Jour 12

Vendredi 1er mars
Ce matin, nous quittons le nord pour aller visiter le sud du pays. Nous devons prendre deux vols d’avion. Un premier vers la capitale Addis Abeba et ensuite un vol pour Jinka, dans le sud de l’Éthiopie.  Toutefois, notre connexion à Addis est très serrée, nous n’avons que 30 minutes, car hier, Ethiopian airlines a changé notre vol original qui était plus tôt.  Steve est bien stressé et ne fait que réfléchir à tous les scénarios possibles pour ne pas manquer le deuxième vol.  Nous décidons de n’avoir que des bagages-cabines, car avec 30 minutes de transit nous ne sommes pas convaincus que les bagages vont avoir le temps de nous suivre.  Nous réussissons à remplir nos trois sacs à dos et à vider notre gros sac.  Nous l’enroulons en petit paquet pour qu’il puisse entrer dans l’avion avec nous.  Nous avons toutefois un couteau de poche et un gros tube de crème solaire (plus de 100ml), mais nous essayons quand même, en espérant qu’ils ne le trouveront pas.

Nous arrivons à l’aéroport et comme prévu, le gardien n’y voit que du feu et nos bagages passent le test du scanner. Il faut dire que les règles ne sont pas celles auxquelles nous sommes habitués.

L’embarquement se fait à l’heure. Le stress redescend.  Mais au moment de décoller, le pilote nous annonce qu’il doit attendre qu’un autre avion atterrisse.  Nous prenons 20 minutes de retard.  Là, il ne nous reste que 10 minutes de transit.  Nous parlons à l’agente de bord et elle nous dit qu’elle va aviser l’aéroport pour qu’ils nous attendent.  Elle nous déplace en première classe pour les 10 dernières minutes afin que nous puissions sortir les premiers.

Nous arrivons à Addis à 11h20 en même temps que le président du Kenya.  L’aéroport est complètement immobilisé pour des questions de sécurité.  Nous restons dans l’autobus de transfert pendant 50 minutes.  Sur le tarmac, nous voyons l’avion du Kenya et le tapis rouge au loin.  Nous espérons que notre avion pour Jinka ne partira pas sans nous.  Nous essayons de nous informer, mais personne ne semble avoir de réponse.  Steve est sur le bord de péter les plombs.  La tension est dans le piton!

Finalement, le président embarque dans la limousine et l’aéroport revient à la normale.  Nous arrivons dans le terminal et apprenons que notre avion est déjà parti.  Nous sommes foutus!  Il n’y a pas d’autres avions pour Jinka avant deux jours.  Nous essayons de voir si nous ne pouvons pas prendre un autre vol pour une ville plus proche, soit Arba Minch (210 km de Jinka).  La personne au service à la clientèle nous réfère à son superviseur, car elle ne peut pas prendre de décision.  Nous expliquons notre problème au superviseur.  Après 30 minutes, il nous réfère à son patron.  Avec son assistant, il tente de nous trouver un vol sur Arba Minch, mais il n’y a qu’un vol demain et il est plein.  Il essaie de voir s’il peut changer l’avion pour en avoir un plus gros.  Mais impossible.

La seule option qu’il nous reste est de nous taper la route, soit 500 km de route du tiers monde : vraiment pas vite, 10 heures minimum et ce, juste pour nous rendre à Arba Minch et non à Jinka.  Comme dédommagement, ils nous remboursent nos billets d’avion.  Steve demande s’ils pourraient nous « avantager » lors de notre vol de retour au Canada dans quelques jours.  Ils ne disent pas non, et nous expliquent de le demander la journée même.  Il est rendu 14h00.  Nous avons faim et nous avons perdu 3 heures à l’aéroport.  Nous n’arriverons pas avant minuit.  Au secours!  Et la cerise sur le sundae est que nous allons devoir conduire la nuit sur une route remplie d’obstacles.

Entre temps, notre guide des prochains jours, Solomon, que nous devions rejoindre à Jinka, nous organise un taxi pour faire la route.  D’ailleurs, quand nous le rejoignons, il était en route pour Jinka, donc lui aussi doit faire demi-tour et se rendre à notre destination révisée.  Enfin, le taxi arrive, un ami de Solomon, le boss de l’aéroport vient nous reconduire jusqu’à la mini van dans le stationnement et nous partons.

Addis est un vrai bordel.  Il faut deux heures juste pour sortir de la ville!  C’est l’enfer.  Peu de signalisation et les voitures ne respectent pas les règles, bref, un vrai chaos.  Lorsque nous arrivons finalement sur la route, il y a plus de trous que d’asphalte.  C’est la pire route que nous avons eu jusqu’à maintenant.  Nous avançons à 20 km/heure.  Nous freinons constamment pour ne pas défoncer la van dans un cratère au milieu de la route.  Nous sommes découragés, mais au moins nous sommes dans une belle van avec beaucoup d’espace pour nous étendre.  À notre demande, nous arrêtons dans une épicerie pour pouvoir dîner sur la route.  Pain, beurre de peanut, nutella, bananes, jus.  Nous devrions pouvoir survivre!

La nuit arrive et il nous reste encore 5-6 heures de route.  La conduite de soir, c’est toute une expérience!  Il y a des gens qui marchent sur la route, des charrettes sans lumière qui roulent dans le sens contraire et que nous apercevons à la dernière minute, des voitures dont les lumières ne fonctionnent pas bien ou pas du tout et aussi toutes les bosses et les trous.  Histoire de compliquer le tout, un petit brouillard s’installe.  Un vrai défi!  Heureusement, nous avons un bon conducteur.

Finalement, après 10 longues heures de route nous arrivons à Arba Minch.  Nous sommes épuisés et nous allons nous coucher.  Le supplice est terminé.  Il est minuit.

Catégories : Éthiopie

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