Éthiopie: un peuple inoubliable

2019 : Voyage en Éthiopie pour 3 semaines (16 février au 7 mars)

Pourquoi l’Éthiopie?

• Pour visiter l’un des plus beaux pays d’Afrique jamais colonisé avec ses paysages impressionnants: ses montagnes à plus de 3000m, son point le plus bas du continent (Danakil), ses savanes, son désert, ses multiples lacs et ses hauts plateaux.

• Pour aller à la rencontre des prêtres hissés aux sommets de leurs églises rupestres dans la région du Tigré.

• Pour découvrir la richesse culturelle et historique : en débutant par Lucy, le royaume de Aksoum, les sites patrimoniaux religieux du christianisme comme Lalibela, Aksoum et Gondar.

• Pour échanger avec les différentes tribus de la vallée de l’Omo et vivre leurs vieilles traditions.

• Pour explorer un pays merveilleux sécuritaire qui est encore vierge de touristes.

• Pour marcher dans le désert du Danakil, cette région inhospitalière du peuple Afar, mais incroyablement fascinante par ses volcans et son paysage lunaire.

• Pour découvrir les Monts Simien et côtoyer les singes lions (Geladas) dans un décor à couper le souffle.

L’Éthiopie est un pays magnifique à découvrir en famille.  Probablement l’un des plus sécuritaire en Afrique et l’un des plus beau grâce à sa diversité.  Il est rempli d’histoire et de richesse culturelle, des paysages à couper le souffle, des activités uniques, une spiritualité omniprésente, un pays riche en traditions et un peuple accueillants.  L’Éthiopie ne ressemble à aucun autre endroit de la planète.  Nous vous le recommandons fortement.  Ce fut l’un de nos coups de cœur!

Sophie a 17 ans et Audrey 14 ans. Cette année, notre voyage est organisé avec deux chauffeurs/guides magnifiques.  L’un qui se charge du Nord du pays et l’autre prendra la relève pour le Sud.   Ceci facilite énormément nos déplacements et la découverte de ce pays extraordinaire qui seraient pratiquement impossible à faire en solo, en raison du manque d’infrastructures touristiques.  Ceux-ci sont devenus rapidement des amis et nous ont permis de vivre des aventures inoubliables.  Steve avait identifié ces guides avant notre départ du Canada.  Je vous les présente:

 

Nord de l’Éthiopie (itinéraire de 10 jours)

Kiros Zeray
L’agence: Lucy Ethiopia Tours
www.Lucyethiopiatours.com
kirosze@gmail.com
info@lucyethiopiatours.com
cellphone:-+251913550959
what’s up,  +251913550959
www.tripadvisor.co.uk/12695562?m=19905

 

Sud de l’Éthiopie, Omo Valley (itinéraire de 6 jours)

Solomon Bekele
L’agence: King Solomon Tours
www.kingsolomon-tours.com
solbekele16@gmail.com
Cell: +251 91 687 3322
fr.tripadvisor.ca/Attraction_Review-g1237159-d15553868-Reviews-King_Solomon_Tours-Jinka_Southern_Nations_Nationalities_and_People_s_Region.html

 

 

Voici un résumé, en vidéo, de notre voyage en Éthiopie…. vidéo à venir!

Nous voici, nous voilà, en Éthiopie.

Jour 1

Dimanche 17 février, Nous quittons le Québec en direction de notre nouvelle aventure: l’Éthiopie.

Le vol de 14h s’est bien déroulé. Heureusement que nous pouvons regarder des films pour que le temps passe plus vite.  Sophie et Audrey ne sont pas les meilleures pour dormir dans l’avion. Après 2 heures de sieste, elle se réveille. Steve et moi avons réussi à dormir 5 heures d’affilée.

Jour 2

Lundi 18 février
Nous arrivons à 7h10 à Addis Abeba, la capitale. La procédure pour le visa est un peu longue à notre goût, mais nous ne sommes pas pressés, car nous reprenons l’avion pour Gondar à 14h30. Après plus d’une heure d’attente et de paperasse, voilà que nous récupérons nos bagages.  Nous avons beaucoup de temps à tuer. Nous décidons de prendre un taxi pour aller dans un resto local près de l’aéroport pour déjeuner. Nous sommes les seuls touristes. Les serveurs ne savent pas trop comment nous expliquer le menu avec leur anglais approximatif, alors nous commandons n’importe quoi. C’est un plat d’œufs brouillés accompagnés de pâtes feuilletée frites style BBQ qui arrivent à notre table. Bref, on comprend pourquoi ils ne savaient pas comment nous l’expliquer, car on ne sait pas comment vous l’expliquer!

Tous les yeux du personnel sont rivés sur nous et ce sont presque tous des serveurs masculins! Pas besoin de vous dire que ce sont surtout nos filles qui sont regardées. Il y en a même un qui demande à Sophie son adresse dans le but de correspondre avec elle. Sophie feint de ne rien comprendre pour s’en sortir!

Vers 11h00, nous décidons de retourner attendre à l’aéroport. Nous embarquons dans une Lada bleue et blanche (les couleurs de taxi officiel), la voiture est fini ben raide, mais c’est bien comique de vivre cette expérience.  C’est un peu la raison pourquoi nous faisons ces voyage!

En arrivant à l’aéroport, nous nous rendons tout de suite dans le «Lounge», puisque Steve est membre Star Alliance Or. Il faut bien que tous ses voyages d’affaires aient des avantages… Bon. Ce n’est pas les mêmes standards que les Lounges occidentaux, mais ça fait l’affaire pour attendre quelques heures.

Un court vol de 55 minutes et nous arrivons à Gondar, petite ville universitaire de 320 000 habitants, à 2300 m d’altitude. Nous sommes entourés de collines. La température est parfaite, il fait environ 27 degrés avec un léger vent.  Nous prenons un taxi pour arriver 20 minutes plus tard à notre hôtel (Gondar Plaza Hotel). Tout le monde nous regarde débarquer. Il n’y a pas d’Occidentaux à l’horizon à part nous.

Nous avons faim et décidons de manger au restaurant de l’hôtel qui est rempli de locaux : c’est bon signe! Encore une fois, nous ne sommes pas trop certains de ce que nous commandons : mais nous aimons les surprises! Nous goûtons à notre premier Injera. Le injera est l’aliment national de base dans la cuisine éthiopienne, il fait partie de presque tous les repas. C’est comme une fine crêpe spongieuse de couleur grise avec un goût acidulé qui surprend dès sa première bouchée. Celle-ci est présentée comme une serviette roulée ou dans le fond de l’assiette sur laquelle on y dépose les viandes et les sauces. Les locaux en coupent des petits morceaux pour attraper la nourriture. Ici, tout le monde mange avec la main droite, donc l’injera est comme leur fourchette!

Nous complétons notre repas avec un drink local fait à base d’avocat mélangé à de la grenadine. Bon, bien heureux d’y avoir goûté, mais nous n’en ferons pas notre drink de tous les jours!

Nous décidons d’aller prendre une marche en ville après notre repas. C’est toujours surprenant de voir combien il y a de gens dehors, dans la rue. La rue est animée par les kiosques et les boutiques de fortune. Il y a plusieurs pèse-personnes sur le trottoir afin de vérifier son poids! En tout cas, ici les Éthiopiens n’ont pas besoin de valider ça, car ils sont tous minces et élancés.

À peine sortis de l’hôtel, deux enfants nous demandent de l’argent. Le gardien de l’hôtel essaie de les faire fuir en leur lançant une pierre!!! Et oui, gros malaise! Nous continuons notre route et affrontons notre premier bain de foule. Impossible de passer inaperçus. Les gens sont bien sympathiques et nous sourient. Il y a beaucoup de jeunes hommes entre 15 et 20 ans qui se promènent et qui analysent nos filles de la tête aux pieds. Plusieurs les saluent, il y en a même un qui avance vers Audrey et lui donne la poignée de mains et une tape dans le dos. Elle trouve ça drôle. Il lui parle en Amharic. Ces deux amis rient de le voir se mettre dans cette situation. On ne comprend rien mais on trouve qu’il a beaucoup de guts!

Les chauffeurs de tuktuk nous demandent tous si nous avons besoin de leur service. Et c’est là que nous rencontrons Samy, un très beau chauffeur de 21 ans, drôle avec un bon anglais avec qui nous négocions ses services de guide/chauffeur pour demain.

Nous retournons à l’hôtel pour dormir, nous sommes vidés. Aussitôt que nous déposons nos têtes sur l’oreiller, nous nous endormons.

La Cité Royale de Gondar

Jour 2

Mardi le 19 février
Le décalage horaire nous joue des tours et nous voilà réveillés à 3h30am. Nous tournons plusieurs heures à essayer de dormir, mais les chants religieux (oui, oui, en pleine nuit) n’arrêtent pas de jouer au loin et déconcentrent notre sommeil.

À 6h30, nous déjeunons au buffet éthiopien de l’hôtel qui est très bon (patates avec sauce, œufs brouillés, plats de pâtes, toast, jus d’ananas). C’est délicieux. À 8h00, notre chauffeur de tuktuk nous attend en bas de l’hôtel.

Tout de suite, Samy nous offre de mettre de la musique. Nous chantons Du Brunos Mars, du Charlie Puth et du Pittbull avec lui et dès ce moment, nous savons que nous allons passer une belle journée. Il a de la difficulté à prononcer le nom d’Audrey, alors il la renomme Rita, qui veut dire « jolie » dans sa langue.

Il y a une belle ambiance dans la ville. Plusieurs personnes sont vêtues de tuniques blanches. Nous voyons des écoliers se diriger vers l’école. Des ânes transportant du bois traversent. Nous dépassons des carrioles tirées par des chevaux. Tous les tuktuk et les taxis sont bleus et blancs. C’est une ville comme on les aime!

Voici, je vous présente notre chauffeur guide, Samy avec les filles, au porte de l’église Debré Berhan Sélassié:

Nous arrivons à l’Église Debré Berhan Sélassié qui est l’une des plus belles églises du pays avec ses fresques resplendissantes. Elle date de 1690 et repose au centre d’une imposante muraille en pierres, dotée de 12 tours représentant les Apôtres. La visite vaut vraiment le détour. Les locaux viennent prier le matin et nous avons la chance de prendre de beaux portraits.

Ensuite, Samy nous reconduit au château de Fasil Ghebi, classé au patrimoine de l’Unesco. Ce site compte un château, trois palais, des thermes et trois églises. Fasil était l’enceinte royale de plusieurs empereurs qui fit de Gondar la capitale pour plus d’un siècle. Malheureusement, le site est principalement en ruines à la suite de plusieurs guerres et surtout celle de 1941, lorsque l’Angleterre bombarda la ville.

Nous avons marché le site pendant 30 minutes. Ce fut intéressant, mais l’endroit n’est pas comme Debré Berhan Sélassié qui avait une âme et surtout qui était animé par la présence des locaux.

En sortant du site, notre guide nous conduit aux bains de Fasiladas (environ 1,5km). Les gens pensent que ce devait être une maison de villégiature du roi, avec un grand bassin rectangulaire où les membres de la famille royale s’y baignaient et pratiquaient des cérémonies religieuses. Encore aujourd’hui ce site perpétue ce rituel lors de la fête de Timkat où la foule vient dans le bassin pour être béni, mais aujourd’hui nous étions seuls avec un bassin vide! Reste que le site est beau, surtout avec les racines des arbres qui grimpent sur les fortifications. Ceci nous rappelle celle d’Angkor Wat au Cambodge.

À chaque fois que Samy nous rembarque, il donne son cellulaire aux filles pour qu’elles mettent des chansons qu’elles connaissent et tout le monde chante.  C’est l’heure du café. Il nous apporte dans son resto préféré où tous ces amis sont là. Nous partageons le café avec lui, son frère et son ami « crazy boy ». L’hôtesse nous accueille avec de l’encens et Stéphanie a le droit à son premier café à vie. Nous échangeons avec eux et décidons de les inviter à diner.

Nous allons au restaurant « les Four Sisters ». Nous commandons deux plats éthiopiens que nous partageons tous ensemble. Samy initie les filles à la bière Kuru (non alcoolisée). Encore une fois, nous passons un bon moment. Il faut dire qu’il est très séduisant et qu’il aime bien nos filles. Il nous demande si nous aimerions aller danser ce soir avec ses amis dans un Night Club. Il dit que les filles pourraient entrer car il leur donnait 20 et 21 ans, rien de moins!! Mais comme les gens commencent à sortir vers 23h, c’est un peu trop tard pour nous et notre décalage horaire.

C’est l’heure de retourner à l’hôtel. En route, nous croisons une police et nous nous faisons arrêter, car nous sommes 6 dans le tuktuk! Audrey est coincée avec le chauffeur et son frère à l’avant et Steve, Sophie et moi sommes à l’arrière autant coincés. Lorsque les filles étaient jeunes, on entrait plus facilement mais maintenant… ça entre juste. 100bir (5$) plus tard, nous repartons et arrivons à l’hôtel vers 14h30. Nous les remercions de la belle journée et prenons quelques photos avec eux.

Nous relaxons à nos chambres jusqu’à 18h00 et nous allons manger une pizza au restaurant de l’hôtel. Nous recevons l’appel de Samy. Avec son frère, il vient nous rencontrer au restaurant de l’hôtel, car il a un cadeau pour nous. Nous sommes bien heureux de le revoir. Il nous donne un bracelet d’amitié en cuir aux couleurs du drapeau de l’Éthiopie. C’est très gentil de leur part.

Nous allons prendre une marche avec eux. Ils nous reparlent de leur soirée, car ils aimeraient bien nous faire découvrir les « traditional house », un genre de bar ici à Gondar où les gens viennent danser. Nous les remercions, mais nous passons notre tour.  Pas sûr de vouloir sortir dans les bars avec mes filles! Nous faisons nos adieux et allons préparer nos bagages, car la vraie aventure commence demain!

Rencontre avec les singes lions

Jour 3

Mercredi 20 février
Une autre nuit difficile pour le sommeil. Il y a des chiens qui aboient toute la nuit, mélangés aux chants religieux (non mélodieux) qui commencent vers 2h00 du matin. Ceux-ci nous réveillent et ensuite nous avons de la difficulté à nous rendormir. Finalement, nous réussissons toujours à nous rendormir 30-60 minutes avant que l’alarme ne sonne, alors nous sommes difficiles à réveiller!

Après un déjeuner éthiopien : nouilles aux légumes, riz avec sauce rouge et jus de mangue, nous sommes prêts à partir. Kuncho, notre chauffeur, vient nous chercher à 7h30, comme prévu.  Nous avons un bon 4×4, un Toyota Land Cruiser.

Je vous présente Kuncho, notre chauffeur pour les 8 prochains jours:

 

Nous saluons nos gardiens de l’hôtel et que l’aventure commence! 

Kuncho nous met de la musique des années 70 et 80! Nous avons bien du plaisir et nous chantons sur la route.  Les paysages sont magnifiques entre Gondar et les Siemens.

Après 2 heures, nous arrivons au village Debark (svp, pas de jeux de mots!) où nous embarquons deux hommes : celui qui sera notre guide ainsi que celui qui sera notre gardien de sécurité pour la randonnée. Nous nous enregistrons au Parc national Siemens Mountains et nous partons. Un autre arrêt pour prendre notre pique-nique : sandwiches au thon, à l’omelette ou aux légumes. Nous choisissons les trois sortes ainsi que des bananes et nous repartons.

Joshua, notre guide, parle très bien anglais avec un accent British et nous en profitons pour lui poser des questions sur l’Éthiopie. Le gardien ne parle pas anglais, il est très souriant et il est accompagné de sa super mitraillette pour surveiller on ne sait pas trop quoi.

En chemin, nous passons dans un village où il y a un marché de bétails (bœufs, chèvres, moutons) et c’est très achalandé. Impossible de ne pas nous arrêter. Nous allons prendre des photos tout en faisant attention de ne pas nous faire encorner par les bœufs qui se promènent partout. C’est vraiment intéressant, car nous n’avions jamais vu quelque chose de semblable.

Nous finissons par arriver dans le Parc National et accéder au sentier de randonnée. Kuncho poursuit sa route en jeep, pendant que nous marchons dans un sentier avec nos deux amis. Nous sommes à 3600m d’altitude, l’air est frais, mais le soleil est chaud, c’est la température parfaite pour la randonnée (environ 22c). L’endroit est magnifique avec son plateau et ses canyons. Les odeurs de thym sauvage, de roses et d’eucalyptus nous enivrent. Comme c’est la saison sèche, les petites buttes de foin sont beiges et les arbres sont vert foncé. Le contraste est superbe. Nous marchons en jasant, et Audrey n’hésite pas à demander à « Mitraillette Man » de se placer à des endroits précis pour le photographier. Il est très gentil et prend la pose avec plaisir.

Environ une trentaine de minutes de marche plus tard, nous apercevons au loin, les babouins Géladas, aussi appelés les singes lions. Ils se distinguent par leur poitrine rouge. Ils sont herbivores et nous les retrouvons seulement en Éthiopie, plus spécifiquement, ici, dans les montagnes des monts Siemens. C’est incroyable comment nous pouvons les approcher. Ils sont calmes et nous nous mélangeons facilement avec eux. Nous pouvons prendre de belles photos pendant que les babouins continuent leurs occupations journalières (manger, enlever les poux de leurs proches, se chamailler et faire l’amour).

Ils grattent le foin et les fleurs avec leurs petites mains noires et les arrachent pour manger les racines. Nous les observons pendant une heure et décidons de prendre notre lunch au milieu du groupe de singes. Nous avons la vue sur les canyons. Wow! L’expérience est unique, incroyable et restera graver dans notre mémoire pour toujours.

Après notre lunch, nous poursuivons notre randonnée pour admirer les paysages.  Nous arrivons au bout du plateau et avons une vue du canyon.  c’est vraiment incroyable.  Comme c’est la saison sèche, il est inutile pour nous de se rendre à la chute.  Nous décidons juste de profitez plus longuement de notre rando.

Sur le chemin, nous croisons plusieurs enfants qui vendent de l’artisanat local et quémandent de l’argent en échange de photos. C’est dommage et c’est sûrement la raison pour laquelle «Mitraillette man » nous suit. Il ne veut pas qu’on se fasse trop harceler. Pratiquement arrivés au jeep, où notre chauffeur nous attend, nous croisons un autre groupe de jeunes et ceux-ci nous chantent une chanson de bienvenue. Nous décidons de participer, car ils sont trop mignons et cédons à leur donner quelques birrs pour les remercier.

Nous reprenons la route en jeep et chantons tous en chœur : « I feel good » qui joue à la radio.  Nous arrivons à Debark, c’est un village rural classique africain.  Nous sommes bien loin des grands centres!

Nous arrivons à note hôtel de Debark. C’est très basic, mais nous n’y serons qu’une seule nuit. Nous avons deux bungalows. Nous sommes accueillis avec du popcorn et du thé, c’est bien apprécié. Nous prenons nos douches et c’est une expérience en soi!

Sophie commence et c’est seulement de l’eau froide (complétement gelée) qui tombe. Elle ne s’en plaint pas trop et réussit même à se laver les cheveux. De notre côté, nous ouvrons le robinet d’eau chaude, il ne tombe que trois gouttes! Je ne suis pas capable de me mouiller sous l’eau froide. Steve va chercher le manager et finalement, il nous raconte que la ville est sans eau! Steve lui montre le réservoir d’eau chaude situé au-dessus de la douche, le manager ressort dehors et par magie il réussit à trouver de l’eau. Mais pour la pression d’eau, on repassera, car il ne tombe qu’un mince filet d’eau. En tout cas, on réussit à se mouiller et ce n’est pas ici que je vais laver mes cheveux frisés!

Il est 18h30 et notre guide Joshua arrive à notre hôtel, pour aller souper tous ensemble. Nous commandons du riz et des pâtes aux légumes, et la lumière s’éteint. Ici, tout semble normal, car ils manquent souvent d’électricité. La lumière revient et repart! C’est comme dans une discothèque. Nous rions et nous finalisons notre repas éclairé par les i-phone! Nous sommes épuisés. Joshua avait prévu nous apporter à une fête pour prendre du vin hydromel, mais nous refusons l’invitation, car nos yeux se ferment tout seuls. Nous lui faisons nos adieux et retournons à l’hôtel. Il est 20h15 et nous nous endormons en rêvant aux babouins.

Aksoum, la ville des trois Rois mages

Jour 4

Jeudi 21 février
Une autre nuit difficile. Les matelas étaient durs comme de la roche et les oreillers… ça pis une bûche de bois, c’était pareil. Nous avons dormi sur nos vêtements que nous avions insérés dans les taies d’oreillers. Nous entendions nos voisins ronfler et les chants religieux ont joué de 2h à 7h du matin. Sophie est la seule qui a réussi à faire une nuit complète. Son secret? Prendre une bonne douche froide avant de se coucher!

Pour déjeuner, on nous sert des crêpes-omelettes. Vous vous demandez peut-être ce que c’est? Il s’agit d’une omelette qui goûte la crêpe ou si vous préférez, d’une crêpe qui goûte l’omelette. Finalement, le serveur élucide le mystère lorsqu’il nous demande : « Est-ce que vous voulez une autre crêpe? »  Il y a aussi du pain, des bananes, du beurre de peanut, de la marmelade et du thé. On se débrouille avec ça!

Départ vers 8h15. Objectif : 6 heures de route pour aller à Aksoum. Nous sortons des hauts plateaux pour descendre dans les plaines. Ça tourne! La vue est belle, ça ressemble à un mélange de Monument Valley, du Grand Canyon et de la Jordanie. Nous suivons une van pleine à craquer et Kuncho nous informe que ce que nous voyons sur le toit est une dépouille. Le corps est étendu sur un brancard et recouvert d’une bâche mauve. C’est assez spécial. Nous espérons qu’il ne tombe pas compte tenu que nous tournons beaucoup.

Nous devons ralentir souvent pour laisser passer des animaux. Beaucoup d’ânes, de chèvres, de moutons et de vaches qui partagent la route avec nous. Il n’y a vraiment pas beaucoup de véhicules (motos, autos, camions, autobus) jusqu’à maintenant. Tout le monde marche. Et de très longues distances. Nous voyons des enfants marcher pour l’école sous l’étouffante chaleur. Certains doivent marcher 2 heures sur le bord des routes sinueuses et montagneuses. C’est impressionnant. Kuncho nous explique que l’école est gratuite et qu’il y a deux horaires d’école, soit le matin de 8h00 à 12h30 pour un groupe et de 12h30 à 17h00 pour le deuxième groupe. Cette façon leur permet de pouvoir aller à l’école une partie de la journée et de pouvoir aider leurs parents dans l’autre partie. Les écoliers sont bien jolis avec leurs gilets de laine soit tous bleus ou tous rouge dépendamment de l’école où ils vont. La plupart d’entre eux se tiennent par la main ou par l’épaule et marchent dans la rue en groupe. Ils nous saluent et nous sourient lorsque nous les dépassons.

Une fois arrivés dans la plaine, nous apercevons notre premier dromadaire. Il est enseveli sous une montagne de foin. On croirait voir une botte de foin à 4 pattes!

En parlant de foin, la majorité des gens sont des agriculteurs et nous avons constaté qu’ils entreposent leur foin dans les arbres. Comme il y a beaucoup d’animaux libres (sans clôture), c’est la façon la plus sécuritaire pour protéger le foin.

Nous arrêtons mettre de l’essence. Il n’y a pas de « dépanneur » annexé. Ce ne sont que des postes à essence en plein soleil. Nous traversons plusieurs petits villages. Comme il n’y a pratiquement jamais de voiture sur la route, les gens sont tous en plein milieu du chemin à discuter entre eux. Quelques coups de klaxon et les gens se déplacent tranquillement sur le côté. Souvent, des gens nous tendent la main pour avoir un lift, mais ce n’est pas possible de les embarquer.

Nous arrêtons dîner dans une plus grande ville. La bouffe est correcte. Plus loin, un groupe d’hommes marchent en se tenant par la main et escortés par des policiers. Notre chauffeur nous dit que ce sont des prisonniers. Rien de moins. Ils sont allés faire des travaux communautaires. Ce ne sont pas de grands criminels, car il nous explique que les meurtriers sont exécutés. D’ailleurs, jusqu’à maintenant, toutes les villes sont sécuritaires à 100% et nous pouvons marcher le soir.

Finalement, nous arrivons à Aksoum (2130m d’altitude), l’une des dernières cités des grandes civilisations de l’Antiquité. Aksoum est une ville avec tout plein de mystères et d’histoire. De quoi fasciner les amateurs d’Indiana Jones. C’est ici qu’a vécu la légendaire reine Saba (Xe siècle av J-C). Un des trois Rois mages est né ici. Également, la légende dit que dans l’une des chapelles de la ville se retrouverait l’Arche d’alliance contenant les dix Commandements. Toutefois, personne ne peut la visiter et seul un moine « gardien à vie » peut y entrer.

Il y plusieurs obélisques antiques disséminés un peu partout dans la ville. Ce sont d’immenses pierres tombales sculptées dans le granit. Les sites archéologiques sont encore embryonnaires (10% fouillés). Ils ont découvert que sous les obélisques reposaient des tombeaux de rois avec soit disant leurs trésors, mais ceux-ci auraient été pillés.

Nous visitons ses chambres funèbres souterraines. Il y a un tombeau en granit très mystérieux qui repose dans l’une des chambres. Ce tombeau est un monobloc de granit (sans fissure ou craque), mais lorsqu’on cogne dessus avec une pierre, il sonne vide ou creux. Comme s’il y avait quelque chose à l’intérieur. Les autorités sont actuellement à attendre une machine à Rayon X afin de découvrir ce qui se cache dans ce tombeau.

Ensuite, nous visitons une église qui a de belles fresques bibliques peintes sur les murs extérieurs. C’est tout de même unique de voir ça. Juste en face se trouve l’immense bain de la reine Saba. C’est ici que les gens viennent se faire baptiser. Aujourd’hui, nous voyons des jeunes hommes et quelques adultes s’y laver.

Nous prenons le jeep pour nous rendre au tombeau des trois Rois mages. Nous descendons dans la chambre funéraire où il y a trois cases vides. Selon la légende, les trois Rois mages auraient été ici, mais ils ne sont plus là! Le mystère plane encore aujourd’hui.

Aksoum reste une ville forte intéressante pour les amateurs d’histoire et d’archéologie, sinon celle-ci reste une étape vers la région de Tigré.  Nous entrons à l’hôtel (Ethiopis Hotel Aksum) ethopishotel.com/ et décidons d’aller manger une pizza au restaurant Kuda Juice and Pizzeria. Très branché, il est plein à craquer de gens locaux habillés à la mode. Nous réussissons à trouver les 4 dernières places. La pizza est très bonne et nous passons une belle soirée à discuter de la vie avec nos filles. C’est l’fun d’avoir le temps d’être ensemble sans cellulaire et sans être pressés. Nous retournons nous coucher vers 21h30.

Il est où le bonheur

Jour 5

Vendredi 22 février
Première bonne nuit de sommeil. Nous sommes de retour à la normale. Yé!  Nous déjeunons et partons à 9h00. Kuncho est toujours à l’heure et toujours souriant. C’est un excellent chauffeur. Il a 26 ans et ça fait 8 ans qu’il fait ce travail. Son anglais est de base, mais fonctionnel. Il est serviable, généreux et nous met de la bonne musique.

Deux heures de route plus tard, nous arrêtons dans un petit village (Bizet) et embarquons notre guide pour la prochaine aventure, Peter (Petros Kahsay).  Aujourd’hui, notre plan est de faire un  »Community Trekking » dans la région du Tigray.  Il y a toutes sortes de rando, relié à des lodges en montagne.  Il est facile de faire plusieurs jours de trekking.  Nous avons opté pour deux jours de rando et une nuit.  La route pour se rendre dans la région de Tigray est magnifique avec ses routes en lacets et ses vues à couper le souffle.   On y croise plusieurs petits villages en montagne.

Avec Peter, nous allons nous installer dans un restaurant pour discuter de ce qui s’en vient et faire préparer un lunch pour manger pendant notre randonnée. 5 sandwiches omelettes, tomates, oignons, et 2 Coke. Pas besoin de plus! Nous disons à notre guide que ce que nous aimons, c’est rencontrer des gens, pas seulement marcher pour atteindre un but. Il est bien d’accord avec ça et nous dit que c’est ce qu’il aime lui aussi. Il est très sympathique et nous constatons rapidement que c’est un match parfait entre nous 5. Nous lui demandons son âge, il voulait que nous devinions. Nous lui donnions 25 et il a 27 ans. Nous lui demandons d’essayer de deviner le nôtre. Croyez-le ou non, il a réussi du premier coup!

Voici Peter (Petros Kahsay), notre guide de rando pour les deux prochains jours:

Petros Kahsay

Kuncho nous apporte au point de départ de la randonnée en montagne. La route est cahoteuse et ça brasse. Ils appellent ça : les massages africains. Nous arrivons dans un petit village en haut de montagne (Rahiya) où nous prenons les 2 ânes qui transporteront nos bagages. Il y a deux hommes qui s’occuperont des ânes qui se joignent à nous, dont un ami de Peter, Charlie, qui est tout un personnage. Il porte un veston et un pantalon bleu foncé et une chemise mauve. Il a des sandales en plastique vert et orange, et une canne en bois. (C’est vrai, j’ai oublié de vous dire que la majorité des hommes ont un bâton ou une canne. Cela leur sert pour taper les animaux qu’ils promènent ou qu’ils pourraient rencontrer sur leur chemin. Ils la portent souvent sur leurs épaules.) Peter nous raconte que Charlie, 45 ans, est allé à un mariage hier et qu’il n’a pas beaucoup dormi. Il est très souriant malgré sa fatigue et il ne pense qu’à faire des niaiseries avec Peter. Il tente souvent de lui courir après pour se chamailler. Ses vêtements ne sont pas très propres et Peter rit de lui. On ne comprend pas trop pourquoi il porte encore cet habit! Mais cela lui donne tout un style!

Voici Charlie le muletier:

Et voici Omari le deuxième muletier:

Donc, nous voici bientôt prêts à partir. Plusieurs villageois s’agglutinent autour de nous et nous regardent nous mettre de la crème solaire. Nous en profitons pour les prendre en photo et leur montrer leur portrait. Nous pouvons partager un peu avec eux et Peter peut traduire.

Il est 13h00, il est temps de dire au revoir à Kuncho. Presque tous les gens qui étaient avec nous embarquent dans notre jeep. C’est bon de savoir qu’il ne repart pas vide et qu’il rendra service à quelques personnes.

Nous rencontrons tout de suite une école et en profitons pour la visiter, car nous sommes déjà vendredi et demain, tout sera fermé. Nous allons voir le directeur et il nous emmène visiter la classe des plus jeunes. La plupart des enfants nous regardent avec de grands yeux et une main sur la bouche, nous donnant l’impression qu’ils ont rarement vu d’enfants Occidentaux. Il faut dire que la moyenne d’âge des visiteurs semble être 65 ans.

Sophie leur montre des photos du Québec, ils s’empressent de l’entourer. Ils sont plus impressionnés par elle que par les photos.

En changeant de classe et passant par l’extérieur, nous déconcentrons un peu les élèves et même les professeurs.  Les enfants jouent à la corde à danser et au soccer.  Malheureusement, il n’y avait pas de volleyball, nous aurions bien aimé faire une petite partie avec eux!

Nous visitons la classe des 10-12 ans et Peter leur demande de nous chanter leur hymne national. Ils se lèvent, se mettent la main sur le cœur et l’entament solennellement. Nous les applaudissons. Peter nous fait une excellente surprise et nous annonce qu’à notre tour nous devons chanter l’hymne canadien. Nous nous regardons tous les 4 et rions. Après un moment de silence, nous nous élançons dans notre chant des plus mélodieux, connaissant notre talent de chanteurs. Après quelques erreurs et fous rires, nous nous faisons applaudir avec enthousiasme. Quelle expérience!

Nous repartons et nous saluons plusieurs personnes que nos guides connaissent sur notre chemin. La manière de saluer est bien simple : tu donnes la main droite et tu cognes ton épaule droite trois fois avec celle de ton ami. Nous rencontrons beaucoup de monde, et nous sommes sept, alors imaginez le nombre de coups d’épaule que nous avons donnés!! Surtout que la plupart des gens marchent en groupe de 3. Faites le calcul!

Il est 14h30, j’indique à Peter que nous avons faim. À l’ombre, nous trouvons un tronc d’arbre renversé pour nous asseoir. Nous accompagnons nos sandwiches de chips. Notre guide ouvre les deux bouteilles de Coke avec ses dents et nous rions de lui. Il nous dit qu’il n’y voit aucun problème! Steve va faire pipi dans les bois, pendant que les trois filles, nous nous retenons. Notre guide en profite pour s’emparer de la caméra de Steve et le filmer à son insu pendant que nous rions.

Nous repartons et allons visiter une ferme sur notre chemin. Le fermier est très content de nous rencontrer et parle un peu anglais. Ses terres sont belles et fertiles. Elles sont situées au pied d’une magnifique montagne en roc orangé. Il a fini de labourer son champ et c’est maintenant au tour de sa femme de travailler. Elle ramasse le foin sec pour en faire un sac et le transporter sur son dos. Un de ses fils apprend à labourer avec deux bœufs comme dans le temps de nos grands-parents. La scène est belle et le moment est comme nous les aimons. Nous montrons des photos de notre maison et de la neige au Québec. Ça fait toujours rire les gens.

Nous croisons sur notre chemin une jeune fille qui transporte de l’eau sur son dos.  Le puis de la maison est à environ un kilomètre et c’est elle qui transporte le gros bidons jaune pour alimenter la maison en eau.  Audrey tente de soulever le bidon et elle y arrive à peine.  C’est incroyable de voir cette jeune fille faire toute cette distance à chaque jour avec un tel poids.  Nous arrivons à sa maison et elle décide de nous la faire visiter.  Elle est très fier de poser avec Audrey.  Nous constatons rapidement qu’ils vivent avec le strict minimum, mais ils sont heureux, c’est ça l’important!

Il est temps de repartir et de commencer à grimper la montagne de roches. Cela semble bien haut et loin, mais en 15 minutes, nous sommes déjà à mi-chemin. Heureusement que nous avons les ânes. C’est très essoufflant. Nous nous arrêtons pour admirer la vue. Peter en profite pour nous parler de l’histoire des conflits avec l’Érythrée, son pays natal. Il est vraiment intéressant à écouter. Les filles sont d’accord qu’avec un professeur comme ça, tous les cours seraient l’fun. Pendant ce temps, Charlie et son Abraham, nous attendent un peu plus loin.

Nous faisons les derniers efforts pour monter. Nous n’avons aucune idée à quoi nous attendre comme endroit pour dormir et comme lieu final de notre destination. C’est pourquoi nous manquons nous évanouir lorsque nous apercevons le refuge (Erar community guest house), seul sur le plateau d’un sommet de roc rouge, entouré de précipices. Nous nous pinçons pour y croire. C’est magique comme lieu. Il est 16h30 et le soleil nous donne une lumière magnifique.

Les ânes vont au refuge avant nous et déposent nos bagages pendant que nous allons au bord de la falaise et que nous constatons vraiment où nous sommes. Les filles n’en croient pas leurs yeux. Peter aime bien nous faire peur en grimpant sur une roche trop près du bord à notre goût. Sophie et moi fermons nos yeux. Il est trop fou pour nous. Audrey, qui n’a peur de rien, y va à son tour. Ils restent assis ensemble pendant que nous partons vers le refuge. Ils discutent de la vie et Audrey lui partage quelques photos sur le cellulaire de Steve. Entre autres, des photos de Noël où il ne reconnaît pas les filles. Il a l’impression qu’elles ont 25 ans! Elle lui montre des photos où elle joue au volley-ball. Il lui apprend qu’il joue lui aussi et qu’il est passeur. Bref, ils passent un beau moment ensemble.

Pendant ce temps, nous allons au refuge. Nous nous demandions qui allait faire le souper. Ce ne sera pas nous, car il y a 3 femmes ainsi qu’un surveillant (un autre monsieur mitraillette), et ça sent vraiment bon. Plus d’inquiétude à ce sujet.

Sophie et moi allons visiter la toilette. Ce n’est pas un trou, c’est un trône. Trois marches à grimper et le bol est là, en bois. Il y a même un volet qu’on peut ouvrir pour faire ses besoins et admirer la vue! À l’extérieur, il y a un pichet d’eau, un savon et un bol de plastique pour nous laver les mains. Tout est parfait, même si tout est de base.

Nous allons nous asseoir sur le bord de la falaise pour profiter du moment. Nous avons la vue sur la montagne de Adwa et Nebulet pillars, c’est magnifique.  Audrey et Peter reviennent. Nous dégustons un thé au thym et du pain style croûte de pizza (Ambasha bread ou Himbasha) tout droit sorti du four, c’est délicieux!  Himbasha est un pain érythréen et de la région du Tigray qui est nature et légèrement sucré. Il est populaire dans la cuisine du Tigray et est souvent servi à des occasions spéciales comme Pâques. Il est préparé dans un certain nombre de variétés; cependant, l’arôme le plus distinctif est les graines de cardamome moulues.

Pendant ce temps, Peter et M. mitraillette vont tuer la poule qui nous servira de souper. Sophie est la seule qui les accompagne. Ils font ça dans un grand respect, précédé d’une prière. Ils remettent le poulet aux cuisinières et nous repartons visiter le reste du plateau pour voir d’autres points de vue et le coucher de soleil.

 

Des cactus, des gros tocs, de l’aloès et des milliers de roches rouges longent notre parcours. Peu importe dans quelle direction nous regardons, tout est à couper le souffle. Et au fil du temps, le soleil descend, les couleurs changent et le paysage se transforme.

Nous trouvons un rocher qui semble tomber dans le vide. Évidemment, Peter s’empresse d’y monter et de s’y tenir en équilibre pour nous faire peur, et parce qu’il carbure à l’adrénaline. Il se met dans une position où on dirait qu’il va tomber par en arrière. Il nous confirme qu’il n’a peur de rien et qu’il essaierait le parachute sans hésiter. Comme on devait s’y attendre, Audrey qui elle aussi est motivée par les défis, décide d’aller sur le rocher. Nous lui donnons la permission, si elle reste assise!

Le soleil tombe et le ciel devient mauve et jaune. C’est quelque chose que nous n’oublierons pas de sitôt.

Nous retournons au refuge tranquillement en discutant. Une cérémonie du café nous attend.  Du gazon frais est déposé dans la pièce où nous nous installons. Une femme accroupie fait brûler les grains frais de café dans une petite casserole sur un feu au charbon placé au sol. Une fois les grains bien torréfiés, elles les placent dans un mortier pour les mouler avec un pilon. Elle répétera cette action à quelques reprises. Peter profite de ce moment pour nous raconter l’histoire du café en Éthiopie. Le café serait originaire d’ici, une ville qui s’appelle Caffa. La tradition veut que nous buvions trois petites tasses. La première étant plus concentrée jusqu’à la dernière qui est plus diluée. Le café est enfin prêt. Les arômes envahissent la pièce. Cette cérémonie prend au minimum une heure et est prise au sérieux pour les Éthiopiens. Si tu reçois une invitation, il faut absolument boire les trois tasses, sinon c’est considéré comme une insulte. Nous dégustons le café et celui-ci est sublime. Pas besoin de sucre, ni de lait, il se boit tout seul.

Le souper arrive, c’est un plat éthiopien appeler le silsi. Ce sont des morceaux de poulet dans une sauce rouge épicée et des œufs à la coque accompagnés de riz. C’est délicieux malgré les épices qui font couler notre nez!

Nous discutons toute la soirée. Notre guide est un bon conteur et il aime raconter des blagues. Nous expliquons les différentes sortes de blagues que nous avons au Québec : joke sur les blondes, les Newfies. Et il nous explique qu’ils ont leur variante eux aussi. Comme nous nous sentons très près de lui, nous lui racontons 2 blagues sur les Éthiopiens. Il est crampé!

Vers 21h00, Steve nous entraîne dehors pour voir les étoiles. Il n’y a aucun nuage et nous voyons des étoiles comme jamais auparavant. C’est soir de pleine lune, mais elle n’est pas encore sortie. Il y a une lueur à l’horizon : elle va bientôt se pointer. Mais des nuages commencent à apparaître et empêchent la lune de nous éclairer. Nous décidons de faire des niaiseries pour attendre : nous dansons, nous chantons, nous demandons à la lune de sortir en criant avec les bras dans les airs: Full Moon! Full Moon! Full Moon! Nous rions tellement. Audrey va même jusqu’à nous rapper du Eminem a capella!

Les filles vont chercher leur cellulaire et nous écoutons des chansons en anglais qu’il connaît et que nous pouvons tous chanter. Nous lui faisons écouter quelques artistes québécois comme Loud. Il est 21h30 et nous n’abandonnons pas même si nous sommes vidés. Nous utilisons même notre lampe de poche comme stroboscope. Peter est vraiment drôle. Il embarque dans toutes nos folies et est très bon pour en faire des nouvelles. Il fait semblant de jouer du violon ou de filmer les filles pendant qu’elles dansent.  Certaines chansons plus que d’autres trouvent du sens et nous rejoignent tous les 5 : « We are from the north, you came from the south, we are the nation…” Nous la chantons tous en chœur. La lune traverse presque les nuages, il est maintenant 22h15, et quand nous chantons: “Il est où le bonheur? Il est là.” de Christophe Maé, elle décide de faire son apparition. Elle nous éclaire tellement, c’est fou. C’est un moment assez magique. Nous traduisons à notre guide ce que cela veut dire et il chante avec nous. Nous nous serrons dans nos bras et célébrons cet instant.

Il est maintenant l’heure d’aller nous coucher. Nous sommes tous excités par la journée que nous venons de vivre. Comme il n’y a pas de salle de bains, nous brossons nos dents dehors. Audrey dort dans la même chambre que moi. La porte se décroche presque, Peter vient essayer de nous aider, mais nous dit : « Je suis juste un guide, pas un menuisier! » Finalement, pas besoin qu’elle se ferme complètement, nous ne courons pas grand danger, isolés au sommet de cette montagne. De plus, nous avons un scout avec une mitraillette qui nous surveille durant la nuit.

Couchées dans nos lits, nous écoutons le silence. Pas un seul bruit. Nous allons sûrement bien dormir.  Je me couche en repensant à tout ce qui vient de se passer en une seule journée et je m’interroge : « Il est où le bonheur? ». Ma réponse est simple et sans équivoque. Le bonheur, aujourd’hui, il était ici, en Éthiopie.

Abuna Yemata Guh

Jour 6

Samedi 23 février
Je n’ai pas dormi de la nuit. Trop d’émotions dans une seule journée. Impossible. Mon cœur est trop plein. Ma tête ne peut arrêter de revivre tout ce qui s’est passé. Les chansons jouent en boucle dans ma tête. Peter est trop incroyable. Qui l’a mis sur notre chemin? Comment arrivons-nous à vivre des moments aussi intenses sans les avoir planifiés d’avance? Pourquoi Peter nous ressemble autant? Même humour, même énergie. Il s’entend bien autant avec nos deux filles qu’avec nous. La vie est parfaite des fois!

Le soleil se lève sur la casa et peinture le ciel de tous couleurs, comme il nous l’a laissé hier soir!

J’ai peut-être dormi 60 minutes, pas plus. Je n’arrêtais pas de penser. Je suis fatiguée, mais comblée.  Tant qu’à pousser les moments magiques, pour déjeuner, les gens installent la table à l’extérieur du refuge, sur le bord de la falaise. Nous prenons notre meilleur déjeuner depuis le début : œufs brouillés avec légumes, pain style pâte à pizza sortant tout droit du four, miel éthiopien maison avec un thé ou un café. C’est un régal!

Avant de partir du Québec, nous avions imprimé 2 photos de famille dans le but de les donner aux 2 personnes qui nous toucheraient le plus pendant notre voyage. Il n’y a pas de doute que Peter en mérite une. Je lui écris un mot de remerciement à l’endos. Nous avons également apporté un petit haut-parleur bluetooth en nous disant la même chose. C’est à l’unanimité que nous décidons de lui remettre : il aime la musique et son cellulaire est bluetooth. Nous lui donnons ce cadeau en lui disant qu’il est une personne très spéciale et qu’il nous a beaucoup touchés. C’est tout en émotion que nous lui remettons. Il regarde ça et n’en croit pas ses yeux. Il nous avoue qu’il n’en a vu que dans les films américains. Il le prend avec beaucoup d’amour et nous sert tour à tour dans ses bras. Difficile de retenir nos larmes.

Avant de redescendre, nous remettons un pourboire aux 4 personnes de l’endroit qui ont rendu cette aventure encore plus merveilleuse. Ils sont contents et nous disent au revoir. Charlie et Abraham reviennent avec les ânes. Toujours en veston, toujours souriant. Peter et moi rions en pensant qu’il s’habille tous les jours ainsi en espérant croiser un mariage et être toujours prêt à faire la fête!! Il lui explique notre blague et Charlie sourit, probablement en accord avec nous.

En attendant que nous fermions les sacs, Peter et les filles jouent au volley-ball. Cela consiste à se faire des passes avec un ballon invisible et à attaquer. Les trois ont du plaisir, c’est ce qui compte! Ahahah!

Une fois les sacs déposés dans les paniers sur les ânes, nous pouvons partir vers une nouvelle direction. Un dernier regard en arrière. Toute bonne chose doit avoir une fin. Adieu site magnifique!


La température est parfaite, environ 24C. Il y a toujours un petit vent pour nous empêcher de mourir au soleil. Quelques nuages pour nous faire de l’ombre de temps en temps. La descente se fait bien, les roches sont adhérentes.

Nous arrivons dans une clairière où nous avons une vue sur le plateau de notre casa d’hier.  Sur le fond de la rivière, il y a un puis où les gens du village viennent receuillir leur eau.  Il y une jeune fille qui puisse l’eau et Audrey décide de lui donner un coup de main!

Nous avions apporté des toutous pour donner, alors Peter nous arrête dans une maison pour en faire le don. Cogne, cogne! Nous entrons. La maison est autant pour les animaux que pour la famille. Toujours spécial. Il y a bien une division pour le dodo, mais reste que l’enceinte intérieure est parsemée de foin, de petits cacas et de mouches.

Les gens sont très accueillants et voudraient nous offrir du café, mais comme nous savons maintenant que c’est un peu long, nous les remercions en leur disant que nous manquons de temps. Charlie est toujours découragé quand on nous propose le café, car il sait que c’est interminable. Il me prend le bras en feignant de nous sauver ensemble de cette situation. Il me fait rire et il pense tellement comme moi!

Une maman allaite son enfant pendant que nous lui parlons. Nous constatons que le sein est très amovible, car l’enfant en fait un peu ce qu’il veut. Nous donnons deux toutous ici : une maman Léopard et son bébé; c’est drôle de voir la réaction des enfants. Comme ils n’ont jamais vu un toutou et que c’est un animal dangereux de la région, ils ont un peu peur. Celui qui se fait allaiter ne veut rien savoir. Et même quand la peluche lui touche la jambe, il n’aime pas ça. Le plus vieux des trois voudraient bien lui aussi recevoir quelque chose, mais nous n’avons que des jouets de bébé. Nous lui donnons un bonbon à l’érable, même si cela n’est probablement pas ce qu’il aurait souhaité.

Nous allons dans une autre maison, un peu plus grande cette fois-ci. Il ne nous reste que 4 jouets à donner. Le problème est que notre arrivée attire le voisinage et que le nombre d’enfants augmentent malgré nous. Je dis à Peter que nous n’avons que 4 items à donner et que nous ne voulons pas provoquer de chicane. Finalement, nous n’avons pas le choix, nous sortons poupée, pouliche, marionnette et petit téléphone jouet. Cela se passe très bien et nous réussissons à nous en sortir.

La femme de la maison voudrait bien qu’on prenne du temps pour un petit café et elle nous offre du pain injera. Nous feignons que nous avons le ventre plein, car du injera sans accompagnement ne nous tente vraiment pas. Steve décide de se sacrifier pour la famille, mais le goût est pire que pire. Il doit garder le morceau dans sa bouche et trouver un endroit pour cracher. Il réussit à s’en débarrasser mais en garde un mauvais goût dans la bouche et une mauvaise expérience.

Nous quittons les lieux et nous voyons un agneau. Sophie veut absolument le prendre dans ses bras. Elle tente de l’attraper, mais celui-ci lui glisse entre les mains. Les enfants de la maison viennent à la rescousse et eux aussi veulent l’attraper. Finalement, c’est Sophie qui réussit à l’attraper. Elle le caresse tendrement et ceci fait sa journée!

Nous déposons l’animal et reprenons notre marche. En regardant en arrière, nous voyons les enfants jouer avec leurs toutous. Ils sont tous heureux et ont un immense sourire.

Durant nos deux jours de randonnées, aucun enfant ne nous a demandé de l’argent ou des crayons. Ils ne sont pas encore habitués au tourisme de masse. C’est vraiment plaisant, car ce n’est pas le cas dans les autres villes ou villages où tu es harcelé tout le temps.

Nous arrivons finalement à notre destination. Kuncho nous attend avec le jeep, nous prenons une route cahoteuse pour 1 heure jusqu’au lodge Gheralta. Wow, c’est un hôtel 5 étoiles. Le proprio nous a réservé la chambre familiale. D’ailleurs, nous apprenons que c’est ici que Georges W. Bush est resté lors de sa visite en Éthiopie. Ce sont des petits bungalows traditionnels faits en pierre avec un toit de terre et de foin, mais très luxueux.

 

Il est temps de se séparer de Peter. Nous parlons comme si de rien n’était, et je suis incapable de ne pas pleurer. C’est plus fort que moi. Je déteste ce moment précis où tu sais que dans quelques minutes ce sera fini, tu ne reverras plus jamais la personne. Je n’aime pas les départs. De me voir pleurer, toute ma famille se met à pleurer. Peter doit nous consoler toute la gang! Il sert les filles dans ses bras, les deux en même temps et leur dit : « N’oubliez jamais que vous avez de bons parents. » Wow! Nous pleurons de plus belle! C’est vraiment difficile de le laisser partir. Adieu Peter! Merci pour tout!

Nous avons juste le temps de déposer nos bagages, que c’est déjà l’heure du dîner. Tous les clients mangent en même temps, malgré que ce soit un buffet. Le repas est délicieux. Ce sont des pâtes comme à la maison.

Nous avons un petit deux heures pour nous reposer, car nous quittons à 15h00 pour aller faire une randonné. Nous allons monter le Abuna Yemata Guh, dans la chaîne du Gheralta.  Abuna Yemata est une église rupestre creusée dans le roc à flanc de montagne, 5 siècle AD. Elle est considérée comme l’une des églises les plus difficiles d’accès au monde,  »The church in the sky », car elle a une élévation de 2580 mètre d’altitude, incluant de l’escalade!

Kuncho, nous présente, Aminé, notre guide local pour réaliser cette ascension.  Il est très calme et rassurant, car il fait se circuit pratiquement à tout les jours avec des groupe de touristes.  Il est toutefois, difficile de s’attacher avec lui, car nous avons encore le cœur gros du départ de Peter. Je vous présente Aminé:

Nous arrivons sur le site et nous voyons 6 autobus de stationnés. Nous regardons la montagne et elle est envahie par des locaux. Nous voyons le parcours facilement, car tout le monde porte un foulard blanc et cela fait un tracé de blanc dans la montagne. Comme nous sommes en fin de journée, le groupe est sur leur chemin du retour. Heureusement.

Les premières 45 minutes se font relativement bien, car la pente n’est pas trop abrupte. Et tout d’un coup, le degré de difficulté s’accentue. Il faut commencer à utiliser ses mains pour gravir la montagne. J’ai mes premiers doutes. Finalement, le guide me convainc de poursuivre. « No problem! »

Nous arrivons au mur d’escalade. Et oui, il faut escalader une section d’environ 10 mètres. Arrivé à ce point, il y a encore des jeunes femmes qui descendent avec leur robe. Elles sont aidées par des hommes positionnés dans différentes sections du parcours. C’est incroyable qu’elles soient capables de faire ça avec leur robe. Nous regardons la scène, et nous avons notre deuxième appréhension. L’organisation semble très broche à foin et dangereuse.

Heureusement que Steve avait demandé d’avoir un harnais et une corde d’escalade pour sécuriser le tout. Reste qu’il faut tout de même escalader. Après plusieurs minutes de discussion avec ma gang et le guide, Aminé, je décide que ma rando se termine ici.  Je me trouve tout de même un beau spot pour admirer la superbe vue sur la vallée.

Steve et les filles veulent continuer. Nous laissons les dernières étudiantes descendre, car nous ne pouvons imaginer partager cette section avec d’autres gens dans le sens inverse. Je laisse Steve vous décrire ce qu’ils ont vécu.  Nous devons gravir le reste du chemin pieds nus, pour que les orteils s’accrochent mieux au rocher. Nous enlevons nos souliers et c’est Sophie qui est la première à attaquer le mur. Elle fait ça comme une championne, car elle défie sa peur des hauteurs. Audrey et moi suivons.  Notre guide, aidé par plusieurs autres guides accroché à la falaise, nous donne de bons conseils et nous réussissons cette étape critique.

Une fois le mur escaladé, il faut continuer l’ascension sur un parcours assez technique où il faut utiliser ses mains. Je considère que cette section est plus difficile que l’escalade, car il n’y a plus les hommes qui aident pour nous dire où mettre les mains et les pieds et elle se fait sans corde. De chaque côté, c’est la falaise avec une descente d’une centaine de mètres. L’adrénaline est dans le piton!

Nous arrivons dans le dernier droit. Les deux dernières minutes sont encore plus stressantes, car tu arrives sur une crête qu’il faut franchir. Tu marches en équilibre au bord du précipice de 200m. Le sentier n’a qu’un mètre de largeur. Le guide nous dit de ne pas regarder en bas et de nous concentrer. Facile à dire, mais pas toujours facile à faire!

Enfin, nous arrivons sur le flanc de montagne que nous devons contourner afin d’entrer dans la grotte qu’est l’église. Nous sommes les derniers arrivés et nous avons une visite privée avec le prêtre.

À l’intérieur, les fresques sont magnifiques et bien préservées.  Il y a plusieurs scène biblique.

 

La visite est terminée et il faut redescendre. Le prêtre ferme à clé la porte de l’église et redescend avec nous.  Quelques petites photos avant de partir pour immortaliser ce moment!

La prise de vue est à couper le souffle, mais il faut vraiment avoir des nerfs d’acier ou bien oublier la raison pour un moment pour faire cette ascension. Sophie et moi sommes gonflés d’adrénaline tandis qu’Audrey, elle, s’amuse sur le bord du ravin à discuter avec le prêtre. Elle veut même descendre et remonter pour prendre des photos.  À notre grande surprise, la descente se fait tout même mieux que nous l’anticipions.

Nous rejoignons Stéphanie sur le premier plateau. Nous fermons la marche avec les guides et les hommes qui aidaient. Wow, quelle randonnée et que d’émotions!

Nous arrivons au lodge vers 18h30 et assistons au magnifique coucher de soleil. Nous prenons nos douches bien méritées et allons souper vers 20h00. Encore une fois, le buffet est excellent. Nous regagnons notre chambre et avons l’impression d’avoir vécu deux jours dans un! Épuisés, nous nous endormons dans un lit douillet.

Maryam Korkor

Jour 7

Dimanche 24 février

Notre nuit a été parfaite. Nous n’avons plus de décalage horaire, alors nous avons un peu plus de difficulté à nous lever de bonne heure. Nous aurions le goût de dormir plus longtemps. Kuncho et notre guide d’hier après-midi, Aminé, nous attendent comme prévu avec à 8h15.

Comme je n’avais pas le goût de faire une autre randonnée et que j’avais le goût de relaxer (et que je n’avais pas le goût de mourir!) j’ai décidé de rester à l’hôtel et d’écrire nos aventures, puisque nous avons beaucoup de retard.  Steve, Audrey et Sophie partent pour la randonnée de 4 heures. Ils vont voir deux autres églises sculptées dans le roc et perchées en haut d’une montagne. La différence est que Maryam Korkor et Daniel Korkor sont deux églises accessibles sans escalade, donc ce sera juste une randonnée en montagne.

Je passe le flambeau à Steve pour l’écriture, puisque je n’étais pas là.

Nous quittons notre lodge et 20 minutes plus tard nous débutons notre ascension vers 8h45.  Zut, nous apercevons un groupe de marcheurs dans la montagne.  Nous y allons d’un pas rapide et après 10 minutes, nous dépassons déjà le groupe de touristes. En raison de l’altitude et de la montée assez à pic, nous perdons notre souffle très facilement, mais nous gardons le rythme afin d’être les premiers.  Nous arrivons sur un premier plateau. Jusqu’à maintenant l’ascension est relativement facile et la vue est superbe.  Aminé nous explique que la prochaine section sera un peu plus technique, mais rien à voir avec hier.  La pente est abrupte et nous devons utiliser quelques fois nos mains, toutefois, il n’y a pas de précipice, donc ce n’est pas effrayant.  Nous croisons des bergers et des prêtres qui descendent.  C’est incroyable comment ils sont habitués de se promener en montagne.  Ils dévalent la pente à toute allure!

Après une heure de randonnée, nous arrivons à la première église : Maryam Korkor.  Contrairement à hier, nous sommes les premiers et le prêtre n’est même pas encore arrivé!  Nous enlevons nos chaussures et attendons le prêtre pour entrer dans l’église.  Après 10 minutes, le voilà qui arrive.  Nous avons le droit, ce matin, à l’ouverture officielle.  Nous aurons donc vécu la fermeture et l’ouverture!  On dirait que c’est juste à nous que des aventures comme celle-là arrivent.

L’intérieur est très joli avec ses fresques et son toit en forme de coupole.  Elle ressemble beaucoup à ce que nous avons vu hier, mais les fresques sont moins bien conservées et l’église est beaucoup plus grande.  Après quelques photos et les informations qui ne finissent plus de notre guide, l’autre groupe de touristes arrivent.  Nous en profitons alors pour partir en douce!

Nous partons à l’autre église : Daniel Korkor.  En fait, elle est juste à côté, mais celle-ci est perchée sur le bord d’un précipice comme Abuna Yemata Guh (celle d’hier).  Toutefois, le sentier est plus large, donc moins épeurant.

Ici aussi, le prêtre n’est pas arrivé. Nous enlevons nos chaussures et l’attendons.  Finalement, c’est un jeune de 16 ans qui vient ouvrir la minuscule porte.  Nous pénétrons dans l’église qui est petite et toute mignonne.  Ses fresques sont bien conservées.  Nous discutons avec le gardien de l’église et nous apprenons qu’il étudie afin de devenir prêtre.  Nous le remercions de la visite et quittons l’endroit.

Sur le chemin du retour, nous croisons une religieuse.  Elle nous dit qu’elle n’a pas quitté la montagne depuis 67 ans.  Son dos est très croche et elle marche difficilement.  Nous lui remettons quelques birrs, car elle veut s’acheter des légumes.

Nous redescendons.  La vue est splendide et la température est encore idéale pour la randonnée.  45 minutes plus tard, nous sommes de retour au jeep.  Ce fut une très belle marche de 3 heures (et non de 4 heures comme prévu).  Nous la recommandons, car elle est moins dangereuse que Abuna Yemata Guh et nous voyons les mêmes paysages et le même type d’églises.

Nous allons rejoindre Stéphanie au lodge. Sur notre chemin, nous croisons de jolies petites filles devant une maison jaune et verte.  Impossible de ne pas arrêter pour des photos!  Elles sont trop chouettes et nous saluent en plus!  Nous débarquons du jeep et partageons un moment avec elles.

De retour au Geralta Lodge, nous sommes bien contents de retrouver Stéphanie.  Nous lui racontons notre avant-midi, nous remercions notre guide local Aminé qui nous a fait découvert ces mystérieuses églises rupestres à flanc de montagne.  Il a été un excellent guide de montagne, expérimenté, très calme et rassurant, il a été, sans contredit, la raison de la réussite de notre ascension de Yemata, hier.

C’est l’heure de quitter l’hôtel et repartir à l’aventure avec Kuncho.  Nous arrêtons dans le village de Hawzen pour aller dîner, car il est midi.  Nous ne voulons pas manger du injéra, donc notre commande est longue à préparer.  Après avoir mangé un immense riz aux légumes et mouton, nous quittons le restaurant en direction de notre hôtel à Wukro.  1 heure de route plus tard, nous arrivons au Wukro Lodge.  Encore en construction, ce lodge est construit avec des matériaux locaux.  Nous avons une belle hutte en pierres avec la vue sur la montagne et la ville tout en bas.   Malheureusement, les filles ne peuvent pas avoir de chambre près de nous.  Pas très pratique pour la famille.  En visitant les lieux, nous constatons qu’il y a une immense piscine, mais malheureusement il n’y a pas d’eau! Nous restons dans la chambre pour nous reposer et pour écrire nos textes.

Il est 19h00 et nous mangeons au restaurant de l’hôtel.  Ici aussi, c’est un buffet, mais rien à voir avec celui du Geralta Lodge.  Nous sommes toujours un peu déçus de nos repas depuis notre arrivée en Éthiopie. Nous mangeons rapidement et allons nous coucher.

Dépression du Danakil : l’endroit le plus chaud de la planète

Jour 8

Lundi 25 février
Ce matin, nous quittons le Wukro Lodge à 10h après un déjeuner bien ordinaire. Kuncho est toujours à l’heure et nous avise que nous allons rejoindre notre guide local et un autre groupe de touristes qui vont se joindre avec nous. Nous allons visiter la région du Danakil, l’un des endroits les plus arides sur la planète terre.  Le Danakil est situé à la frontière avec l’Érythrée. Pendant plusieurs années, cette section du pays était en conflit armé. C’est seulement depuis septembre 2018 que la frontière est ouverte. Toutefois, on recommande encore de s’y rendre en convoi pour être plus en sécurité.

Nous attendons l’autre groupe dans un petit village. Tout le monde nous regarde. Les jeunes hommes saluent toujours Sophie et Audrey. Souvent, ils leur envoient des baisers avec la main, des fois ils leur disent : « My love! », certains leur font une face de séduction-clin-d’œil! Les filles n’en reviennent pas comment les gars ici sont démonstratifs!

Le temps d’attente est très long, nous avons le temps de prendre un café, d’acheter des bananes, de faire laver nos souliers pour 5 cents et de montrer nos photos à Kuncho.

1 heure plus tard, le convoi de jeep arrivent. Finalement, nous serons avec trois autres camions : deux pour deux groupes de Français et un qui transporte un guide, un cuisinier, une escorte militaire et tout le matériel de camping.

Nous avons deux heures et demie de route à faire jusqu’à notre destination. Nous quittons la région montagneuse où nous sommes à 2000m pour nous rendre dans un désert à -127m sous le niveau de la mer. Nous descendons la route sinueuse. Le paysage change énormément, nous passons de la montagne avec de la verdure et des champs à un terrain rocailleux plat sans aucune végétation. Le désert du Danakil figure parmi les régions les plus torrides et inhospitalières au monde. La température atteint fréquemment les 50c, mais nous sommes chanceux, car il ne fait que 38C aujourd’hui avec un bon vent. On se croirait sur une autre planète. Ce qui nous dépasse le plus est vraiment de voir des gens habiter ici, sans point d’eau et sur un tas de roches.

Nous arrêtons dîner et apprenons à connaître les gens qui partagerons l’expérience avec nous. Ils sont gentils et drôles, nous sommes chanceux. Notre cuisinier nous prépare du riz aux légumes avec de la viande. Des bananes comme dessert. Nous allons à la toilette, qui en soi, est toute une expérience. Je ne la décris pas, je vous laisse l’imaginer…

Nous repartons et arrivons à Hamedela: moitié village, moitié camp touristique. C’est ici que nous allons dormir ce soir. C’est assez minimaliste, pas dans le sens de zen, mais dans le sens de retour à la base ou si vous préférez, dans le sens de rien pantoute! Nous arrêtons seulement pour prendre un monsieur mitraillette et continuons notre route vers le désert de sel. Ça nous donne déjà une petit idée de notre nuit.

Nous apercevons rapidement notre première caravane de dromadaires, car il est déjà 16h00 et les travailleurs commencent à revenir vers le village. Nous nous arrêtons pour prendre des photos. Le chef de la caravane décide de donner la corde à Sophie et elle a la chance de guider le troupeau. Audrey la rejoint et elles peuvent vivre ce moment ensemble. Évidemment, on nous demande de l’argent en échange. Pas de problème, car juste à imaginer le travail qu’ils ont à faire sous cette chaleur insoutenable, et j’ai le goût de leur donner mon salaire annuel!

Les Afars sont très minces et élancés, ils portent la jupe et ne ressemblent pas aux Éthiopiens que nous avons vus jusqu’à maintenant. C’est dans le lac Assal (la partie asséchée) que ces hommes extraient des blocs de sel et les transportent ensuite avec des caravanes de dromadaires.

Nous poursuivons et traversons le désert de sel. Nous arrivons à un trou sous la croûte de sel et nous découvrons une belle eau claire. Cela ressemble à un spa… salé! Nous nous stationnons à l’ombre d’un gros rocher de sel rouge. Steve et les filles mettent leur maillot et vont se saucer avec quelques-uns de nos amis. Rien n’est organisé pour se changer, alors ils se cachent comme ils peuvent avec le camion. Kuncho qui ne s’est jamais baigné de sa vie, décide de tenter l’expérience. Tout le monde flotte. Ça flotte même plus que dans la mer morte en Jordanie. Kuncho est bien fier d’avoir essayé quelque chose de nouveau. Il est quand même assez réservé, nous sommes contents qu’il ait osé! Nous avons le droit à une petite douche improvisée avec des bouteilles d’eau. Notre guide local pour ce périple, Inouk a percé deux bouteilles et il arrose avec celles-ci.

Nous repartons dans le désert de sel jusqu’à l’endroit où il y a encore de l’eau. Les guides l’appellent : « The beach »! Ils stationnent les camions de manière à faire de l’ombre et installent des bancs pour tout le monde. Nos amis Français ont apporté deux bouteilles de vin blanc éthiopien et en offre à tout le monde. Nous assistons à un magnifique coucher de soleil. Comme tout est beige-blanc et le ciel est brumeux, cela fait une lumière blanche douce et paisible.

En nous promenant pour prendre des photos, Audrey photographie les Monsieurs mitraillettes. Notre guide lui offre la chance de tenir une mitraillette AK47 et de se faire prendre en photo. Elle est vraiment crampée de cette situation.

Vers 18h30, nous repartons au campement. Ce soir, nous dormirons à la belle étoile. Il y a un lit simple pour chaque personne, avec un matelas, un drap et une couverture. Le soleil n’est plus là, mais il fait encore très chaud Il fait 27. Nous sommes tous collants et nous allons dormir tous collants! Je ne pense pas que nous aurons besoin de la couverture, même si nous sommes en pantalons courts.

Le cuisinier nous appelle pour aller manger dans un endroit protégé par trois murs. Il fait noir et il vente à écorner les bœufs. Il a monté une belle table pour nous 10. Il y a une petite lumière au plafond qui nous éclaire un peu. Le repas est très bon : soupe minestrone, spaghetti sauce tomate et pain. Il faut faire gaffe à tenir les serviettes de table, car elles veulent partir au vent.

Inouk, notre guide, nous explique le programme de demain. Il faudra se lever à 5h30 pour pouvoir partir vers 6h30. Comme la chaleur sera extrême, il vaut mieux faire la randonnée le plus tôt possible le matin.

Tout le monde se prépare pour aller dormir. Brossage de dents dans la nature ainsi que pipi où l’on peut, dans la nature. L’important est de suivre le sens du vent pour ne pas s’arroser les mollets!

Il est 20h30, nous nous couchons et avons peine à croire que nous allons vraiment nous endormir à la belle étoile. Parlant d’étoiles, il y en a des milliers, et la lune, même si elle n’est pas pleine, nous éclaire intensément. Nous gardons nos vêtements portés dans la journée. Tant qu’à être collés, aussi bien ne pas salir autre chose. Les autres touristes prennent la même décision que nous, nous pensons tous pareils!

Souhaitez-nous bonne nuit!

Dallol, la planète Mars

Jour 9

Mardi 26 février
Ce matin, nous nous réveillons à 5h30, comme prévu. La nuit s’est bien déroulée, même si nos pieds dépassaient un peu du lit. Nous avons finalement utilisé nos couvertures, malgré qu’il ne faisait pas vraiment froid.

Nous déjeunons avec nos lampes de poche : crêpes, œufs brouillés, pain, beurre de peanut, confitures. C’est quand même bon pour ce type d’aventure!  Nous brossons nos dents et nous mettons de crème solaire. Quelle belle sensation que de se crémer quand nous sommes déjà collés!!!

Il est 6h45 quand nous nous assoyons dans le jeep. Nous reprenons la même route qu’hier. Nous rencontrons des caravanes de dromadaires qui s’en vont travailler.  Notre priorité est d’aller marcher dans le Dallol. Un incontournable du Danakil. Et aussi, une des raisons principales de notre voyage en Éthiopie. Ce site volcanique est unique au monde. Comment vous décrire cela? Imaginez un récif de coraux sur la planète Mars. En fait, c’est une formation géologique où on retrouve du soufre, de l’oxyde de fer et du potassium, donc nous avons une palette de couleurs de rouge, de jaune et de vert. C’est un autre monde! Comme nous sommes sous le niveau de la mer et dans une zone volcanique, la lave réchauffe l’eau salée qui perce la croûte terrestre et forme des mini geysers et des modules multicolore. On y retrouve même des flaques d’acide sulfurique, alors il faut faire attention où nous marchons, car la randonnée risque de se terminer bien mal.

Inouk, notre guide étudie en génie chimique, donc raison de plus pour l’écouter et de le suivre pour être certains de marcher aux bons endroits. D’ailleurs, si nous étions au Canada, l’accès serait sûrement interdit. Il y aurait des barrières de sécurité partout et l’utilisation de masque à oxygène. J’ai oublié de vous dire que ça sent mauvais, le soufre sent les œufs pourris. Ce n’est quand même pas trop pire.

Nous restons sur ce site pendant une heure et demie. Nous prenons des centaines de photos et nous sommes toujours impressionnés par ce que nous voyons.

Après notre randonnée au milieu des geysers et des bassins d’acide sulfurique, nous retournons au jeep. Nous sommes en sueur et avons la face rouge. Il est seulement 9h30.

Notre guide nous conduit aux colonnes de sel. C’est une autre formation géologique impressionnante, car la lave a mis de la pression sur le sol, ce qui a fait pousser des montagnes et aux sommets de chacune des montagnes se retrouve une couche de sel. Impressionnant.

Dix minutes plus tard, nous repartons vers un cratère au milieu du désert. Celui-ci est rempli d’eau salée mixée avec du soufre. Nous voyons à la surface des bulles comme si l’eau bouillait. La couleur de l’eau est ocre. Inouk nous explique que le peuple Afar utilise cette eau pour guérir les maladies de peau et que nous pouvons y toucher. L’eau n’est pas bouillante, mais chaude. On dirait de l’huile. Notre guide nous lave les mains après notre expérience.

Sur notre route du retour, nous croissons les Afars qui travaillent à recueillir le sel.  C’est vraiment impressionnant de les voir travailler manuellement dans cette chaleur torrides.  Nous décidons d’arrêter les voir travailler.  Ils taillent le sel en carré et les empilent pour transporter ces blocs jusqu’à la ville sur le dos des dromadaires et des ânes.  Je ne sais pas comment ils font pour travailler sous ce soleil ardent. La chaleur est suffocante. Juste les regarder faire et nous suons notre vie. Après 15 minutes, nous avons juste hâte de nous rasseoir dans le jeep avec l’air climatisé!

C’est l’heure de partir. Il fait tellement chaud que Kuncho utilise l’air climatisé pour la première fois. Habituellement, nous fonctionnons seulement avec les fenêtres ouvertes.  Nous n’irons pas au volcan Erta Ale, car au moment de notre passage, il n’était pas possible de voir la lave.  Ceci nous fait sauver une journée de route cahoteuse pour rien voir.  Plusieurs agences disent qu’il y a des chances de voir la lave, mais tous les touristes que nous avons croisés n’ont rien vu.  Kiros, nous a donc dit la vérité et nous avait fortement recommander la rando avec Peter, dans le Tigré, en échange.  Après l’expérience rudimentaire d’hier soir, je crois qu’une nuit dans le Danakil c’est suffisant!

Nous faisons 45 minutes de route et retournons au restaurant d’hier midi. C’est le restaurant où tous les groupes de touristes arrivent et repartent. Nous arrivons vers midi et notre cuisinier nous sert des pennes aux tomates avec du melon d’eau comme dessert. C’est très bon. Nous avons un bon cuisinier, car les autres groupes autour de nous mangent un sandwich froid!

C’est ici que nous disons au revoir à nos amis Français, car nos routes se séparent. Nous gravissons les montagnes et nous voyons encore des gens vivre au milieu de nulle part. Nous sommes découragés pour eux. En l’espace de peu de temps, nous retrouvons l’air frais de 24C et nous sommes vraiment heureux.

Nous arrivons à Mekele vers 15h30 et allons rencontrer Kiros, le propriétaire de l’agence de voyage Lucy Tour avec qui nous avons fait affaire. Son bureau est à Mekele. Il a 31 ans, il est très dynamique et sympathique. En moins de 10 secondes, nous sommes déjà amis. C’est drôle, mais des fois nous rencontrons des gens et avons l’impression de toujours nous connaître.  Avec Petros et Kiros, c’est exactement le feeling que nous avons eu.

Nous payons la totalité des frais du voyage que nous avions conclu ensemble. Jusqu’à maintenant, Kiros assumait 90% des frais. Il est vraiment un homme de confiance. Il nous invite à souper ce soir pour discuter davantage et lui faire un bilan de notre voyage. Nous acceptons son invitation et allons au Genfel Hotel nous reposer un peu.

Vers 18h00, Kiros arrive et nous partons à pied visiter le centre-ville. Mekele est la deuxième plus grande ville de l’Éthiopie. Il nous apporte dans un restaurant bien branché et rempli de gens locaux. Nous commandons de la pizza. Nous discutons avec lui et partageons un bon moment.

Il nous explique qu’il a débuté sa vie comme berger, ensuite il a étudié pour devenir journaliste avec Peter.  Sans travail, il a décidé d’être professeur d’anglais au secondaire. Peter a été journaliste pour la BBC. Quand sa job a été abolie, Kiros l’a fait entrer à son école pour enseigner l’éducation physique.  Après quelques années, il a changé pour devenir guide. Ici, le salaire de professeur est peu élevé.  En tant que guide, il gagnait mieux sa vie. Il a fait ça pendant 6 ans et a décidé de partir sa propre compagnie.  Il réussit très bien.  Il vient d’acheter son premier jeep pour la compagnie. Un Toyota Land Cruiser 2004.  Le prix est insensé.  En Éthiopie, le prix d’achat pour un jeep usagé est de 50,000$ US.  C’est fou!!!  Il nous explique que les camions gagnent en valeur à chaque année, car le gouvernement impose une taxe de 200% sur les véhicules.

Il est 20h30 et c’est le temps de quitter le resto pour retourner à l’hôtel.  Nous faisons nos adieux et le remercions du beau voyage qu’il nous a organisé avec succès. Nous le recommandons à 100%.

Kiros Zeray
L’agence: Lucy Ethiopia Tours
www.Lucyethiopiatours.com
kirosze@gmail.com
info@lucyethiopiatours.com
cellphone:-+251913550959
what’s up, +251913550959
www.tripadvisor.co.uk/12695562?m=19905

Longue route vers Lalibela

Jour 10

Mercredi 27 février
Ce matin, nous quittons Mekele à 8h15.  Kuncho arrive au moment où Audrey se fait laver les souliers et que Sophie et moi sommes pognées pour jaser avec un passant qui se dit philosophe et qui n’en finit plus de parler. Nous devons partir. C’est ce qu’on appelle « sauvées par la cloche »!

C’est notre dernière journée avec Kuncho.  Nous avons 9 heures de route à faire aujourd’hui dans les montagnes pour nous rendre à Lalibela.  Nous commençons donc par mettre de l’essence.

Les paysages changent sans cesse. À certains moments, la montagne est verte avec de beaux champs de blé, de blé d’inde et de légumes. D’autres fois, la végétation devient très sèche et les champs sont peu fertiles. Tout dépend de l’eau qui coule dans la région. Certains versants de montagnes sont mieux que d’autres. Avec 103 millions d’habitants, il y a des gens qui vivent partout, peu importe les conditions.

Ici aussi, il y a peu de voitures, mais nous ne pouvons pas aller vite, car il y a toujours des obstacles sur la route (des nids-de-poule ou des dos d’âne). Nous partageons également la route avec les animaux (ânes, moutons, vaches, chèvres et dromadaires) et avec tout plein de gens à pied. Quand l’école commence ou se termine, nous voyons des centaines de jeunes défiler.

Nous traversons plusieurs villages et tout d’un coup, nous voyons plusieurs personnes converger vers un même point. Notre attention est attirée, car ils ont tous des dromadaires ou des gros boeufs. Curieux, nous tentons de voir vers où ses gens se rendent. Nous apercevons un marché local dans le haut d’un village. Nous demandons à Kuncho d’arrêter, car nous voulons visiter ce marché. Il accepte avec plaisir et rebrousse chemin pour nous y conduire.

Wow! C’est un immense marché de dromadaires d’un côté et de bœufs avec de longues cornes de l’autre côté. Tout le monde nous regarde. Il n’y a aucune femme ici à part nous 3. Ça bouge de partout. Il faut faire attention de ne pas nous faire accrocher ou encorner en marchant au travers de tout ce brouhaha. Très spécial à voir!

Nous reprenons la route sinueuse pour quelques heures et nous arrêtons dîner vers 13h00. C’est ici où tous les touristes arrêtent, car nous ne sommes pas les seuls à faire de la route aujourd’hui. Nous commandons du poulet grillé et lorsque les plats arrivent, l’un d’eux n’est pas très cuit, l’autre plat est froid, le pain est un peu moisi… Mmmm quel magnifique dîner! Nous partons en nous disant que nous mangerons des barres tendres plus tard!

Nous poursuivons notre route et Kuncho nous explique qu’à partir d’ici, ce sera une route « African massage ».  Cela veut dire que nous roulerons sur la gravelle avec des trous et que nous allons nous faire brasser pour les 4 prochaines heures!

Nous gravissons d’autres montagnes et le paysage est très beau. Nous arrêtons pour prendre des photos, et tout de suite, des gens accourent près de nous. Ils sont contents de nous voir, mais nous demandent de l’argent ou des crayons. Ils aiment nous observer également.

Nous repartons et soudainement, nous apercevons un groupe de singes lions/babouins Géladas.  Wow, c’est vraiment inattendu comme rencontre. Ils sont différents de ceux du Simiens, car ils sont plus foncés et ont de la couleur autour des yeux. Nous les admirons quelques minutes et poursuivons notre route.

Nous sommes pratiquement rendus, lorsque nous croisons un petit village de montagne où nous apercevons des gens jouer au volleyball.  Impossible de ne pas arrêter.  Kuncho a bien hâte lui aussi de jouer avec les filles.  Il demande aux joueurs si nous pouvons nous joindre à eux.  Ils acceptent avec plaisir.  En moins de 30 secondes, nous sommes entourés par tout plein d’enfants qui veulent assister au match.  Le décor est incroyable.  En fait, nous sommes sur le terrain d’une école et ce sont les professeurs qui jouent.  Audrey et Sophie s’amusent, mais il vente très fort et le ballon leur joue des tours!  Elles réussissent tout de même à épater la galerie avec de bonnes attaques.  Le soleil est sur le point de se coucher et il reste encore de la route à faire.  Nous devons partir, même si les filles auraient bien aimé jouer davantage.  C’est important de ne pas rouler à la noirceur avec tous les obstacles possibles!

Finalement, nous arrivons à Lalibela juste à temps pour admirer le coucher du soleil. Nous aurons fait plus de 10 heures de route aujourd’hui. Nous sommes épuisés, même si nous n’avons pas fait grand-chose.

Il est l’heure de faire nos adieux à Kuncho. Nous ne pensions pas être émotifs, mais dans les derniers jours, il s’est rapproché de nous. Il était très généreux, souriant et serviable envers nous.  Nous avons passé de très bons moments avec lui.  Chaque matin ou après chaque activité, il nous accueillait avec un sourire et donnait un gros colleux aux filles, un peu comme un papa.  Nous lui remettons un bon pourboire ainsi qu’une photo de nous.  Les filles ont écrit un mot à l’endos.  Il est très ému, et nous aussi.  Il nous console pendant de longues minutes avant de partir.  Merci pour tout Kuncho, tu nous auras fait vivre des moments inoubliables et nous en sommes reconnaissant.

Nous découvrons notre hôtel, le Top Twelve Hotel et la vue magnifique que nous avons. Nous soupons dehors et nous allons nous coucher pour reprendre des forces.

Lalibela : la 8 ième merveille du monde

Jour 11

Jeudi 28 février

Ce matin, nous quittons l’hôtel vers 8h30 avec Menber, notre guide local de la journée. Kuncho a organisé la rencontre hier soir.

Nous marchons une quinzaine de minutes et traversons le village pour nous rendre au site. Lalibela est reconnue pour ses églises sculptées dans un seul bloc de roc au-dessous du niveau du sol. Ces merveilles d’architecture sont inscrites au patrimoine mondial de l’Unesco.  Les églises ont été construites aux environs de 1181 -1221.

Le coût d’entrée pour les étrangers est de $50us par personne. Ouf, ce n’est pas donné comme visite. Mais il faut bien entretenir ce lieu de culte patrimonial!

C’est vraiment impressionnant de voir que des gens ont creusé à la pioche et au marteau ces immenses églises de roche pouvant atteindre 15m de hauteur. Nous empruntons des tunnels pour descendre au bas des églises. Nous suivons notre guide. Il nous explique plein de trucs sur l’histoire. C’est intéressant, mais un peu trop long à notre goût.

Ah! Oui! J’ai oublié de vous dire que notre guide a un assistant. Je vous entends déjà vous demander : « Assistant?… » Et bien, Monsieur l’assistant surveille nos souliers quand nous entrons dans les églises et nous les apportent quand nous en sortons! Et voilà! Il est expert en reconnaissance de souliers : il ne se trompe jamais, malgré le fait que nous ayons toutes les trois des espadrilles Nike noirs!

Nous croisons des prêtres et plusieurs fidèles.  Les prêtres nous montrent volontiers les trésors de leurs églises et posent toujours sans quémander.  Nous nous promenons d’églises en églises. L’ambiance est sereine.  Il y a un groupe qui chantonne… ou qui fausse, je ne sais trop!  Ça fait mal aux oreilles, mais nous en profitons pour prendre quelques photos.  Parlant de photos, c’est Audrey qui prend pratiquement tous les portraits.  Avec le cellulaire, c’est beaucoup moins intimidant pour les gens.  Elle leur sourit et demande toujours la permission avant de les photographier.

Les églises ferment de midi à 14h00.  Il est 11h30 et nous avons fini la première partie.  Notre guide nous explique que nous allons aller dîner et revenir finir la visite après 14h.  Malgré que le site soit merveilleux, nous sommes fatigués, car les églises monobloc se ressemblent beaucoup.

Nous demandons à Menber si nous pouvons voir une autre église située dans le deuxième complexe et allons finir notre journée ainsi.  Il accepte notre plan.  Nous marchons 10 minutes pour nous rendre au second lieu et lorsque nous arrivons, la porte de l’entrée est fermée.  Notre guide réussit à la faire ouvrir en négociant avec le gardien.  Grâce à lui, nous aurons la chance de voir toutes les églises, au total nous en visiterons 11.

Audrey et Sophie sont affamées.  Menber nous conseille un bon restaurant avant de nous quitter.  Le lieu est joli et propre.  Nous payons notre guide $35us pour la visite et nous le saluons.

Après dîner, nous négocions un tuktuk pour revenir à notre hôtel qui est situé en haut de la montagne de Lalibela.  Nous arrivons à notre chambre vers 14h00 et en profitons pour faire du lavage et relaxer un peu.  Nous devons nous préparer pour notre prochaine aventure qui débutera demain dans le sud de l’Éthiopie (Vallée de l’Omo).

Nous assistons à un magnifique coucher de soleil en direct du balcon de notre chambre d’hôtel, sans faire d’effort, ni de randonnée et sans payer!  Nous soupons en le regardant descendre et nous allons nous coucher.

Départ vers le sud : coup de malchance!

Jour 12

Vendredi 1er mars
Ce matin, nous quittons le nord pour aller visiter le sud du pays. Nous devons prendre deux vols d’avion. Un premier vers la capitale Addis Abeba et ensuite un vol pour Jinka, dans le sud de l’Éthiopie.  Toutefois, notre connexion à Addis est très serrée, nous n’avons que 30 minutes, car hier, Ethiopian airlines a changé notre vol original qui était plus tôt.  Steve est bien stressé et ne fait que réfléchir à tous les scénarios possibles pour ne pas manquer le deuxième vol.  Nous décidons de n’avoir que des bagages-cabines, car avec 30 minutes de transit nous ne sommes pas convaincus que les bagages vont avoir le temps de nous suivre.  Nous réussissons à remplir nos trois sacs à dos et à vider notre gros sac.  Nous l’enroulons en petit paquet pour qu’il puisse entrer dans l’avion avec nous.  Nous avons toutefois un couteau de poche et un gros tube de crème solaire (plus de 100ml), mais nous essayons quand même, en espérant qu’ils ne le trouveront pas.

Nous arrivons à l’aéroport et comme prévu, le gardien n’y voit que du feu et nos bagages passent le test du scanner. Il faut dire que les règles ne sont pas celles auxquelles nous sommes habitués.

L’embarquement se fait à l’heure. Le stress redescend.  Mais au moment de décoller, le pilote nous annonce qu’il doit attendre qu’un autre avion atterrisse.  Nous prenons 20 minutes de retard.  Là, il ne nous reste que 10 minutes de transit.  Nous parlons à l’agente de bord et elle nous dit qu’elle va aviser l’aéroport pour qu’ils nous attendent.  Elle nous déplace en première classe pour les 10 dernières minutes afin que nous puissions sortir les premiers.

Nous arrivons à Addis à 11h20 en même temps que le président du Kenya.  L’aéroport est complètement immobilisé pour des questions de sécurité.  Nous restons dans l’autobus de transfert pendant 50 minutes.  Sur le tarmac, nous voyons l’avion du Kenya et le tapis rouge au loin.  Nous espérons que notre avion pour Jinka ne partira pas sans nous.  Nous essayons de nous informer, mais personne ne semble avoir de réponse.  Steve est sur le bord de péter les plombs.  La tension est dans le piton!

Finalement, le président embarque dans la limousine et l’aéroport revient à la normale.  Nous arrivons dans le terminal et apprenons que notre avion est déjà parti.  Nous sommes foutus!  Il n’y a pas d’autres avions pour Jinka avant deux jours.  Nous essayons de voir si nous ne pouvons pas prendre un autre vol pour une ville plus proche, soit Arba Minch (210 km de Jinka).  La personne au service à la clientèle nous réfère à son superviseur, car elle ne peut pas prendre de décision.  Nous expliquons notre problème au superviseur.  Après 30 minutes, il nous réfère à son patron.  Avec son assistant, il tente de nous trouver un vol sur Arba Minch, mais il n’y a qu’un vol demain et il est plein.  Il essaie de voir s’il peut changer l’avion pour en avoir un plus gros.  Mais impossible.

La seule option qu’il nous reste est de nous taper la route, soit 500 km de route du tiers monde : vraiment pas vite, 10 heures minimum et ce, juste pour nous rendre à Arba Minch et non à Jinka.  Comme dédommagement, ils nous remboursent nos billets d’avion.  Steve demande s’ils pourraient nous « avantager » lors de notre vol de retour au Canada dans quelques jours.  Ils ne disent pas non, et nous expliquent de le demander la journée même.  Il est rendu 14h00.  Nous avons faim et nous avons perdu 3 heures à l’aéroport.  Nous n’arriverons pas avant minuit.  Au secours!  Et la cerise sur le sundae est que nous allons devoir conduire la nuit sur une route remplie d’obstacles.

Entre temps, notre guide des prochains jours, Solomon, que nous devions rejoindre à Jinka, nous organise un taxi pour faire la route.  D’ailleurs, quand nous le rejoignons, il était en route pour Jinka, donc lui aussi doit faire demi-tour et se rendre à notre destination révisée.  Enfin, le taxi arrive, un ami de Solomon, le boss de l’aéroport vient nous reconduire jusqu’à la mini van dans le stationnement et nous partons.

Addis est un vrai bordel.  Il faut deux heures juste pour sortir de la ville!  C’est l’enfer.  Peu de signalisation et les voitures ne respectent pas les règles, bref, un vrai chaos.  Lorsque nous arrivons finalement sur la route, il y a plus de trous que d’asphalte.  C’est la pire route que nous avons eu jusqu’à maintenant.  Nous avançons à 20 km/heure.  Nous freinons constamment pour ne pas défoncer la van dans un cratère au milieu de la route.  Nous sommes découragés, mais au moins nous sommes dans une belle van avec beaucoup d’espace pour nous étendre.  À notre demande, nous arrêtons dans une épicerie pour pouvoir dîner sur la route.  Pain, beurre de peanut, nutella, bananes, jus.  Nous devrions pouvoir survivre!

La nuit arrive et il nous reste encore 5-6 heures de route.  La conduite de soir, c’est toute une expérience!  Il y a des gens qui marchent sur la route, des charrettes sans lumière qui roulent dans le sens contraire et que nous apercevons à la dernière minute, des voitures dont les lumières ne fonctionnent pas bien ou pas du tout et aussi toutes les bosses et les trous.  Histoire de compliquer le tout, un petit brouillard s’installe.  Un vrai défi!  Heureusement, nous avons un bon conducteur.

Finalement, après 10 longues heures de route nous arrivons à Arba Minch.  Nous sommes épuisés et nous allons nous coucher.  Le supplice est terminé.  Il est minuit.

Rencontre avec Solomon, notre nouveau guide!

Jour 13

Samedi 2 mars
Ce matin, Solomon vient à notre rencontre à l’hôtel.  Lui aussi, il a dû se taper la route entre Jinka et Arba Minch.  Il a aussi dû changer tout l’itinéraire et les réservations d’hôtels.  Mais quand il nous rencontre, il est de bonne humeur et nous dit de ne pas nous en faire avec ça, car il a tout arrangé et nous allons pouvoir faire tout ce qui était prévu.  Nous sommes bien contents et avons hâte de débuter notre aventure dans le sud du pays.

Pour votre information, voici les coordonnées de notre guide pour le Sud:

Solomon Bekele
L’agence: King Solomon Tours
www.kingsolomon-tours.com
solbekele16@gmail.com
Cell: +251 91 687 3322
fr.tripadvisor.ca/Attraction_Review-g1237159-d15553868-Reviews-King_Solomon_Tours-Jinka_Southern_Nations_Nationalities_and_People_s_Region.html

Le sud du pays est un contraste avec le nord.  Comme vous l’avez vu, le nord de l’Éthiopie est réputé pour son patrimoine culturel et historique, tandis que le sud est célèbre pour ses fascinantes ethnies qui vivent dans la Vallée de l’Omo.  Le sud est également plus isolé et les routes sont rustiques.  Ici, ce serait impossible de voyager en autobus et de s’organiser par soi-même.  Ce sera toute une aventure!

Nous quittons l’hôtel à 9h30 en direction de Dorzé où nous visiterons un premier village.  Nous gravissons une montagne en jeep pour nous rendre au village.  Nous arrivons au sommet et la vue est à couper le souffle sur la vallée du Rift.  Comme nous sommes arrivés dans la nuit, nous n’avions rien vu du sud encore. Nous constatons que le décor est complètement différent. La végétation est luxuriante. C’est vert, il y a des bananiers et deux grands lacs. Il fait plus chaud également.

À Dorzé, les gens habitent dans des habitations très spéciales qui ressemblent à d’immenses ruches d’abeilles pouvant mesurer jusqu’à 12 m de hauteur.  Mais lorsque nous les regardons de plus près, elles sont faites à l’image d’un éléphant!  Nous embarquons un guide local qui nous explique leur mode de vie.  C’est un peu trop organisé à notre goût!  C’est quand même intéressant, car nous apprenons comment les gens vivent.

Les femmes nous font cuire une galette Kocho, un pain fermenté réalisé à partir d’une plante qui s’appelle « faux bananier ». C’est plus gros qu’un bananier et ça ne fait pas de bananes! C’est encore une fois un peu inquiétant de devoir goûter quelque chose que nous n’avons pas trop le goût! On le mange avec du miel fraîchement cueilli. L’expérience passe tout de même le test.

La cueillette du miel est très populaire dans le pays.  Les gens placent des paniers d’osier dans les arbres, surtout les acacias.  Ils y mettent une reine et la colonie d’abeilles y fait son nid.  Après un an, les gens grimpent dans l’arbre avec un bâton pour faire de la boucane et c’est ainsi qu’ils recueillent le miel.  Solomon nous l’explique bien, car lorsqu’il était petit, c’était l’une de ses responsabilités familiales.

Nous retournons à Arba Minch pour diner, quand nous apprenons que le président du Kenya est lui aussi dans la ville aujourd’hui.  Imaginez-vous donc qu’ils ont fermé le lac où nous devions aller cet après-midi afin qu’il soit seul pour des raisons de sécurité.  Solomon nous apporte diner dans un très bel hôtel afin que nous puissions avoir une vue sur les lacs Chamo et Abaya (le deuxième plus gros du pays).  En arrivant à l’hôtel, nous constatons que le président séjourne ici.  Il y a des camions de sécurité partout.  Ah, non!  Pas encore lui!

Nous sommes chanceux et les gardiens nous laissent entrer, car le président n’est pas là.  Nous avons un excellent diner et une superbe vue sur les lacs.  C’est un peu chic pour le style vestimentaire que nous avons, mais nous sommes les seuls clients, donc pas de stress.

Nous quittons vers 14h00.  Solomon nous dit qu’il a trouvé un endroit sur le lac Abaya où nous pourrons aller faire un tour de bateau.  C’est complètement au bout du lac, ce n’est pas dans un endroit touristique, et c’est mieux ainsi.  Nous faisons un peu de route et arrivons à destination.  Le bateau est correct et semble neuf.  Nous embarquons et partons à la recherche d’hippopotames et de crocodiles.  En moins de 5 minutes, nous tombons nez-à-nez avec un groupe de 4 hippopotames.  Ils sont bien jolis et bougent leurs petites oreilles.  Nous avons le temps de les observer un peu, mais ils ont peur du bruit du moteur et se sauvent en nageant.

Nous continuons notre route et arrivons dans une jolie baie et c’est là que nous rencontrons plusieurs crocodiles.  Nous sommes capables de nous approcher très près.  La vue sur les montagnes et les arbres acacias est splendide. Nous retournons sur nos pas et arrivons au point d’embarquement.

Nous repartons et Solomon emprunte le chemin scénique, mais rustique, que peu de touristes prennent, car c’est un détour pour se rendre à Konso, notre destination finale. Nous grimpons la montagne et encore une fois, la vue est à couper souffle.

Nous croisons plusieurs Éthiopiens sur la route avec des bottes de foin sur la tête, du bois ou des gallons d’eau sur le dos.  Les gens nous saluent.  C’est la responsabilité des filles de transporter le bois et l’eau.  Elles sont vraiment fortes!

Nous arrêtons sur un pont qui donne sur une grande rivière avec peu d’eau.  Il y en a quand même assez pour que les gens y lavent leur linge et y fassent boire leurs animaux.  Plusieurs viennent nous voir.  Ils nous demandent tous quelque chose.  On entend souvent : « Money, money » ou « Pen ».  À la longue, c’est fatiguant.  Il y en a même qui voudrait qu’on leur donne notre t-shirt, nos lunettes, notre cellulaire, nos espadrilles Nike…  Ils nous touchent et c’est toujours un peu intimidant.

Nous arrivons à Konso vers 18h00.  Solomon demande si nous pouvons visiter le village, mais le guide local nous dit qu’il est impossible de le visiter après 17h.  Solomon prend rendez-vous pour demain matin, mais c’est là que nous intervenons et expliquons à Solomon que nous n’aimons pas visiter des villages pour les touristes avec tout plein d’explications.  Ce que nous voulons, c’est vivre des expériences avec des gens que nous allons croiser sur notre route.  Ce n’est pas important de voir tous les attraits touristiques prévus originalement.  Nous ne voulons pas courir d’un site à l’autre, mais plutôt profiter des moments qui se présenteront à nous.  Donc, pas besoin de prendre un rendez-vous pour demain matin.  Nous préférons laisser tomber cette visite.

Nous arrivons à notre hôtel (Konso Korebta Lodge). Wow! Nous avons une belle hutte familiale de luxe faite de pierres avec un toit de chaume qui caractérise les habitations traditionnelles que nous retrouvons ici à Konso.

Nous nous installons sur la terrasse du restaurant et assistons à un beau coucher de soleil sur la vallée.  Nous partageons notre souper avec Solomon et précisons nos attentes pour la suite du voyage.  Il est très compréhensif et saisit rapidement nos besoins.

Après une bonne douche chaude, nous allons nous coucher.

vallée de l’Omo, le berceau de l’humanité!

Jour 14

Dimanche 3 mars
Le lever de soleil est magnifique. Après un bon déjeuner, nous quittons notre lodge à 8h en direction de Turmi. Aujourd’hui, nous avons 500 km à faire. C’est une grosse journée de route qui nous attend et nous irons rencontrer 3 tribus.

En chemin, nous allons visiter une tribu traditionnelle Konzo, en dehors du circuit de base, comme nous l’avions demandé à Solomon. Aussitôt que nous arrêtons, nous sommes submergés d’enfants qui entourent notre jeep. C’est un peu intimidant de sortir de l’auto.

Les jeunes ont construit une brouette en bois et transportent un ami. Steve veut l’essayer! Il prend place à l’intérieur d’une brouette et un jeune tente d’avancer, mais il est incapable. C’est son père qui pousse Steve. Nous avons du plaisir à échanger ce moment avec eux. Et tout le monde rit.

Nous quittons la montagne pour arriver dans la vallée de l’Omo, le berceau de l’humanité. C’est ici que le vrai dépaysement débute. Il fait très chaud, environ 40C! C’est la savane et le paysage est complètement différent. C’est la vraie Afrique avec de grands arbres acacias et de beaux champs.

Solomon décide de prendre un ancien chemin. Peu de touristes empruntent ce chemin, car le pont de la rivière est tombé. Toutefois, comme nous ne sommes pas dans la saison des pluies, nous allons pouvoir passer dans le lit de la rivière asséchée.

En chemin, nous arrêtons visiter une autre tribu au hasard, les Tsemay. Ils ne sont que 15000 divisés dans de microvillages sur un vaste territoire. Nous ouvrons la porte du jeep et encore une fois, nous sommes envahis d’enfants et de femmes. Toutefois, celles-ci ne sont pas très accueillantes. Ils ne voient que très rarement des touristes et nous ne nous sentons pas les bienvenus. Solomon parle avec elles et nous dit que tout est correct. Mais notre sentiment reste le même. Nous tentons de les faire rire avec nos autocollants. Sophie en distribue quelques-uns, mais il n’y a pas grand-chose à faire. Ils ne veulent que de l’argent ou nos vêtements!! Nous décidons de repartir.

Un peu plus loin, nous arrivons sur le territoire des Hamer. Plus de 50000 habitants, ils sont reconnus pour leurs coiffures. Les femmes mélangent de l’ocre, de l’eau et une sorte de résine qu’elles appliquent sur leurs cheveux tressés. Elles portent des bracelets métalliques aux poignets et sur les bras, et des colliers faits de petites billes de couleurs. Si la femme est mariée, elle portera un gros collier métallique fabriqué sur mesure qui enveloppe son cou. Si elle est la deuxième épouse (polygame), elle portera deux colliers métalliques différents de la première épouse. Elles sont aussi habillées avec des peaux de vache ou de chèvre et ont les seins nus.

Nous arrêtons visiter une tribu Hamer que nous croisons sur notre chemin. Les femmes nous accueillent avec le sourire. Elles sont bien sympathiques. C’est notre premier choc culturel, car nous constatons qu’elles vivent comme les gens de la préhistoire. Pas d’électricité, peu d’eau, pas de plastique, elles sont en totale autarcie.

Nous continuons notre route jusqu’à Turmi, le territoire des Hamer. Petit village de 1000 habitants avec des routes de terre. Ça donne l’impression d’être dans un village du far west! C’est ici que nous dormirons. Nous arrivons à notre lodge (le Kiso hôtel) et nous dînons. Nous avons encore une hutte familiale bien aménagée. Reste que celle-ci est plus sommaire que celle d’hier.

Il est 14h00 et nous partons visiter la tribu des Dassanetch. Il y a plus de 100 000 Dassanetch éparpillés sur les rives de l’Omo entre le village des Omerate et le lac Turkana (frontière du Kenya). Ils sont des nomades qui suivent leurs bétails. Le gouvernement éthiopien tente de les rendre plus sédentaires en leur donnant des terres et en leur construisant des écoles. C’est la tribu la plus pauvre de l’Éthiopie. Ils se distinguent par leurs habitations mobiles, faites comme une tente ronde avec un toit de toile. Ils sont peu vêtus. Ils se font extraire les deux dents du bas afin de s’identifier à la tribu. Les femmes tressent également leurs cheveux en fonction du nombre d’enfants qu’elles ont. Une petite tresse pour un enfant, deux tresses pour deux, etc. Les hommes sont des guerriers et font souvent la guerre avec d’autres tribus qui les voisinent (raisons : vol de bétails ou pour agrandir leur territoire). Les hommes ont des marques sur le corps qu’on appelle des scarifications (style cicatrices boursouflées) pour expliquer le nombre d’ennemis tués afin de protéger leur village contre une autre tribu. À noter que les conflits ethniques sont monnaie courante et peuvent mener à des affrontements sanglants.

Nous arrivons à Omerate et prenons un guide local. Kedir Seid est un excellent guide. Il a travaillé pour la BBC et a fait des reportages sur la chasse aux crocodiles sur le lac Turkana. Il parle la langue des Dassanetch, car il est issu de cette ethnie.

Nous traversons la rivière Omo avec une embarcation traditionnelle (la pitoune)! Heureusement que la traversée ne prend que 5 minutes, car il fait très chaud et nous sommes en plein soleil. Notre guide nous explique que pratiquement tous les touristes vont visiter le premier village installé de l’autre côté de la rive. Mais Solomon nous réserve une surprise, car il a une très bonne relation avec une femme dans un village plus loin. Celle-ci a même prénommé son deuxième enfant Solomon, en son honneur.

Pendant que nous sommes dans notre pirogue artisanale, Solomon est parti au village acheter un sac énorme de coquilles de café. Ils font du thé à partir de la coquille qui enveloppe les grains de café. Nous attendons que Solomon revienne nous chercher. La chaleur est intense. Il fait au moins 42C et il est 15h30. Le vent qui souffle nous fait la même sensation qu’ouvrir une porte de four. Nous étouffons. Une chance que nous ne devons pas trop attendre Solomon, car en plus, nous avons laissé nos bouteilles d’eau dans le jeep. Nous le voyons arriver et repartons avec lui. Pendant ce temps, des gens travaillent dans les champs au gros soleil. Nous en serions incapables.

Nous arrivons à la frontière du Kenya et prenons un chemin improvisé totalement hors-piste. Nous arrivons finalement au village du petit Solomon.

Accueil incroyable! Tout le monde crie « Sol » en honneur de Solomon et court vers le véhicule. Encore une fois, le jeep est entouré de centaines de Dassanetch. Nous débarquons et faisons connaissance avec eux. Ils viennent tous nous donner la main. Ils sont intrigués par les broches dans la bouche d’Audrey. Les femmes ne comprennent pas pourquoi nous cachons nos seins sous un gilet. Notre guide leur explique que c’est ainsi dans notre culture.

Nous constatons que la distribution des coquilles de café est débutée. C’est un peu bordélique et les esprits commencent à s’échauffer. Et là, nous sommes témoins d’un début de bataille entre deux femmes. Elles se giflent et l’une d’entre elle prend un bâton. L’autre prend une grosse pierre dans ses mains. Les garçons rient de la scène, mais nous, nous rions moins! Nous nous éloignons. Nous comprenons rapidement que leur mode de vie est encore très primitif. Finalement, notre guide local doit intervenir et calmer la situation.

Quand nous nous retournons pour regarder le jeep, nous voyons plein de gens qui regardent leur reflet dans la vitre ou qui vérifie leurs dents dans les rétroviseurs. Ils n’ont pas la chance de se voir dans un miroir très souvent. C’est pourquoi, plusieurs d’entre eux aiment faire des « selfies » avec Audrey et Sophie. Ils peuvent regarder à quoi ils ressemblent.

Nous sommes invités à prendre le thé dans la hutte de la mère du petit Solomon. Nous entrons de peine et de misère, car il faut pratiquement ramper pour entrer tant la porte est petite. La chaleur est intense là-dedans, car il y a peu de place et la femme a fait un feu pour faire bouillir le thé. Nous profitons du moment avec elle, même si nous sommes tous en sueur. Elle nous offre le thé dans une grande calebasse coupée en deux. Nos guides nous disent que nous sommes obligés de boire pour ne pas offenser. Mais l’eau est brune et nous ne pouvons pas concevoir de boire ce magnifique breuvage! Nous faisons semblant et tout le monde est heureux!

Il est temps de quitter le village. Les gens viennent nous reconduire au jeep et nous envoient la main. C’est vraiment un moment magique que nous avons vécu.

Sur notre chemin, nous voyons la borne qui sépare trois frontières : Soudan du sud, Kenya et Éthiopie. Ça prend une photo officielle pour le prouver!

Encore un peu de route dans la roche et ensuite 72 km pour retourner au village, sur une belle route asphaltée! Ça fait du bien. Nous arrivons à Turmi et allons souper dans un autre lodge, soit le Buska Lodge. C’est un buffet. Nous ne sommes pas très fans! Nous mangeons une soupe aux tomates et des mangues, puis nous retournons à notre hôtel. Nous sommes crevés.

Les Karos: les hommes zèbres!

Jour 15

Lundi 4 mars
Il a plu toute la nuit, ce matin l’air est frais. C’est la grasse matinée, nous quittons à 8h45!

Nous devons conduire 60 km de route de brousse pour arriver dans le territoire de la tribu des Karos. Les Karos sont très peu nombreux, seulement 4500 individus. Ils sont très similaires aux Hamer (langue, traditions, dont le bull jumping), mais sont les spécialistes des peintures corporelles d’où leur surnom les hommes Zèbres.  Ils pratiquent également un étrange rituel sur les enfants considérés comme étant impurs, les Mingi, ce qui explique leurs nombres peu élevés. Les raisons d’être déclarés impurs comprennent la naissance hors mariage, naître jumeaux, l’éruption de dents dans la mâchoire supérieure avant la mâchoire inférieure, l’ébrèchement d’une dent pendant l’enfance ou un handicap majeur. Si la femme met au monde un enfant Mingi, elle va devoir abandonner son bébé dans la forêt jusqu’à sa mort ou le jeter dans la rivière. Sinon, ces enfants apporteront la malédiction au village. Imaginez!

C’est jour de marché à Turmi, donc tout le monde converge vers le village. Sur la route, nous croisons plusieurs femmes Hamer qui s’y rendent. Elles sortent de la savane, en plein milieu de nulle part, pour rejoindre la route. Habillées avec des peaux de vache, les seins nus et la chevelure tressée de glaise. C’est très spécial de voir ça. Sur notre chemin, nous arrêtons prendre quelques photos de ses femmes.

Après 2 heures de route, nous arrivons dans le village principal de la tribu Karos. Nous prenons un guide local, Zeno, et nous partons visiter le dernier village. Il s’assoit en avant. Sophie et Audrey s’installent en arrière avec nous. Nous apprenons que Zeno est un enfant Mingi qui a été sauvé par un bon citoyen qui passait par hasard sur la route. Il a été éduqué par cet homme, en ville, et aujourd’hui il est retourné dans son village et tente d’éduquer les gens de ne plus pratiquer ce rituel. Avec l’un de ses amis, ils ont un orphelinat à Jinka où 52 enfants Mingi y vivent. Zéno parcourt les sentiers le jour, et s’il trouve des enfants, il les récupère et les apporte à l’orphelinat de Jinka. Pour en savoir plus sur le sujet, tapez « Omo Child » dans Google, il y a des reportages complets  www.omochildren.info/

Il y a 450 personnes qui habitent le village où nous nous rendons. Peu de touristes s’y rendent, car il faut ajouter 17 km pour atteindre cette localité. Il faut aussi emprunter une route hors-piste. Nous roulons en moyenne à 10 km/h.

En chemin, nous voyons de très beaux oiseaux dont le ethiopian Von Der Decken’s Hornbill et le Guêpier carmin (Northern and Southern carmine bee-eater). Ils chassent les sauterelles volantes. Ces sauterelles sont rouges et très grosses. Nous disons, en blague, qu’il ne faudrait pas qu’une d’entre elles entre dans la voiture, sinon nous ferions une crise cardiaque. Et bien, imaginez-vous donc que Sophie ouvre sa fenêtre et hop, elle en reçoit une en plein front. La sauterelle rebondit dans la voiture. Sophie crie de toutes ses forces et s’assoit sur nous. Solomon met les freins et n’a aucune idée de ce qui vient de se passer. Nous lui expliquons la scène et notre guide Zeno vient en arrière à notre rescousse et attrape la bête. Nous sommes sauvés! Ah!Ah!Ah!

Nous arrivons au village. Encore une fois, nous sommes entourés d’enfants. Ils sont pratiquement tous nus. Les Karos sont reconnus pour leur maquillage, toutefois, il n’y a personne de maquillé. Nous sommes un peu déçus, mais le guide nous explique que les Karos se maquillent seulement pour les grands événements.

Nous visitons le village et partageons un bon moment avec eux. Ils aiment se faire photographier et ne demandent pas d’argent. Ce qu’ils aiment le plus, c’est se regarder dans la caméra. Ils n’ont pas de miroir, donc ils sont tous surpris de voir à quoi ils ressemblent.

Notre guide nous explique leur mode de vie. Pour marier une femme, il faut payer 127 chèvres à la famille de la fille. Le paiement doit se faire dans l’année qui suit et seulement si elle a un enfant. Si la femme est infertile, l’homme ne paiera rien. L’homme a également le droit d’avoir plusieurs femmes.

À l’entré du village, nous assistons au broyage du maïs pour faire une sorte de galette et un pouding pour les enfants. Leurs huttes sont mieux construites, plus grandes et plus hautes, mais la porte est toujours aussi petite. Nous avons la chance d’être invité à prendre le thé avec une famille. Il fait vraiment chaud là-dedans, nous sommes perlés de sueur dans le visage et le cou. La femme s’appelle Gado. Elle est très honorée par notre visite. Eux aussi boivent un thé fait à partir de la coquille qui recouvre le grain de café. L’eau est aussi brune qu’hier et nous utilisons le même stratagème. Pas question d’être malades!

Nous faisons nos salutations à tout le monde et partons. Nous avons bien aimé ce village. Les gens étaient authentiques et vraiment accueillants.

Il faut une heure pour retourner au village initial. Celui-ci est une réelle trappe à touristes. Les gens sont tous maquillés et prennent la pose. Ils nous disent tous : « photo, photo, photo ». Pour chaque photo, il faut payer 5 birrs. C’est notre guide local qui gère la scène et distribue l’argent afin de rendre ça plus agréable. Reste que l’expérience nous donne un goût amer. Une chance que nous sommes allés dans l’autre village moins touristique avant.

Durant cette galère, Sophie se fait un nouvel ami : Bangko. Un petit garçon d’environ 2 ans. Il la suit partout et il est très mignon. Il est environ 14h et nous avons faim. Nous allons prendre une petite collation au « dépanneur-restaurant » du village. Il y a une table et 4 chaises en plastique aux côtés d’une hutte. Drôle de hasard, la propriétaire est la mère de Bangko. Elle nous sert du Coke et des patates sur du pain injera. Petit détail, il y a un peu de grains de sable dans le pain, mais comme nous avons très faim, nous mangeons et c’est quand même bon.

Nous retournons sur notre chemin vers Turmi. En chemin, nous arrêtons prendre une photo de chèvres qui sont accrochées à une paroi rocheuse. La scène est coquette. Nous ne sortons même pas de la voiture. Toutefois, le gardien des chèvres, un Hamer, nous voit prendre une photo et décide de venir nous voir. Mais sur son chemin, il attrape un grosse roche et veut nous la tirer, car nous avons pris une photo de ses bêtes. Franchement! Notre guide tente de le raisonner, mais il ne parle pas l’amharique. Il veut de l’argent en échange de la photo. Solomon négocie avec lui, mais il n’y a rien à faire. Nous n’avons plus de petites coupures (5 ou 10 birrs). Nous lui donnons 2 grosses bouteilles d’eau, mais il nous menace encore avec sa roche. Il est assez épeurant. Il y a deux jeunes avec lui qui semblent essayer de le raisonner, mais il ne veut pas nous laisser partir et se place devant le camion avec sa main dans les airs, prêt à nous lancer sa roche! Finalement, après plusieurs tentatives de négociation, Solomon abdique et lui donne 100 birrs (5$). Il nous laisse partir. Ouf, une expérience pas super plaisante. C’est là que nous comprenons que nous sommes en plein milieu de nulle part, qu’il n’y a pas de lois et que les gens des tribus peuvent être assez primitifs. (Malheureusement, je n’ai pas pris de photos de cet homme. Nous tenions à notre vie quand même!)

Nous arrivons à Turmi et visitons le marché local. C’est la fin de la journée, donc il n’y a pas beaucoup d’action, ni beaucoup de kiosques. Toutefois, il y a encore des femmes Hamer vêtues de peaux de vache qui achètent des produits pour leur village.

Il est 16h30 et nous quittons en direction de Jinka. C’est là que nous apprenons que nous avons un autre 217 km à faire. À plusieurs endroits sur la route dans le Sud de l’Éthiopie, plusieurs enfants bloquent la rue en dansant, dans le but que nous arrêtions et leur donnions de l’argent. Ils font la « split », ils sont bien drôles, mais nous n’arrêtons pas. Parfois, Solomon leur donne des bananes ou des bouteilles d’eau. Cette fois-ci la scène est unique, des enfants maquillés en zèbre se tenant debout sur des échasses nous bloquent le chemin. Ils sont trop beaux et nous débarquons les prendre en photos en échange d’un peu de sous. Ce n’est pas l’idéal de payer les enfants, car cela peut les motiver à ne pas aller à l’école. Par contre, ceux-ci ont vraiment fait des efforts et pour nous, impossible de ne pas nous arrêter.

Nous arrivons à 19h00 au Eco Omo Lodge  www.eco-omo.com/. C’est super beau! Le lodge est bien aménagé et rempli de fleurs. C’est le lodge le plus chic de la ville! Nous avons droit au bungalow familial à deux étages.

Nous sommes un peu faibles, car nous n’avons pas encore dîné! Nous nous dépêchons d’aller souper. Le propriétaire est Italien et le repas est très bon. Nous sommes épuisés. Nos pieds sont tellement sales après une journée comme celle-ci. Nous prenons une bonne douche et allons-nous coucher dans notre petit nid douillet.

Les Mursi : les femmes plateaux

Jour 16

Mardi 5 mars
Encore un autre réveil tôt, car il faut partir à 8h ce matin. Nous prenons un déjeuner de roi. Solomon vient nous chercher et nous quittons en direction du parc national de Mago, c’est là que vit la tribu des Mursi.

Les Mursi sont reconnus par le disque d’argile labial que porte les femmes. Ceux-ci peuvent mesurer jusqu’à 12 cm de diamètre. Ils sont insérés dans une incision entre la lèvre inférieure et la mâchoire. Également, les femmes se font enlever quatre dents sur le devant de la mâchoire inférieure (deux pour les hommes). Solomon nous explique que les hommes ont débuté ces traditions pour empêcher leurs femmes d’être enlevées et vendues comme esclave. Elles ont également d’énormes trous dans les lobes d’oreilles (stretch). Et en plus, pour être coquettes, elles se font des tatous avec la technique des scarifications (comme les hommes Dassanetch).

Nous arrivons sur leur territoire. Les gens sont vêtus de tuniques bleues. Nous apercevons leurs huttes de paille. Toutefois, les femmes ne portent pas les disques labiaux, mais nous voyons leurs lèvres pendre. Ce n’est pas très joli.

Solomon nous arrête au premier village. Comme hier, c’est le village de type trappe à touristes. Nous les voyons arborer leurs déguisements pour les photos! Nous décidons de continuer notre route pour trouver un village plus authentique. Sur le chemin, nous croisons des gens qui prennent la pause pour les photos. Ils sont bien rigolos et bien costumés. Nous arrêtons les saluer.

En jeep, nous arrivons au sommet d’une colline où il y a un village. Nous y arrêtons. C’est là que nous constatons que les femmes ne portent vraiment plus le disque, mais elles ont pratiquement toute l’incision. Je crois que c’est une tendance qui va s’estomper. Les femmes le portent pour les touristes et les plus jeunes n’ont pas envie de se faire mutiler.

Nous négocions notre visite sur les lieux avec le chef du village. Il accepte et nous allons à leur rencontre. En moins de 2 minutes, elles sont là à vouloir nous vendre leurs disques labiaux en argile. Nous sommes entourés et elles sont bien insistantes. Nous regardons la marchandise et choisissons quelques pièces. Nous essayons de négocier, mais Solomon trouve que leurs prix sont beaucoup trop élevés et nous dit que nous aurons un meilleur prix dans un autre village. Nous acceptons de partir, car l’ambiance n’est pas superbe. Nous n’arrivons pas à partager quoi que ce soit, elles veulent seulement nous vendre leurs disques et nous sommes envahis de partout.

Finalement, comme nous voulons voir des femmes portant le plateau labial, nous retournons au premier village. Même principe qu’hier, il faut payer pour chaque photo, directement à la personne. C’est Solomon qui se charge de régler le tout. Cette fois-ci, nous savons un peu comment ça fonctionne. Nous prenons notre temps et choisissons les gens qui sont le mieux « costumés ». C’est drôle à dire, mais c’est presque ça. Si les gens veulent faire de l’argent, ils doivent se faire photographier. Et s’ils veulent se faire photographier, ils doivent être plus originaux que les autres. Il y a donc des gens qui portent des cornes et cela n’a rien à voir avec leurs coutumes traditionnelles. Nous nous faisons beaucoup harceler : « Photo, photo, photo! » Même les enfants se costument pour faire de l’argent. Ce n’est pas vraiment l’expérience que nous recherchions. Nous prenons tout de même quelques photos, car nous sommes venus de loin pour les rencontrer. Avant de partir, nous leur achetons des disques d’argile. Ce n’est pas facile, car chaque personne veut que nous achetions leurs disques et nous les mettent dans les mains. Nous réussissons à nous sortir de ce fouillis, et Solomon est un peu découragé d’avoir eu à négocier avec autant de difficulté. Nous repartons à Jinka pour aller dîner.

Nous quittons à 13h30 pour retourner à Arba Minch à 217 km de route. Nous arrêtons au lave-auto naturel. Il s’agit d’une gang de gars qui lavent le camion dans la rivière avec des chaudières, du savon et des serviettes! Les filles se font envoyer des bisous par les laveurs de camion!

Nous sommes pratiquement rendus à Konso, lorsque nous voyons un ciel noir se dessiner dans la montagne. Solomon nous dit qu’il va y avoir un orage. Oui, facile à deviner! Nous nous dirigeons directement dans la tempête. En moins de 15 minutes, nous sommes frappés par son intensité. Nous comprenons maintenant pourquoi l’eau des rivières et des lacs que nous avons vus étaient brune. Comme il n’y a pas de système d’irrigation, il y a beaucoup de sédiments qui sont transportés dans les cours d’eau qui deviennent des torrents. La pluie est très forte. Les jeunes sortent dehors et courent nus pour prendre une douche. Solomon dit qu’ils sont heureux, car ça fait longtemps qu’il a plu.

Nous arrivons dans un tournant et apercevons un poteau électrique tombé en plein milieu du chemin. Merde! Ça vient tout juste de se produire, car nous sommes les deuxièmes à arriver sur l’incident. La route est complètement barrée. Les gens sortent de leur voiture pour analyser la situation. Steve dit à Solomon qu’il n’y a pas de problème, car il n’y a sûrement plus d’électricité dans les câbles qui touchent le sol. Mais personne ne veut prendre de risque. Si nous devons attendre les réparateurs, ça risque d’être très long. Solomon nous propose de retourner à Konso pour dormir et refaire la route demain. Nous n’avons vraiment pas le goût, car cela nous ajouterait deux heures de plus. Nous préférons attendre encore un peu, car les autobus et les gros camions commencent à arriver et les chauffeurs sont moins patients que nous. Finalement, l’un d’entre eux sort avec une machette et décide de couper les fils. Comme Steve l’avait dit, il n’y avait plus d’électricité dans les câbles et nous pouvons continuer notre route. Une chance, car la scène n’aurait pas été très belle à voir!

Environ 100 mètres plus loin, un arbre est tombé sur la route, mais heureusement il ne bloque que la moitié du chemin. Nous pouvons donc poursuivre, mais nous sommes un peu stressés.

La pluie s’arrête enfin et nous arrivons à Arba Minch. Nous allons manger une pizza dans un petit restaurant local que Solomon connaît bien. Nous en apprenons un peu plus sur lui. Il nous explique son parcours de vie. Il est né dans une tribu et vivait dans une hutte. Ses parents sont morts quand il était jeune. À 14 ans, il est parti vivre en ville avec son frère. Ils ont vécu un peu dans la rue et buvait l’eau des rivières ou des trous d’eau. Il a déjà été pêcheur et il gagnait 1$ par mois. Il a été mécanicien pendant 3 ans. Aujourd’hui, il parle anglais et est guide. Il veut finir ses études en tourisme pour partir sa propre agence et acheté un 4 X 4. Comme quoi, quand on veut s’en sortir, tout est possible!

Il est 20h et Solomon nous reconduit à l’hôtel pour dormir une dernière nuit en Éthiopie.

La première classe!

Jour 17

Mercredi 6 mars
Ce matin, départ à 8h30 pour Addis Abeba. Et oui, nous devons nous retaper la super route médiocre de 500 km qui nous a pris 10 heures! C’est notre dernière journée en Éthiopie. Nous sommes un peu nostalgiques. Nous en profitons pour bien regarder les paysages et les graver dans notre mémoire pour toujours. Nous arrêtons dîner et en profitons pour faire laver nos espadrilles qui sont plus que sales!

C’est encore une longue journée de voiture. Nous ne savons plus quelles positions prendre pour nous dégourdir. Nous arrivons enfin dans la capitale. Il est 18h30.

Au total, nous aurons roulé 2250 km en 6 jours dans le sud.

Solomon nous emmène souper dans un restaurant traditionnel éthiopien situé tout près de l’aéroport, le Yod Abyssinia. Très touristique. Il y a des musiciens, des chanteurs et des danseurs sur une scène pendant qu’on nous sert les plats éthiopiens traditionnels. Comme c’est notre dernier repas, nous en profitons pour y goûter une dernière fois. Bof! On ne s’ennuiera pas de la bouffe.

Il est 20h00 et Solomon vient nous reconduire à l’aéroport. C’est le temps de payer notre forfait et de lui faire nos adieux. Nous partons le cœur gros, car nous sommes bien privilégiés d’avoir fait sa connaissance. Il a su comprendre nos besoins et nous a fait vivre une aventure extraordinaire en toute sécurité. Merci Solomon pour tout ton attention!

Nous arrivons au comptoir d’Ethiopian Airlines et Steve est bien prêt à tout essayer pour que nous puissions avoir un dédommagement. Il a mal digéré le vol annulé de l’autre jour et l’absence de compensation. Il demande à la dame s’il y a une note à notre dossier concernant un « up-grade », suite à la mésaventure que nous avons eu sur Jinka. La femme dit qu’il n’y a rien. Il demande à parler à son superviseur. Elle va le chercher et il lui explique  la situation. Steve avait pris la photo du gérant comme preuve de son témoignage, disant qu’il essayerait de nous faire avoir un up-grade, s’il y avait de la disponibilité le jour de notre départ. Le superviseur reconnaît le gérant sur la photo et appelle son manager pour lui parler de notre histoire et valider s’il peut procéder au up-grade. Il nous confirme qu’il y a de la place sur le vol, mais 15 minutes plus tard, il revient en nous expliquant qu’il n’a pas l’autorisation. Steve ré-insiste (il est plus persévérant que moi!) et demande à parler directement avec le manager. Celui-ci reconfirme que sa décision est définitive. Il dit toutefois que nous pouvons faire une plainte officielle. Steve demande son courriel pour faire la plainte et nous quittons. Nous sommes dans la file d’attente pour la douane quand le manager arrive derrière nous et nous interpelle. Il dit qu’il veut nous parler une fois la douane traversée.

Nous le rencontrons et lui racontons la journée que nous avons vécue quand le président du Kenya est atterri un peu avant nous. Il nous dit qu’il avait mal compris notre cas. Steve lui explique également qu’il est membre Élite Or avec Star Alliance depuis plusieurs années et qu’il est bien déçu de la tournure des événements. Il nous conduit dans le lounge et 15 minutes plus tard, nous recevons la bonne nouvelle : il accepte de nous « up-grader » en première classe!!! Nous avons de la misère à le croire, mais nos 4 nouveaux billets indiquent bel et bien que nous avons les sièges de la rangée 1.

Il est 22h30 quand nous embarquons dans l’avion : un Boeing 787 Dreamliner tout neuf. Et oui, notre siège se couche complètement à l’horizontal, comme un vrai lit. Nous avons un oreiller et une couverture en duvet. Nous sommes aux anges. Le service est presque personnalisé. Les agentes s’assurent que nous ne manquons de rien. Lorsque nous décollons, nous ne sentons rien. Nous avons l’impression d’être assis dans notre salon. Nous sommes tellement excités. Steve est fier de son coup! Et nous sommes vraiment fières de lui!

Nous volons en direction de Dublin pour un arrêt afin de faire le plein, et un changement d’équipage. Nous dormons les huit heures au complet. Facile quand nous sommes aussi confortables! Nous repartons pour Toronto, il reste 7 heures. Nous redormons un autre deux heures jusqu’au repas. Encore là, c’est la grande classe : nappe blanche, coupe de champagne, de vrais ustensiles. C’est vraiment merveilleux de vivre ça en famille. Nous avons l’impression d’être la famille royale. On ne pouvait pas mieux finir notre voyage.

Après 15 heures de vol, une escale à Toronto de 5 heures et 1h30 de vol jusqu’à Québec, nous arrivons chez nous, sains et saufs, et la tête pleine de souvenirs.

L’éthiopie fut un vrai coup de coeur et nous le recommandons, sans hésitez, à tous.