apprécié sa tiraille de zébu, mais tous ont aimé leur première Tusker, une bière locale. On rejoint ensuite nos co-chambreurs. Pour le reste du voyage, Rodolphe et Steve, Alain et Hugo, Christian et moi formerons les paires de nuit.

29 décembre 2012, Masai Mara, Kenya

Le 29 décembre est une sorte de continuité du 28, car personne n’a vraiment dormi, le jetlag nous affecte tous. Les chambres modestes, mais propres, sans air conditionné, nous auront offert tout au mieux la possibilité de prendre une bonne douche. À 6 h 30, on se réunit pour un bon petit-déjeuner continental : croissant, bacon, jambon, fromage, œuf brouillé, saucisse, pommes de terre rissolées, fruits frais, etc. Rodolphe et Steve manquent à l’appel, ils sont restés sur l’heure de Paris. Christian sonnee le « wake-up call ». Rodolphe est en maudit, il n’a dormi qu’une heure et c’est la dernière. On rencontre un type de Nouvelle-Zélande qui vient de gravir le Kili en sept jours par la Machame Trail, exactement comme ce qu’on s’apprête à faire. Il a eu beaucoup de pluie pendant son ascension et nous recommande de mettre nos trucs dans des sacs de plastique, sinon tout sera détrempé. On prend bien note de son conseil. Un beau trek, nous dit-il, la dernière journée est quelque chose, il est enchanté : « When the sun goes up, it’s an amazing feeling ».

Rodolphe et Steve attrapent une bouchée, on finit de payer l’agence de voyages David Tour et, hop! On est parti pour le Masai Mara : 300 km de route à parcourir. Alain installe sa Go-Pro au bout de son bâton de marche et prend quelques séquences tout au long du parcours. Premier arrêt pour prendre des photos de la vallée, on découvre le paysage du Kenya. Ancienne colonie anglaise, on conduit à gauche et le volant est à droite. Jusque-là, la route est très belle, ils l’ont refaite l’an dernier. Peu de temps après, il nous faut faire un deuxième arrêt pour faire le vide, suivi d’un 3e arrêt très rapproché, Mosa doit compléter ses courses pour nos repas durant le Safari.

On quitte la voie pavée pour poursuivre sur une route de terre rouge ponctuée de nids de poule, pour ne pas dire d’autruche. La largeur de la route est tout juste suffisante pour laisser passer deux voitures. Notre guide-chauffeur semble plus à l’aise sur la terre battue que sur le pavé, il accélère, on se fait brasser le Canadien pas à peu près. Il pleut, la route est parfois glissante et à quelques reprises on semble échapper la camionnette vers le fossé, mais Francis la récupère bien. La camionnette est chargée à ras bord, il n’y a plus de place. Continuant nos bonnes habitudes, on boit beaucoup d’eau, environ 2 litres chacun l’avant-midi seulement, ça nous oblige à arrêter souvent. Finalement, après 1 h 30 de tape-cul, on lâche la route pour se rendre à notre logis des deux prochaines nuits, Maria Bush House, une charmante petite maison à flanc de montagne.

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Dès notre arrivée, Mosa est en cuisine à nous préparer notre lunch du midi, il faut faire vite si on veut voir quelques bêtes sauvages aujourd’hui. Sandwich aux concombres avec fromage à la crème et jambon, œuf à la coque, banane et jus. C’est le premier œuf à la coque de Christian. Pas le temps de digérer, on est reparti, le parc de Masai Mara n’est qu’à un kilomètre de notre logis.

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Dès notre entrée, on aperçoit quelques gazelles, zèbres et phacochères, mes préférés, allez donc savoir pourquoi! C’est ensuite le tour de quelques girafes à prendre la pose. On aperçoit des éléphants au loin. Ça fourmille de chevreuils africains : impalas, antilopes de Grant et antilopes de Thompson. Francis reçoit un « in » sur son CB, des guépards viennent de réussir une chasse. On s’y rend sur-le-champ, trois camionnettes sont déjà sur les lieux à notre arrivée. Le spectacle est incroyable, deux guépards mâles en train de se rassasier d’un bubale.

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La victime est fraîche d’une ou deux heures tout au plus. Les guépards mangent en vitesse, ils surveillent l’arrivée des hyènes ou des lions, le cas échéant ils laisseront leur repas aux plus forts. Ils mangent tellement vite qu’ils sont essoufflés, leur bedaine bien pleine. Un petit chacal rôde autour, un guépard lui fait comprendre de garder ses distances en feignant un sprint en sa direction. Une quinzaine de vautours attendent patiemment la fin du festin pour s’emparer de la carcasse. Sept autres vautours viennent les rejoindre, ils arrivent en planant au-dessus de nous. Les guépards dévorent la bête à une vitesse effarante. Les principaux muscles sont déjà avalés, ils s’attaquent aux poumons, aux bajoues et aux côtes, on entend les os casser sous la pression des mâchoires. Ils prennent quelques pauses, la satiété est atteinte depuis longtemps, difficile d’en prendre plus.

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Ils quittent, les vautours se jettent aussitôt sur les restants du bubale. Dans le temps de le dire, toute la viande entre les côtes est disparue. Ce sont des charognards d’excellence, ils ne laissent rien, pas même pour le pauvre petit chacal qui attend toujours son tour en retrait.

Le safari se poursuit, on croise des éléphants et des buffles, mais ils sont encore assez loin. Notre chauffeur Francis est téméraire, on fait du hors-route à travers les bosquets à la recherche de nouvelles trouvailles. On aperçoit une hyène. Généralement seule, elle attaque en groupe. Plutôt peureuse, elle s’enfuit. On a ensuite la chance de tomber sur une lionne qui se repose dans la broussaille avec son mâle.

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La camionnette est tellement proche qu’on leur pile presque sur la queue. Steve est tout excité, il n’en revient juste pas comment on peut sortir aussi facilement des sentiers, comparativement à ces autres safaris.

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En moins de deux heures dans le parc nous avons déjà vu 3/5 du Big five (lion, buffle, éléphant).  On se rend à la rivière pour tenter de voir le léopard et le rhinocéros qu’il nous manque pour le compléter, peut-être quelques hippopotames aussi. On roule rapidement sur la route détrempée, quelques dérapages contrôlés au plus grand plaisir du groupe qui se tient debout dans la Toyota pour ne rien manquer du paysage. Sous les encouragements du groupe, Francis en met davantage, il réussit même un 360 sur terre battue. Je pense que cette acrobatie lui a donné la chienne, on a presque renversé, et il se calme un peu pour la suite de la randonnée.

À la rivière, on voit quelques hippopotames au loin, mais ce sera tout pour la journée, l’après-midi a été bien rempli, on retourne au Mara Bush House. On célèbre notre première journée de safari au champagne qu’Hugo avait acheté à l’aéroport de Paris. Le cocktail est suivi d’une petite partie de dés avant le repas qui s’avère copieux : poulet et riz, accompagnés de piment et de fève.

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Il est 20 h 30, on n’étire pas la journée plus longtemps et on prend possession de nos tentes, à l’exception de Steve qui dormira dans une petite chambre à l’intérieur de la maison. Chacun a sa tente, elles sont dispersées dans les bois autour de la maison. Le domaine est entouré d’une clôture de broche et surveillé par un gardien massaï armé d’une lance. On peut dormir en paix… On s’endort rapidement, mais quelques heures plus tard, on est réveillé par le cri des hyènes dans les bois près de notre campement. Le sommeil est difficile à retrouver pour la plupart d’entre nous, ce n’est pas tant à cause des hyènes qui rient à proximité que le jetlag qui nous empêche de dormir. À 2 h du matin, la génératrice cesse de fonctionner. À 5 h, Rodolphe est debout. À 5 h 30, je le rejoins. 6 h 30 : le soleil se lève. Mosa me prépare un café, j’en profite pour écrire notre journal.

30 décembre 2012, Masai Mara, Kenya

Le reste du groupe nous rejoint pour déjeuner à 7 h : omelette, saucisse avec pain, confiture et miel. Steve fait traiter son orteil qui tarde à guérir par Mosa : massage avec quelques épices secrètes, sa botte au pied droit et une gougoune au pied gauche pour s’aérer le gros orteil. Après un petit lavage de notre camionnette pour effacer les traces de notre « mud drag » de la veille, on repart en safari. Antilopes, gazelles, zèbres, phacochères, bubales et une panoplie d’oiseaux croisent notre chemin dès notre arrivée.

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Les buffles, éléphants, girafes et prédateurs sont plus difficiles à apercevoir. On remarque quelques éléphants au loin que notre guide réussit à approcher. Enfin, nous pouvons voir les pachydermes de près.

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Notre mission du jour: voir le rhinocéros et le léopard. On explore de nouveaux territoires, la Masai Mara est vaste. On croise un autre guide qui nous informe qu’une meute de lions vient de sévir, on s’y rend sur-le-champ. Le roi, ses huit femelles et leurs rejetons sont en train de dévorer un zèbre adulte.

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À notre arrivée, le mâle a déjà terminé sa boustifaille.

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C’est au tour des jeunes lionceaux et des femelles de se servir.

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Il y a foule, 22 véhicules entourent les lions qui mangent paisiblement. Paisiblement, jusqu’à ce qu’Alain se lève sur notre camionnette pour prendre une vidéo avec sa Go-Pro au bout de son bâton. Comme il étire sa « lance », toutes les femelles décampent. Un voisin, offusqué de voir le spectacle terminé, nous balance un : « Why don’t you go to the zoo? » On reçoit un appel sur le CB nous prévenant de l’arrivée des rangers. En moins de deux, tout le monde est parti ( Il est interdit de sortir des sentiers…Là, Steve comprend que hier ce fut exceptionnel).

On retourne à la chasse d’images de rhinocéros et de léopard le long de la rivière. Il pleut, les animaux se font plus rares dans la région où nous cherchons. On arrive à la frontière de la Tanzanie/Kenya. On en profite pour vider notre trop-plein d’eau et prendre quelques photos. Un plan avec la Tanzanie, un plan avec le Kenya et Christian veut prendre un plan près du buisson.

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J’approche avec lui du buisson quand une camionnette au loin s’amène à toute vitesse avec les lumières qui « flashent », le klaxon au fond. Le chauffeur nous crie : « there is a lion in the bush ». Sans tarder, on retourne vers le véhicule. Francis demeure calme, les lions ne s’attaquent pas aux humains, nous dit-il. Quand même, on ne courra pas de risque…

On continue un peu plus loin pour prendre notre dîner. On traverse la rivière vers la Tanzanie dont le poste frontalier est installé de l’autre côté. Sur le bord de la rivière, on aperçoit une foule de squelettes de gnous. Passage obligé pour la migration, plusieurs se noient ou sont dévorés par les crocodiles ou les lions à leur sortie de l’eau. On remarque quelques hippopotames stationnés plus loin. On débarque de la voiture, des petits singes nous accueillent. Francis nous recommande de manger dans le véhicule pour ne pas nous faire voler notre dîner par les singes. Sandwich aux tomates et fromage à la crème, œuf à la coque, poulet froid, melon d’eau et petit jus sont au menu. On va se promener sur le pont près des hippopotames. Erreur, un gardien vient nous avertir qu’il est interdit d’y aller, on pourrait se faire attaquer par les crocodiles. On rencontre une enseignante américaine, nouvellement emménagée à Abou Dabi. Steve lui demande sans hésitation : « Do you know my friend France, she is a teacher in Abou Dabi? »

Sur le bord du poste frontière, on remarque de drôles de petits lézards multicolores qui se courent les uns après les autres. On reprend la route durant cinq minutes pour aller voir les hippopotames de plus près. Un ranger kenyan armé nous attend pour nous accompagner à travers les chemins que les hippopotames empruntent sur la terre ferme la nuit.  On ne peut s’y aventurer seul, l’hippopotame est l’animal qui tue le plus d’hommes en Afrique, il défend son territoire.

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Il nous explique que les hippopotames passent la journée dans la rivière et sortent la nuit pour se nourrir, ils peuvent alors parcourir jusqu’à 20 km. L’hippopotame est très propre, il fait ses besoins à la base des arbres et s’essuie avec les feuilles, comme l’ourson Cottonelle! On remarque un jeune mâle dans la rivière à l’écart des autres parce que sa mère le tient loin des mâles adultes qui le tueraient.  On n’aime pas la compétition masculine chez les hippopotames.

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De l’autre côté, un mâle adulte est sorti de l’eau, immobile, il est probablement malade. Un crocodile se tient également sur le bord du rivage. Suspens.

Comme notre ranger adore nos chandails, Hugo lui donne le sien et un billet de 10 $US. Comme la majorité des Kenyans que nous avons rencontrés jusqu’alors, il ne semble des plus content du pourboire que nous lui versons. « You can add more… », nous dit-il!

Avant de repartir, on croise le chauffeur du véhicule qui nous a avertis pour le lion dans le bosquet. Il nous explique que c’est son copain qui lui a dit que cinq minutes auparavant il y avait vu un lion, mais que lui il ne l’a pas vu. Y avait-il réellement un lion dans ce bosquet, on ne le saura jamais?

On reprend donc notre « chasse » au rhinocéros et au léopard, mais on fait chou blanc. On aperçoit tout de même des mangoustes, des marabouts et des babouins (les préférés à Rodolphe) avant de quitter le parc.

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À la sortie du parc, on se rend visiter un village massaï. Pour 100 $US, on nous ouvre les portent de leur village.

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La visite débute par des danses et chants locaux. Quelques jeunes Massaïs s’exécutent et entourent Christian qui se joint à la danse. Il s’ensuit un concours de saut en hauteur entre les Massaïs et notre groupe. Tout le monde y participe et saute joyeusement dans boue et la bouse de vache, on ne distingue plus l’une de l’autre de toute façon. Rodolphe est déclaré grand gagnant, mais il faut avouer qu’il trichait un peu, il pliait les genoux.

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On entre ensuite dans le village circulaire entouré d’une clôture d’arbustes à épines servant à protéger les chèvres qui y passent la nuit à l’abri des prédateurs. Les vaches sont gardées à l’extérieur du village et protégées par des gardiens massaïs armés de lances et de leurs dagues. Tout le village dépend des vaches et des chèvres pour vivre. Les maisons sont construites à base de bouse de vache. Elles durent une dizaine d’années. Après ce temps, le toit devient trop lourd à force d’ajouter de la merde pour l’imperméabiliser. Ils doivent alors construire une nouvelle maison. Chaque maison abrite une famille : une femme et ses enfants.  Un homme peut avoir plus d’une femme et c’est le père qui choisit les femmes pour son fils.

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La visite se termine à la boutique où nous sommes assaillis par les vendeurs et achetons quelques souvenirs.

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De retour au camp, Hugo et Alain décident d’aller courir pendant que Steve fait traiter son orteil par notre cuisinier Musa. On prend une petite Tusker frette avant le souper de ragoût de bœuf servi avec chou et patates. On déguste le tout avec du vin de la région.

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À 20 h, on se prépare à aller se coucher, mais pas avant une dernière partie de dés…

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Cette nuit-là a été plus tranquille, les hyènes ont été moins actives, peut-être en raison de la pluie.

31 décembre 2012, Moshi, Tanzanie

Dernier repas au lodge : crêpe et œuf à la coque, servis avec du pain et la « super jam ». On fait le plein d’eau, salue nos hôtes et c’est un départ vers l’aéroport de brousse situé au milieu du parc. Cela nous laisse le temps d’apprécier la vie sauvage du Masai Mara en s’y rendant. À l’entrée du parc, on voit un troupeau de gnous. On prend ensuite un appel du CB pour voir des guépards, il y a foule et ils sont loin, alors on ne perd pas de temps. On espère encore pouvoir voir notre rhinocéros, mais c’est plutôt sur un beau groupe de girafe que nous tombons.

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Deuxième appel au CB, des lions cette fois. Nous nous y rendons, mais le scénario de la veille se répète, deux lions au loin avec une masse de touristes autour. On se rend alors compte de toute la chance que nous avons eue plus tôt de les observer d’aussi près en plein repas. Okidoki! On est reparti. Notre chauffeur voit un troupeau de buffles, et sans hésiter il quitte la route et se dirige directement parmi la masse noire des bêtes. Incroyable! Ce sera notre dernière observation de la faune rapprochée avant de se rendre à l’aéroport.

Aéroport, il faut le dire vite, il s’agit plutôt d’un chemin de terre bien tapé à côté d’un abri d’autobus et d’une bécosse. Le soleil est au rendez-vous, la température doit dépasser les 35 oC, il est impossible de rester au soleil. Notre vol est prévu pour 10 h 15 et, comme à l’habitude, il y a un délai d’attente.  On en profite pour saluer notre chauffeur et guide Francis:

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Et Musa, notre distingué cuisinier et soigneur d’orteil. Musa avait été le cuisinier de Steve en 2011 lors de son safari avec sa famille au Kenya:

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À 11 h, un premier avion se pose sur la piste, un bimoteur à hélices d’une capacité de 20 personnes.

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Aussitôt les occupants débarqués, nous nous avançons pour prendre place. On charge nous-mêmes nos sacs dans la soute à bagages. L’appareil est petit, je suis pratiquement assis dans la cabine du pilote, je vois tout ce qu’il fait.

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L’appareil est âgé, les cadrans sont à aiguilles, les ajustements à roulettes et à manivelles. Trois autres avions se posent avant que ce soit à notre tour de décoller. Le pilote met les gaz, tout en pompant les freins vigoureusement avec ses pieds. L’avion prend de la vitesse sur la route de terre, il se promène de gauche à droite avant de prendre son envol. La vue est superbe, on voit les animaux qui se promènent dans le parc et les villages circulaires des Massaï. L’appareil atteint sa pleine altitude à 9600 pieds et cela ne prend que 45 minutes pour se rendre à Nairobi. À l’arrivée, impossible de reprendre nos sacs directement, bien qu’ils soient à portée de main, il faut passer par le service des bagages.

David nous attend avec notre nouveau chauffeur. Il nous a réservé une navette de luxe, un genre de camionnette Toyota Sienna allongée. Le luxe, c’est l’air conditionné. On s’y entasse comme des sardines, le coffre ferme difficilement et on roule vers la Tanzanie.

En route, on a un petit creux, on s’arrête donc pour s’acheter un régime de bananes pour 1 $US. Hugo, qui n’a jamais mangé de banane de sa vie, s’efforce d’en prendre au moins une bouchée, ce sera tout pour lui… question de texture, paraît-il. La route est très belle, construite l’an dernier par des Chinois. Peu avant la frontière, on s’arrête dans un petit resto local. Bœuf ou poulet et riz sont encore au menu. Il y a aussi une petite boutique sur place. Hugo en profite pour acheter des chips qui seront très appréciées du groupe quelques minutes plus tard. C’est aussi à cette boutique que nous avons acheté les bracelets des « invincibles ».

Arrivés à la douane du Kenya, on doit s’enregistrer avec les empreintes digitales, c’est sérieux. À notre sortie du bureau d’enregistrement, nous sommes entourés par les vendeurs. Jamais, nous n’en avons vu d’aussi tenaces ailleurs dans le monde, ils sont totalement envahissants. Rodolphe et Christian sont les acheteurs les plus actifs. Notre chauffeur revient, la voiture est enregistrée, on peut maintenant se rendre à la douane de Tanzanie. La même procédure se répète. Au total, il nous faut deux heures pour traverser la frontière. Nous arrivons à Moshi, plus précisément au Sal Salinero Hotel à 21 h. On y rencontre Stanley, notre agent pour le Kilimanjaro et Juma, notre guide de montagne. Autour d’une bière, à part Juma qui prend un coke, il nous explique ce qu’il faut pour l’expédition. On déguste ensuite une bonne pizza avant de se rendre à nos chambres. Leur culture probablement différente de la nôtre, nos fournisseurs ont décidé qu’ils buvaient sur notre bras.

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On finalise les derniers préparatifs, nos sacs de voyage ne doivent pas dépasser 15 kg. On laissera donc un peu de matériel au bureau de Stanley. Même si c’est la St-Sylvestre, à 21 h 30, c’est l’extinction des feux.

Catégories : Kilimandjaro

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